Dossier d'archives · Dordogne

La Blénie
en Villadeix

Un carrefour de chemins au nord-ouest de Saint-Félix, près de Clermont-de-Beauregard : un village de laboureurs (paysans qui cultivent la terre), tisserands et journaliers (ouvriers payés à la journée) attesté sans discontinuer depuis 1669, qui a compté jusqu'à trente-huit habitants en 1846 et s'est vidé jusqu'à quatre en 1946. Une même famille, les Chaverou, s'y suit sur cinq générations documentées, jusqu'à un petit-fils explicitement nommé au chevet du grand-père mourant en 1853. Un enfant du hameau, Noël Desclou, y est né en 1889 et meurt à Vauquois en 1915.

44,94223° N — 0,65889° E Commune de Saint-Félix-de-Villadeix (24405) Cadastre « LA BLÈNIE », ≈ 58 parcelles, 44,23 ha IGN « la Blénie »
1668 [?]Blenieencre pâle, lecture probable seulement
1669La Blenieregistre paroissial, mariage et sépulture
v. 1770la Bleignecarte de Belleyme, planche 22
1794 · 1820Lablenie · Lablinieactes civils révolutionnaires puis Empire
1824 · 1956La Bléniecadastre, section A1
1873 · 2026la Bleynie · la BlénieGourgues ; IGN / cadastre actuels
Le siteUn carrefour, pas d'eau

Un hameau de laboureurs au bord de la paroisse

La Blénie occupe le nord-ouest de Saint-Félix-de-Villadeix, près de la limite de Clermont-de-Beauregard. Les plans anciens placent l'habitat à un carrefour : une voie vers la limite nord, une direction vers Rouna à l'est, des communications vers Lavernelle et les Granges au sud — le plan de 1956 nomme d'ailleurs le chemin vicinal n° 7 « des Granges à La Vernelle ». Le voisinage comprend des terres cultivées, des vergers, des bois et des points d'eau ; le périmètre cadastral utilisé aujourd'hui couvre environ 44,23 hectares, à ne pas confondre avec le seul noyau bâti. Plans A1 de 1824 et de 1956

Relief ombré LiDAR IGN du secteur de La Blénie : chemins, talus et modelés du terrain autour du hameau, sans indication d'usage ni de datation.
Relief ombré LiDAR (relevé laser du relief), IGN. Chemins, talus et modelés du terrain ; ses formes seules ne permettent d'identifier ni de dater un souterrain, un château ou un habitat antique.

Le mot village est effectivement employé dans les registres des XVIIe–XIXe siècles. Le terme convient alors à un groupe de maisons et de ménages ruraux, sans impliquer une paroisse (ancienne commune religieuse) autonome. Les sources font connaître des laboureurs, des journaliers, des tisserands, un menuisier, des propriétaires cultivateurs et des métayers (qui exploitent une terre contre une part des récoltes). Aucun acte retrouvé ne qualifie le site de repaire noble, de château ou de moulin. L'existence d'une branche Bonfils dite « de Lableynie », rencontrée plus bas, demande une enquête foncière distincte qui n'a pas abouti. Propriété Bonfils non démontrée localement

Les écritures Blenie, Blanie, Bleynie, Bleigne, Blégnie, Lablinie s'inscrivent dans une continuité de lieu assurée par les voisins, les familles et la position sur les cartes. Il n'y a aucune raison documentaire de fabriquer plusieurs hameaux à partir de ces variations d'orthographe — les accents n'ont pas partout la netteté de la forme moderne.

Avant 1668Ce qui manque

1341 : une date qui appartient au ruisseau, pas au village

La seule date médiévale du dossier assemblé est 1341. Elle vient de l'article « Ruschel (Le) » du Dictionnaire topographique d'Alexis de Gourgues (1873) : il décrit un ruisseau passant à la Bleynie et rejoignant le Caudau, puis cite une forme ancienne du ruisseau lui-même, Rivus vocatus del Ruschel, avec le renvoi « Lesp. 41, 1 ». La construction de la notice est sans ambiguïté : 1341 date le cours d'eau, pas le village. L'image imprimée a été vérifiée ; le document médiéval sous-jacent, conservé dans le fonds Lespine, ne l'a pas été.

Extrait imprimé de Gourgues, Dictionnaire topographique de la Dordogne, 1873, article Ruschel (Le) : ruisseau passant à la Bleynie, commune de Saint-Félix-de-Villadeix, affluent du Caudau, cité en 1341.
Gourgues, 1873, p. 280, article « Ruschel (Le) ». « …ruiss. qui passe à la Bleynie… affluent au Caudau. — Rivus vocatus del Ruschel, 1341 (Lesp. 41, 1). »

Une continuité plausible, pas une preuve

Le rapprochement de Ruschel avec l'actuelle Ruchelle est plausible par le nom et la position, mais demande de suivre le réseau hydrographique et de retrouver le texte de Lespine lui-même. Il n'établit ni une habitation en 1341, ni un moulin médiéval à La Blénie. Rapprochement non vérifié sur pièce

Le cadre seigneurial est connu par ailleurs : la paroisse relève de la châtellenie puis baronnie de Montclar. Mais aucun terrier, aveu ou accensement (actes et registres où un seigneur consigne ses terres et les redevances dues) nommant expressément La Blénie n'a été identifié dans les pièces exploitées jusqu'ici. L'accensement de Caveroque en 1370, bien attesté pour ce lieu voisin, ne peut lui être transféré. Il reste donc impossible de nommer un seigneur direct particulier ou de qualifier une tenure médiévale de La Blénie — une lacune des documents consultés, non une preuve d'absence.

1668–1792Le village des laboureurs

18 août 1669 : Pierre Larsade, laboureur du village de La Blenie

Une sépulture du 5 novembre 1668 fournit une lecture probable de « Blenie » dans la résidence d'un témoin ; la faiblesse de l'encre empêche d'en faire la seule assise de l'ancienneté du lieu. Un an plus tard, le 18 août 1669, Pierre Larsade, laboureur, cousin germain du marié Jamme Chauvron, est clairement dit du village de La Blenie, lors d'un mariage avec Marguerite Pivot, de Givals : c'est le premier jalon certain retenu. Lu sur l'original, main du vicaire Jean Rougier

Acte de mariage manuscrit du 18 août 1669 mentionnant Pierre Larsade, laboureur, habitant du village de La Blenie, cousin germain du marié.
AD24, 5 E 409/1, v080. Mariage Chauvron–Pivot du 18 août 1669 : Pierre Larsade, laboureur, « habitant du village de La Blenie », cousin germain du marié.

Le 6 novembre 1669, Marguerite Fridaud [?] (lecture incertaine), âgée d'environ 63 ans, est inhumée après être morte la veille « dans sa maison » à La Blanie. Giron Chauvon, laboureur du même village, est donné pour son neveu : une maison habitée, mais pas à elle seule un titre de propriété.

Acte de sépulture manuscrit du 6 novembre 1669 : Marguerite Fridaud, morte la veille dans sa maison de La Blanie.
AD24, 5 E 409/1, v092D. Sépulture de Marguerite Fridaud [?], morte « dans sa maison » à La Blanie le 5 novembre 1669.

Dans les années 1670–1690, plusieurs foyers coexistent : un vigneron marié à une femme de Lapeyrouse, un tisserand établi au village, un laboureur au service d'un marchand du bourg — sans que les lacunes de registres et les homonymies permettent de les réunir tous en des lignées continues. Les noms Chauvron, Chavaron, Chaveron et Chaverou se rapprochent déjà ; l'ancien Thony Chaverou, inhumé en 1693 à environ 80 ans, ne devient pas automatiquement l'ancêtre des Chaverou du siècle suivant.

RepèreFoyer ou personneCe que la source permet de retenir
1670Baudy/Bardy Lafaye × Marguerite BesseUn foyer ; baptême du 2 septembre, 5 E 409/1 v111.
1670–1674Jean Besse dit Brunet × Marguerite Chavaron [?]Laboureur/domestique au service d'un marchand du bourg.
1670–1683Aubinaud/Aubouard × Chavaron ; Aubouard × PiatTravail textile dans ce groupe de noms.
1684–1695Hélie/Elie Chaveron × Léonarde DaubisseFoyer suivi onze ans ; un fils meurt à neuf ans.
1685Mathieu Bernat × Catherine Lagrange ; Balthieu BernatLaboureur et maçon ; parenté non établie.
1688Jean Coste × Peyronne CosteUn tisserand établi au village.
1680Gilles LourjadeVigneron, ≈ 50 ans, épouse Marguerite Garde, de Lapeyrouse.

Le XVIIIe siècle : des branches sans continuité forcée

La documentation reprend avec le laboureur Pierre Clusel et Jeanne Roux en 1737–1758, vingt ans d'implantation sans livrer les parcelles exploitées. Les Carbonnel — Henry Carbonnel et Françoise Chaverou, puis, après un remariage probable, Henry et Guillonne Javerzat — baptisent des enfants de 1744 à 1759 ; le baptême du 4 février 1778 prouve l'existence de deux sœurs appelées Pétronille Carbonel. Deux actes de sépulture d'Henry, en septembre 1775, donnent deux jours et deux âges différents pour le même lieu et les mêmes témoins : un double enregistrement probable, sans exclure absolument deux homonymes. Double enregistrement de 1775, non résolu

Les Falgueyret apparaissent dès 1745, avec une correction de domicile de « Lavarnelle » en « Lablegnie » notée. Les Chaverou forment au moins trois foyers distincts que le seul patronyme ne suffit pas à démêler ; l'un d'eux, celui de François Chaverou et Marguerite Lambert, sera fermement reconnu par les mariages de leurs enfants en 1794. Les Chevalier et Dreuil illustrent des métiers d'artisans : Pierre Chevalier, tisserand, et Pierre Dreuil, menuisier, dont le fils Fronton est encore menuisier et résident de La Blénie en 1832.

1794–1875Révolution et alliances

« Bonfils Labenie » : un nom de branche, une propriété encore à démontrer

Le 13 janvier 1794, François Joseph Bonfils Labenie, propriétaire âgé de 27 ans, natif de Saint-Félix, épouse Catherine Adélaïde Rochon, 17 ans. Ses parents sont domiciliés à Lavernelle ; le marié signe « Labenie ». L'acte n'emploie pas « sieur de La Blénie » et ne fixe pas explicitement son domicile personnel dans le hameau — mais il corrige un point de la littérature généalogique : le mariage est de 1794, et non de 1802 comme chez Saint-Saud. Corrige Saint-Saud, 1942, p. 130

Acte de mariage du 13 janvier 1794 entre François Joseph Bonfils Labenie, propriétaire, et Catherine Adélaïde Rochon.
AD24, 5 E 409/4, mariages an II, vue 17D. Mariage de François Joseph Bonfils Labenie et Catherine Adélaïde Rochon, 13 janvier 1794 — signature « Labenie ».

Un nom de terre, pas encore un titre de propriété

L'inventaire des papiers Gontier du Soulas (3 J 8) mentionne, entre 1738 et 1838 (fourchette de l'article d'archives, non une date précise), un procès contre Barbe Bonfils du Repaire et François Bonfils-Lablénie à propos du pré de Fonjammes à Vicq. Les généalogies situent ensuite la branche à Vicq. Le nom de terre est bien documenté, mais aucun acte de vente, partage ou bail du sol de La Blénie n'a encore été lu, et les ménages de La Blénie recensés au XIXe siècle ne montrent pas de résidence Bonfils. Lien avec les terres du lieu non établi

Chaverou–Durand–Desclou : cinq générations d'habitants

Le 3 mars 1794, Pierre Chaverou, journalier, épouse Guilielme Lambert ; leur fils Antoine Chaverou épouse Jeanne Durant le 21 septembre 1820, demeurant avec son père à Lablinie. Le décès du 20 octobre 1826 nomme le défunt « Antoine Chaveron » ; pourtant, au mariage de leur fils Pierre en 1850, le père défunt est appelé « Pierre ». Une discordance réelle des actes, non une coquille de transcription : l'hypothèse la plus forte reste un même homme, alternativement prénommé. Discordance Antoine/Pierre non résolue

Acte de mariage du 21 septembre 1820 entre Antoine Chaverou et Jeanne Durant, domiciliés à Lablinie.
5 E 409/6, naissances, mariages, décès 1820, vue 16G–D, acte 35. Mariage Antoine Chaverou–Jeanne Durant, 21 septembre 1820, domicile des Chaverou à Lablinie.
Acte de décès du 20 octobre 1826 nommant Antoine Chaveron, époux de Jeanne Durand.
5 E 409/7, naissances, mariages, décès 1826, vue 26G, acte 29. Décès du 20 octobre 1826 : « Antoine Chaveron », époux de Jeanne Durand.

Veuve, Jeanne Durand tient la tête du ménage de 1836 à 1856 et est qualifiée de métayère en 1851, entourée de neuf personnes sur trois générations. Son décès est enregistré à La Blénie le 13 mars 1875, à 78 ans déclarés : le maintien du foyer ne se réduit pas à une succession de chefs masculins.Recensement de 1851 lu sur l'original

Recensement de 1851 : Jeanne Durand, métayère, en tête d'un ménage de neuf personnes réunissant plusieurs générations de la famille Chaverou.
AD24, 6 MI 56, 1851, p10, ménage 2, lignes 8–16. Jeanne Durand, métayère, à la tête d'un ménage de neuf personnes.

Son fils Pierre Chaverou épouse Marie Demourant le 16 octobre 1850 ; une correction marginale de cet acte fixe sa naissance au 6 mars 1826, en remplacement d'une première date écrite 20 octobre. Leur fille Anne Chaverou épousera Germain Desclou en 1876 — un raccord suivi plus bas.

Acte de mariage du 16 octobre 1850 entre Pierre Chaverou, de Lablénie, et Marie Demourant, née au Cirier.
5 E 409/9, mariages 1850, vue 9D et v11G, acte 6. Mariage Pierre Chaverou–Marie Demourant, 16 octobre 1850 ; le marié a 24 ans, la mariée 17.

Le 29 mai 1853, le vieux Pierre Chaverau, veuf de Guillemme Lambert, meurt à La Blénie. Son petit-fils Pierre, 27 ans, le déclare — le mot « petit-fils », lu sur la continuation de l'acte, établit directement le raccord entre les générations. L'âge de 90 ans attribué au défunt et le nom maternel « Guillonne Chaverau » ne concordent pas exactement avec le mariage de 1794 : des déclarations tardives, conservées comme telles, sans en tirer une nouvelle naissance certaine.Mot « petit-fils » lu sur l'original ; âge 90 confirmé au grossissement

Montage de deux passages de l'acte de décès de Pierre Chaverau, 29 mai 1853 : son petit-fils, prénommé également Pierre, 27 ans, est déclarant.
5 E 409/10, décès 1853, vue 2G–D, acte 5. Décès de Pierre Chaverau : son petit-fils Pierre, 27 ans, déclarant. Montage de deux recadrages, sans modification du texte.

Les Faure : journaliers, puis propriétaires cultivateurs

Antoine Faure, journalier venu de Pressignac, épouse en 1794 Jeanne Chaverou, sœur du précédent Pierre. Leur fils Pierre Faure, né et domicilié à La Blénie, épouse Thérèse Chort le 17 mai 1832 ; trois témoins du village montrent les métiers qui s'y côtoient : Fronton Dreuil, menuisier ; Pierre Chevalier, tisserand ; Jean Carbonnel, cultivateur — un quatrième témoin, extérieur, réside à Montclard. Les recensements de 1846 et 1851 qualifient Pierre de propriétaire cultivateur, statut explicitement documenté. Quatrième témoin identifié

Détail de l'acte de mariage du 17 mai 1832 entre Pierre Faure et Thérèse Chort : témoins Fronton Dreuil menuisier, Pierre Chevalier tisserand, Jean Carbonnel cultivateur, tous du village de La Blénie.
5 E 409/7, mariages 1832, vue 9G–D, acte 6. Trois témoins de La Blénie : Fronton Dreuil menuisier, Pierre Chevalier tisserand, Jean Carbonnel cultivateur.

À la génération suivante, Raymond Faure, maçon puis facteur rural installé à Caveroque, illustre un passage du bâtiment à la poste attesté par deux actes distincts ; Pierre Faure (né 1838) et Louise Cassagne restent, eux, propriétaires cultivateurs à La Blénie en 1881. Les Carbonnel, de leur côté, se déplacent au fil du siècle vers Cavigne et Langlade — des mouvements attestés par les actes, non une vente de propriété démontrée à La Blénie. Les listes nominatives donnent aussi un tailleur devenu carrier, un sabotier et deux journalières : un village agricole, non une société exclusivement composée de propriétaires exploitants.

Une observation naturaliste au bord du Ruchel

Dans le Catalogue raisonné des phanérogames de la Dordogne, Supplément final (1858), volume catalogué 1859 par la BnF, Charles Des Moulins signale la fougère alors nommée Polystichum Thelypteris Roth. sur les « Bords du Ruchel, à la Bleynie ». La graphie « Ruchel », sans s, diffère du « Ruschel » de Gourgues ; la date exacte de l'observation n'est pas donnée.Image Gallica, vue 397

Extrait imprimé de Charles Des Moulins, Catalogue raisonné des phanérogames de la Dordogne, Supplément final : Polystichum Thelypteris signalé aux bords du Ruchel, à la Bleynie, commune de Saint-Félix-de-Villadeix.
Charles Des Moulins, Supplément final (1858/1859), p. 389 (Gallica bpt6k9773928j, vue 397). « Bords du Ruchel, à la Bleynie, commune de Saint-Félix-de-Villadeix (OLV.) »
1876–1946Métayage et Grande Guerre

Le contrat de 1876 et le colon de 1901

La fille de Pierre Chaverou et Marie Demourant, Anne Chaverou, née en 1855, épouse Germain Desclou le 15 février 1876. L'acte cite un contrat passé le 1er février devant Me Le Bœuf, notaire à Beauregard — la minute, conservée sous 3 E 11261 aux Archives de la Dordogne, n'a pas encore été lue ; c'est la meilleure piste précise pour savoir s'il y eut apport de biens, dot ou engagements d'exploitation. Contenu du contrat non consulté

Détail de l'acte de mariage du 15 février 1876 entre Germain Desclou et Anne Chaverou, citant un contrat passé le 1er février devant Me Le Bœuf, notaire à Beauregard.
5 E 409/12, mariages 1876, vue 4G. Mariage Desclou–Chaverou : contrat cité, reçu par Romain Le Bœuf, notaire à Beauregard-et-Bassac.

En 1881, Pierre Chaverou est encore chef d'un ménage de cultivateurs à métayage ; en 1901, c'est Germain qui est chef, explicitement « colon » (cultivateur qui exploite la terre d’un propriétaire), tandis que Pierre, 75 ans, est le beau-père cohabitant — un changement de nom du chef qui traduit une alliance et un renouvellement de génération, pas une vente démontrée.

Recensement de 1901 : ménage Desclou-Chaverou à La Blénie, six personnes dont le beau-père Pierre Chaverou.
AD24, 6 MI 161, FRAD024_6MI161_0170, p05D. 1901 : les six personnes du ménage Desclou, dont le beau-père Pierre Chaverou. Germain est « colon ».

Noël Desclou, 1889–1915

Noël Desclou est né à La Blénie le 25 décembre 1889, à quatre heures du soir, fils de Germain Desclou et Anne Chaverou ; la déclaration est du lendemain. Son acte de naissance et le recensement de 1901 établissent le lien précis avec le hameau, que la seule fiche militaire, limitée au nom de la commune, ne suffirait pas à prouver.Naissance et recensement concordants

Acte de naissance du 25 décembre 1889 : Noël Desclou, fils de Germain Desclou et Anne Chaverou, né au village de Lablénie.
5 E 409/13, naissances 1889, vue 4D, acte 11. Naissance de Noël Desclou, 25 décembre 1889, village de Lablénie.

Sa fiche de recrutement, Bergerac, classe 1909, matricule 1142, le donne cultivateur. Incorporé au 108e régiment d'infanterie en 1910, il revient au corps le 22 octobre 1914, passe au 76e régiment d'infanterie le 12 février 1915, et est tué à l'ennemi le 5 mars 1915 à Vauquois, dans la Meuse, à 25 ans. La fiche porte la Médaille militaire et la Croix de guerre avec étoile de bronze.Fiche matricule et Mémoire des hommes concordants

Fiche matricule de Noël Desclou, classe 1909, Bergerac, matricule 1142, détaillant recrutement, services et résidences avant-guerre.
AD24, 2 R 1028, classe 1909, matricule 1142. Recrutement, services, résidences successives et décorations.
Fiche Mort pour la France de Noël Desclou, 76e régiment d'infanterie, tué à l'ennemi le 5 mars 1915 à Vauquois.
Mémoire des hommes, image E041097R. Tué à l'ennemi, 5 mars 1915, Vauquois (Meuse).

Le silence de 1921–1936, puis quatre habitants en 1946

La Blénie n'est pas une rubrique distincte dans les recensements de 1921, 1926, 1931 et 1936 : une lacune des documents consultés, non une preuve de dépopulation totale. En 1946, la liste redevient explicite : une maison, un ménage, quatre personnes. Hilaire Daubrie, né en 1884, est bûcheron-charbonnier ; sa femme Berthe, cultivatrice ; deux enfants adultes travaillent comme charbonnier et charbonnière — une économie familiale liée au bois qui ne s'intègre à aucune lignée précédente documentée. Liste et récapitulation 1946 concordantes

Récapitulation du recensement de 1946 : la ligne Lablénie porte une maison, un ménage, quatre habitants.
AD24, 106 W 71, p07G. 1946 : une maison, un ménage, quatre habitants. Extrait non nominatif.

Une fiche de 1951 qui ne date rien

Un feuillet intercalaire, daté 15 février 1951, donne pour Lablénie une maison, sans ménage ni habitant. Mais son en-tête annonce explicitement des chiffres tirés du recensement de mars 1946 — il contredit donc la liste et la récapitulation de la même année sans en être une actualisation prouvée. La date d'un éventuel abandon complet reste inconnue.Feuillet discordant, non concluant

Feuillet daté du 15 février 1951 donnant pour Lablénie une maison et aucun ménage ni habitant, tout en renvoyant à un recensement de mars 1946.
AD24, 106 W 71, p04. Feuillet du 15 février 1951 : une maison, néant pour ménages et habitants — mais en-tête renvoyant à mars 1946.
Le bâti1824 à aujourd'hui

Dix masses bâties en 1824, deux en 1956

La feuille A1 (plan cadastral de 1824), dite de Lavernelle, levée par Delord à l'échelle du 1:2 500, montre dix masses bâties carmin à La Blénie : un groupe nord, des constructions centrales et méridionales autour d'une boucle de chemin, un bâtiment en L isolé vers l'est. Le corps double du groupe nord peut être décomposé, ce qui conduirait à onze corps — mais pas à onze maisons d'habitation. Le plan ne donne ni l'usage ni le propriétaire de chaque masse.Comptage direct sur l'image

Extrait du plan cadastral de 1824, section A1 dite de Lavernelle : dix masses bâties carmin réparties en quatre groupes autour d'un réseau de chemins à La Blénie.
AD24, 3 P 3 4617, section A1, 1824, 1:2 500. Dix masses bâties en carmin, en quatre groupes autour des chemins.

Le plan mis à jour pour 1956 (3 P 3 11287) est beaucoup plus réduit : deux masses bâties hachurées dans la parcelle A20, avec une pièce d'eau bordant la parcelle voisine ; plus haut, un L en A8 et un rectangle en A11 sont en contours tiretés, relevés comme ruines par le cadastre. Le rapprochement entre le L de A8 et le bâtiment oriental de 1824 est très probable par la forme et la position.Identité parcellaire 1824–1956, probable

Plan cadastral mis à jour pour 1956, section A1 : deux masses bâties hachurées dans la parcelle A20, contours tiretés en A8 et A11 interprétés comme ruines.
AD24, 3 P 3 11287, section A1, mise à jour 1956. Deux masses bâties en A20 ; contours tiretés en A8 et A11, interprétés comme ruines par le cadastre.

L'état-major du XIXe siècle représente encore plusieurs petits bâtiments, en rouge, au même carrefour, mais son échelle et ses hachures empêchent de suivre une maison particulière. Sur Belleyme, plus ancien, le nom s'écrit « la Bleigne », avec un symbole conventionnel de hameau qu'il ne faut pas prendre pour le dessin d'une tour réelle. Aucun incendie, sinistre précis ou opération de démolition datée n'est établi dans les pièces consultées : la contraction du bâti accompagne celle des ménages, sans qu'aucune cause ponctuelle ne soit démontrée.

Extrait de la carte d'état-major du XIXe siècle : bâtiments en rouge au carrefour de La Blénie, nom partiellement mêlé aux hachures du relief.
IGN, carte d'État-major, XIXe siècle. Bâtiments rouges au carrefour ; le nom, en partie mêlé aux hachures, se lit « la Blenie » [lecture probable des lettres centrales].

Aujourd'hui

L'état des données publiques rassemblées en septembre 2026 classe La Blénie comme lieu-dit habité, desservi par le chemin de la Blénie et la route des Étangs. L'extraction cadastrale y compte 58 parcelles, huit emprises bâties en dur et cinq légères ; la BD TOPO, aux définitions différentes, y compte onze objets bâtiment — ni onze maisons anciennes, ni cinq ménages actuellement recensés. Le registre parcellaire graphique 2024 documente environ 20,5 ha déclarés à usage agricole, dont 7,2 ha de châtaigniers et 3,6 ha de noyers.

Orthophotographie IGN contemporaine de La Blénie : plusieurs groupes bâtis, vergers en rangs et bois, une retenue d'eau au nord hors du périmètre du lieu-dit.
Orthophotographie IGN (photo aérienne), disponible septembre 2026. Plusieurs groupes bâtis, vergers et bois ; la retenue au nord est hors du périmètre cadastral du lieu-dit.

Le dossier du PLUi-H (plan local d’urbanisme intercommunal) approuvé en 2024 répartit le secteur entre espaces agricoles et naturels, avec haies et zones humides repérées, et deux points de patrimoine bâti/paysager sans libellé — qui ne permettent de nommer ni un manoir, ni une chapelle, ni un four. Aucune découverte archéologique n'a été établie sur ce site précis, et aucune carte postale ancienne identifiée de La Blénie n'a été retrouvée dans les documents consultés.

Population38 puis 4 habitants

Un maximum observé de 38 habitants en 1846

Le maximum observé dans la série disponible est 38 habitants en 1846 — cela ne prouve pas qu'il s'agit du maximum absolu de l'histoire du village. En 1881 et 1891, il reste 17 habitants ; en 1901, 18 ; en 1946, quatre. La remontée de 1861 à 1866 et celle de 1876 à 1881 interdisent de décrire une baisse régulière à chaque recensement. Récapitulation de 1846 lue sur l'original

Tableau récapitulatif du recensement de 1846 : Lablénie compte sept maisons, sept ménages, trente-huit habitants.
AD24, 6 MI 34, p16G. 1846 : sept maisons, sept ménages, trente-huit habitants — maximum observé dans la série disponible.
AnnéeMaisonsMénagesHabitantsSource et réserve
1836—630 attribués6 MI 12 ; rattachement rétrospectif du lieu, non nommé au registre. [hypothèse]
1841—7296 MI 22 ; pas de compte distinct des maisons.
184677386 MI 34, récapitulation p16G. [lu sur l’original]
18516631 / 306 MI 56 ; 31 en liste, 30 au récapitulatif — écart conservé. [lu sur l’original]
185677366 MI 72 ; compte des maisons corrigé de 6 en 7.
186167276 MI 85 ; deux ménages dans une même maison.
186667306 MI 96 ; récapitulation concordante.
187277186 MI 106, p06G.
187666166 MI 118, p05D–p06G.
188144176 MI 131, p06G–D. [lu sur l’original]
189133176 MI 150, p06 ; nom masqué par la reliure.
19014 / 3 occ.3186 MI 161, p05D, image 0170. [lu sur l’original]
1921–1936——non attribuable6 M 358/378/402/422 : pas de rubrique La Blénie dans le recensement.
1946114106 W 71, p02D et récapitulation p07G. [lu sur l’original]

La liste compilée par le chanoine Brugière à la fin du XIXe siècle donne sept maisons à La Blénie, contre quatre dans le recensement de 1881 ; sa date de référence et sa manière de compter n'étant pas explicitées, son chiffre est conservé séparément, sans correction du registre.

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Ce que seul Périgueux peut dire

Les registres paroissiaux et l'état civil disponibles ont été lus pour les familles citées ; ce qui manque tient dans les matrices cadastrales (registres des propriétés) et quelques minutes notariales identifiées mais non encore lues. Les quinze faits principaux de ce dossier ont été confirmés, y compris les points sensibles (lecture du nom de lieu en 1669, âge du défunt de 1853, discordance Antoine/Pierre). Quinze faits sur quinze confirmés

À consulter en salle

  • 63 P 1716
    63 P 704

    État de sections A1 et matrice de 1826 : numéros exacts, nature et propriétaires initiaux des constructions et parcelles ; vérifier ou écarter une propriété Bonfils.

  • 63 P 2192
    63 P 1547/1–3

    Matrice des propriétés bâties (1882) et série 1910–1955 : nombre de maisons imposées, mutations, raccord au plan de 1956.

  • 3 E 11261
    répert. 3 E 11255

    Contrat Desclou–Chaverou du 1er février 1876, Me Le Bœuf à Beauregard : apports, dot, éventuels biens et engagements d'exploitation.

  • 3 J 8

    Procès du pré de Fonjammes à Vicq, François Bonfils-Lablénie et Barbe Bonfils du Repaire, 1738–1838 : dater les pièces, rechercher une origine du nom de branche.

  • 178 Q · 179–180 Q
    176 Q (Lalinde)

    Mutations par décès et tables acquéreurs/vendeurs : déclarations de succession liées à Antoine Chaverou (1826), Pierre (1853), Jeanne Durand (1875), Germain Desclou (1913).

  • 3 E, études
    Labat, Laubie, Larobertie

    Contrats de mariage Faure–Chaverou (1854), Carbonnel–Tauva (1855), Prévot–Carbonnel (1868), Faure–Prévot (1869), Carbonnel–Prévot (1878), Faure–Brachet (1880) : cotes des minutes à déterminer.

  • II C 1332–1370
    II C 299 et 301

    Contrôle des actes de Montclar (1732–1791) et tables de partages (1751–1790) : baux, obligations, partages antérieurs à la Révolution.

  • BnF, Lespine
    « 41, 1 » et « Liv. N. 88 »

    Texte du Ruschel de 1341 : vérifier le cours d'eau, ses confronts, une éventuelle mention du village.

  • 9 W 671
    5 W 619

    Pièces nommant La Blénie au milieu du XXe siècle : éclaircir la discordance du tableau daté 1951.