Dossier d'archives · Dordogne
À l’est de La Vernelle, La Forêt rassemble près de cinquante hectares de bois et de terres. Les cartes anciennes y figurent un massif boisé ; le nom lui-même se lit avec certitude sur le cadastre (plan des parcelles) mis à jour pour 1956. Deux pistes, en 1696 et en 1750, restent ouvertes pour en retrouver l’histoire plus ancienne.
Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix
Le cœur du lieu se trouve au sud de La Blénie, à l’est de La Vernelle et au nord-est du Lac Noir. Son périmètre cadastral s’allonge vers le sud-est, le long de l’actuelle route de la Motte Castrale. Le point de repère du lieu-dit tombe dans le bois ; les 49,05 hectares mesurent cependant tout le lieu-dit, y compris ses parties ouvertes. Le calcul sur le polygone cadastral retrouve 54 parcelles de section A dans le fichier parcellaire réuni pour le dossier. Données géographiques
La Forêt paraît ici un nom descriptif du couvert boisé. L’occitan forèst, au féminin, désigne lui aussi un grand bois, selon le Diccionari General Occitan. Le rapprochement éclaire le sens ; il ne suffit pas à établir la forme orale autrefois employée sur place. Sens très probable L’accent grave de LA FORÈT est celui du fichier cadastral actuel : le plan de 1956 porte bien un circonflexe.
Gourgues imprime en 1873 deux notices qui pourraient conduire plus loin. À la page 173, « Laurival » est une forêt de Saint-Félix dépendant de la terre de Montclar, citée à propos d’une vente de 1696. À la page 289, une forêt « Saint-Félix », de même dépendance, est donnée sous la forme « Forest. de Saint-Phélix, 1696 (not. de Faux) ». Les deux entrées sont lisibles sur les images de l’ouvrage. Imprimé lu sur l’original
Ni les limites ni les confronts de ces forêts ne sont donnés. On ne peut donc pas faire de 1696 la première attestation certaine de La Forêt. Même leur identité réciproque reste à vérifier dans les actes. Elles demeurent deux pistes non localisées, conservées séparément. Lien non établi
Un titre particulier apparaît dans les registres paroissiaux. Dans la séquence de mai 1750, Pierre Favareilles, parrain (celui qui présente l’enfant au baptême) d’un enfant de Caveroque, est qualifié de « sieur de la fores [?] » ([?] : lecture incertaine). La finale reste gênée par l’encre visible au verso : s ou t ne sont pas tranchés. Le titre pourrait renvoyer à La Forêt ; il ne donne ni sa localisation ni un domicile dans ce bois. Lecture et lien douteux
Deux autres rapprochements doivent être écartés : le « Bois de la Fouretie, 1730 » de Gourgues (p. 133) est proposé dans l’index pour La Forétie, lieu distinct ; le « village de la foret » d’un mariage du 28 janvier 1828 est expressément situé à Saint-Michel-de-Villadeix (5 E 409/7, année 1828, vue 2 droite, acte 3). Cet homonyme se lit clairement sur l’image.
Sur Cassini et sur la planche 22 de Belleyme, le secteur est pris dans un grand ensemble d’arbres figurés, sans inscription « La Forêt ». La carte d’état-major montre encore un espace boisé parcouru de chemins. Ces lectures donnent une histoire du paysage à l’emplacement du lieu actuel ; leur échelle et leur calage ne permettent pas d’y suivre ses limites parcellaires.
Le premier cadastre change d’échelle. Son tableau d’assemblage porte « Terminé Sur Le Terrain Le 10 aout 1824 » (AD24, 3 P 3 4616). Sur la feuille A1 de La Vernelle, 3 P 3 4617, le secteur rapproché de La Forêt est sans nom et sans bâtiment figuré. Autour des grandes pièces 235–237, des parcelles plus étroites s’alignent, notamment les 238–242 ; d’autres bandes, 219–224, descendent vers le bas du recadrage. Des chemins les desservent. Lu sur le plan
Ce dessin établit un partage parcellaire. Il ne permet de choisir ni entre bois, taillis, lande et culture, ni entre partage d’un bois et défrichement. L’état de sections (registre qui liste les parcelles et leurs propriétaires) est nécessaire pour nommer les usages et les propriétaires. L’hypothèse d’un ancien défrichement en bandes, reste donc à démontrer.
La réédition A1, 3 P 3 11287, porte dans son cartouche : « Feuille dressée en 1824, mise à jour pour 1956 ». C’est sur cet état de 1956 que « LA FORÊT » se lit en grandes capitales, au-dessus des parcelles 51 et 52. De grandes pièces et des bandes étroites occupent encore le secteur ; aucun bâtiment n’y est relevé. Une limite forte sépare le bloc de celui nommé « AU LAC NOIR ». Image et date établies
| État | Ce qui est attesté | Portée de la preuve |
|---|---|---|
| XVIIIᵉ siècle | Bois figurés dans le secteur, sans nom La Forêt | Paysage lu sur les cartes ; localisation approximative |
| 1824 | Parcelles et chemins ; aucun libellé local | Plan original, 3 P 3 4617 ; usages non indiqués |
| 1956 | LA FORÊT | Première inscription sûrement localisée dans les pièces consultées |
| 2026 | LA FORÈT au cadastre ; la Forêt à l’IGN | Données consultées pour le dossier ; dates de consultation |
La photographie de la couche IGN 1950–1965 montre un couvert boisé traversé d’un chemin clair. Dans celle de 1965–1980, une ouverture apparaît au nord et des rangs sont visibles au nord-ouest. L’orthophotographie (photo aérienne) couleur présente à son tour des bouquets serrés, des espaces plus clairs et des alignements. On peut suivre ces différences d’aspect, sans leur attribuer une essence d’arbre ou une date de coupe précise.
L’IGN classe « la Forêt » parmi les lieux-dits non habités, avec la nature « Bois ». Les listes de recensement réunies n’y rattachent aucun ménage de recensement. Cela ne constitue pas une preuve d’absence de toute occupation ancienne. Le cadastre numérique local ne dessine aucun bâtiment dans le périmètre ; la BD TOPO en relève pourtant un d’environ 282 m², de nature industrielle, agricole ou commerciale, à usage indifférencié. Son nombre de logements n’est pas renseigné. Bases comparées
Le croisement avec le RPG 2024 (registre parcellaire graphique : les déclarations de cultures des agriculteurs) compte environ 3,95 hectares de surfaces agricoles déclarées dans le lieu-dit, dont 2,78 hectares de châtaigne. Les autres catégories relevées sont une surface temporairement non exploitée, une prairie temporaire et un verger. Ce sont des déclarations de cultures de 2024 ; elles ne permettent pas de déduire que tout le reste des 49 hectares est une même forêt. Données du RPG
Les questions décisives sont désormais précises : comment les pièces de 1824 étaient-elles nommées, qui les possédait et quelle était leur nature fiscale ? Et les forêts de 1696 ou le titre de 1750 désignaient-ils ce même secteur ?
État de sections A à E, sans date dans le répertoire. Relever noms, propriétaires, contenances et natures des parcelles du secteur A1, notamment les séries 219–248 repérées sur le plan. Leur attribution complète à La Forêt reste à établir.
Matrice de 1826. Partir des propriétaires trouvés dans l’état de sections et suivre les comptes, divisions et mutations des terrains.
Matrices du non-bâti, 1914–1955. Poursuivre les mutations ; rechercher aussi les documents de concordance avec le parcellaire rénové. La cote de cette concordance reste à demander.
Retrouver les pièces de 1696 signalées par Gourgues. Les minutes notariales et la collection Gourgues sont des pistes de recherche, sans cote précise d’acte identifiée. Les confronts permettraient de localiser Laurival et la forêt de Saint-Phélix.
Actes des Favareilles de Caveroque autour de 1750. Chercher une graphie développée du titre du parrain et la désignation de ses biens avant de le rattacher à La Forêt.