Dossier d'archives · Dordogne

Moulin Blanchard
en Villadeix

Un moulin à eau du fond de vallée du Caudeau, entre les Granges et le Sourial, qu'on sait habité et en activité dès 1671 — soit trois ans après le début des registres paroissiaux de la commune. Pendant plus de deux siècles, presque personne d'autre que des meuniers n'y vit : des Lambert et des Dumas au XVIIe siècle, des Chadourne et des Falgueyret sous Louis XV, puis les Chambon, alliés aux Beneix et aux Verroul, qui tiennent la maison la majeure partie du XIXe siècle. En 1936 la roue tourne encore ; en 1946 le couple qui y habite n'a plus de métier déclaré, et la date exacte de l'arrêt de la mouture (du grain) reste, à ce jour, introuvable.

44°57′13″ N — 0°40′40″ E Commune de Saint-Félix-de-Villadeix (24405) Cadastre section B, 17 parcelles, 5,92 ha Altitude ≈ 100 m (fond de vallée du Caudeau)
1671moulin Blanchartregistre paroissial, sépulture du 1er février
1682moulin Blanchaud [?]lecture incertaine, quantième et finale douteux
v. 1770BlanchardBelleyme, feuille 22 — abréviation « Mr »
1824M.lin de blanchardcadastre ancien, feuille B1
1817moulin Blanchareétat civil, naissance du 12 août
1841 →Moulin Blanchardrecensements, état civil, cadastre actuel
Le siteUn moulin sans autre nom

Sur le Caudeau, au pied du versant boisé

Le moulin occupe le fond de la vallée du Caudeau, au nord de la commune, vers 44,95371° N, 0,67791° E. Il est sur le côté méridional de la vallée, au pied d'un versant boisé, au nord des Granges et à l'est du Sourial. Le cours d'eau, des prés et des canaux organisent le site ; les cartes anciennes le placent du côté de Saint-Félix, près de la limite avec Fouleix, et le distinguent nettement des autres moulins de la vallée. Lu sur les originaux

La fonction de moulin à eau est établie à la fois par les métiers de ses habitants, les symboles cartographiques et le plan du bief (canal d'amenée d'eau). Le recensement de 1841 le qualifie de « maison isolée ». Aucun document consulté ne le désigne comme maison noble, repaire (petite demeure fortifiée) ou métairie (exploitation agricole). Le mot « village », commencé puis biffé dans un acte de baptême de janvier 1754 au profit de « moulin », montre que le rédacteur du registre distinguait bien ces catégories : ce n'était pas, pour lui, un hameau ordinaire.

Extrait du cadastre ancien de 1824, feuille B1 : une emprise bâtie carmin au numéro 453, le bief numéroté 455 arrivant de l'est, un chemin au sud et les parcelles voisines 449 à 457.
AD24, 3 P 3 4619, section B1, 1824. Sur ce plan cadastral, « M.lin de blanchard » : une seule emprise bâtie, une encoche côté nord, un symbole de roue. Le bief porte le numéro 455.
Le nomFixé dès 1671

Blanchart, Blanchar, Blanchard — un nom déjà stable

Le nom est fixé dans sa substance dès la première mention connue, en 1671. Les variantes portent surtout sur la finale : Blanchart, Blanchar, Blanchard, exceptionnellement Blanchaud [?] en 1682 et Blanchare en 1817. Les abréviations cartographiques « M.lin », « Mln » ou « Mn » ne constituent pas des noms différents. Le nom cadastral actuel est MOULIN BLANCHARD. Actes de 1671 à 1817 lus sur les originaux

L'hypothèse d'un nom de personne Blanchard à l'origine du nom du lieu est plausible, mais aucun Blanchard fondateur ou propriétaire n'a été identifié dans les actes rassemblés : rien ne permet d'inventer une date de fondation à partir de ce nom, ni de l'expliquer par la couleur d'un bâtiment. Une notice du Cercle généalogique de Languedoc, citant Dauzat et Morlet, expose deux analyses du nom de famille — dérivé de Blanc, ou ancien nom personnel germanique — sans départager l'origine locale de ce moulin. Origine du nom de famille non démontrée localement

À propos d'un « moulin Langlade »

Un acte du 26 février 1688 mentionne un « moulin Langlade ». Rien n'établit qu'il s'agisse du moulin Blanchard : le répertoire des lieux-dits ne comporte aucune entrée pour un « moulin Langlade », seulement pour le village de Langlade lui-même. Cette mention est donc écartée des mentions sûres de Blanchard.

Le « moulin de Gaucel », situé par Gourgues sur la Louyre, ne fournit pas non plus une ancienne appellation démontrée du moulin du Caudeau : le rapprochement a été examiné et rejeté faute de preuve. Source secondaire : Gourgues, 1873, entrée Gaucel, p. 141

Avant 1668Silence des sources

Aucune mention médiévale retrouvée

Aucune mention médiévale ou du XVIe siècle propre à Moulin Blanchard n'a été retrouvée dans les documents consultés ni dans les recherches complémentaires. Ce constat définit la limite documentaire actuelle, pas l'âge du moulin : la mention de 1671 prouve qu'il existe alors, elle n'en raconte pas la construction.

Le cadre seigneurial de Montclar concerne toute la paroisse, mais aucun bail, hommage, accensement (concession d'une terre contre redevance), reconnaissance ou titre de banalité (obligation d'utiliser le moulin du seigneur) propre à Blanchard n'a été lu. L'accensement de Caveroque de 1370 par les seigneurs de Montclar ne peut donc pas servir de preuve pour ce moulin. Sa dépendance foncière précise et d'éventuels droits seigneuriaux restent à rechercher.

1671–1792Des meuniers, toujours

Lambert, Dumas, Chadourne, Falgueyret : cinq familles en cent vingt ans

Le 1er février 1671, Pierre Lambert, environ quinze ans, est enterré après être mort dans sa maison de Langlade. Son frère Jean Lambert, « meusnier », habite le « moulin Blanchart ». C'est la plus ancienne preuve du moulin — mais elle vient d'une sépulture extérieure au site : elle ne place pas le décès de Pierre à Blanchard. Lu sur l'original

Acte manuscrit de sépulture du 1er février 1671 mentionnant Jean Lambert, meusnier, habitant du moulin Blanchart, frère du défunt Pierre Lambert mort à Langlade.
AD24, 5 E 409/1, v160 G, 1er février 1671. La plus ancienne mention retrouvée du moulin, et la première preuve qu'il est habité.

Le 9 décembre 1682 [? quantième], Élie Malmontaigne, meunier au « moulin Blanchaud [?] », est parrain de baptême à Bessou. Le 31 janvier 1685, Pierre Chaverou, meunier au « moulin Blanchart », accompagne son cousin germain mort à Leymarie. Guilhaume Gontier est meunier à Blanchard le 21 décembre 1689 et encore le 25 avril 1692 ; il est alors dit neveu de Louise [?] Chantegreilh, tandis que Jean Lambert, travailleur de terre à Langlade, est le fils de la défunte — un Jean Lambert à ne pas confondre sans contrôle avec le meunier de 1671. Aucune filiation avec les Gontier notaires de La Valette ou les Gontier de Berthier n'est établie ici.

Le 15 août 1694, le baptême de Margueritte Lambert, fille de Jean Lambert et Eli [?] Delans, mentionne aussi Marsau Dumas, meunier au même moulin : deux hommes sont donc qualifiés simultanément de meuniers du lieu, preuve qu'une liste chronologique de noms de famille ne saurait devenir une succession exclusive d'exploitants. Lu sur l'original

Acte manuscrit de baptême du 15 août 1694 : Margueritte Lambert, fille de Jean Lambert et Eli Delans, avec la mention de Marsau Dumas, également meunier au moulin.
AD24, 5 E 409/2, v308 G, 15 août 1694. Jean Lambert et Marsau Dumas, meuniers tous deux au moulin Blanchard le même jour.

1737–1771 : Dumas, Chadourne, Falgueyret

Après une longue lacune, le 28 avril 1737, Arnaud Dumas est baptisé, fils de Léonard Dumas et Louyse (nom de famille de la mère laissé en blanc), au moulin « Blanchar ». Le 21 juillet 1738 meurt un Dumas d'environ soixante-dix ans, dont Léonard est expressément le fils ; le prénom du défunt, lu Martial [?] (une lecture antérieure proposait Arnal [?]), demeure incertain, et rien n'identifie ce défunt avec Marsau Dumas de 1694 malgré la tentation. Léonard et Louise ont ensuite Françoise (1745, nom de famille de la mère Renier) puis Jeanne (1750, lu Reyne [?]) ; Léonard meurt au moulin vers quarante-cinq ans en avril 1750. D'autres familles cohabitent : les Carier en 1746, une Marguerite Dumas morte en 1762.

Quatre enfants de Jean Chadourne et Jeanne Salaver (aussi Salavé) naissent au moulin entre 1754 et 1760 ; leurs parrains et marraines relient ce ménage au moulin du Luquet à Fouleix, à Brunis (Paunat) et à un moulin Besson dont l'identification reste ouverte. Puis le couple Thoni/Antoine Falgueyret–Jeanne Eymerie y a quatre enfants entre 1766 et 1771 ; en 1768 la marraine Jeanne Falgueyret est dite explicitement sœur du baptisé — une parenté solide, rare dans ces registres. Léonard Falgueyret, mort au moulin vers soixante ans, est enterré le 12 février 1768 dans les tombeaux de la fabrique, ce qui ne décrit ni un caveau privé au moulin ni une chapelle familiale.

1781–1788 : un Chambon, et un « Sr de blanchar »

Le 23 février 1781 naît Jean Chambon, fils de Jean Chambon et Jeane Viveviade/Riveviade [?], du « moulain blanchar » — ce père Jean ne peut être changé en Élie pour l'insérer dans la filiation du Chambon marié en 1815. Le moulin est aussi, entre 1787 et 1788, le lieu du décès de trois personnes (Jeanne Grenier, Pierre Soulier, Marie Mousseau), sans que leurs métiers ou parentés soient établis.

Le 2 mars 1788, au baptême de Marie Jammet née aux Granges, le parrain est Pierre Lambert, « Sr de blanchar ». Le titre est lisible et le rattachement à Moulin Blanchard très probable ; il distingue un homme par le nom d'un bien ou d'un lieu, sans que l'acte précise sa résidence, l'étendue de ses droits ou son acquisition — ni une noblesse, ni une seigneurie autonome. Aucune filiation avec Jean Lambert, meunier en 1671 ou 1694, n'a été établie. Titre comme preuve de propriété : non démontré

Ligne manuscrite du 2 mars 1788 où figure le parrain Pierre Lambert, Sr de blanchar.
AD24, 5 E 409/3, v532 G, 2 mars 1788. « Sr de blanchar » : un titre, pas un acte de propriété.
1793–1812Révolution

Marie Bonami, meunière, et les Beney

Le 22 novembre 1793, Marie Bonami, expressément qualifiée de meunière, déclare la naissance de Marie, née la veille au moulin, de Pierre Mouseau [?], meunier, et Jeane Arnoux [?] (une lecture plus ancienne donnait « Mourseau » et « Arnouil »). Marie Bonami n'est donnée ni comme la mère de l'enfant ni comme l'épouse du meunier : sa relation avec la famille reste inconnue, mais l'acte rend visible une femme exerçant ou déclarée dans la meunerie. Lu sur l'original

Déclaration de naissance du 22 novembre 1793 (an II) signée Marie Bonami, meunière, pour l'enfant de Pierre Mouseau et Jeanne Arnoux.
AD24, 5 E 409/4, naissances an II, vue 18 D, 22 novembre 1793. Marie Bonami, meunière, déclarante.

Le 13 janvier 1797, Gabriel Beney, cinquante ans, meunier, déclare avec un voisin le décès de Marguerite Sirder/Cirder [?], habitante du moulin. Le 1er mai 1798, Gabriel épouse Jeanne Fourget [?] ; l'acte cite Pierre Beney, meunier à Blanchard, et un autre Pierre Beney, meunier à Saint-Julien — les liens entre tous les Beney ne sont pas assez clairement formulés pour dresser une fratrie certaine. Pierre Beney meurt au moulin le 25 août 1812, environ soixante-dix ans ; ce défunt pourrait être le père de Marie Beneix, mariée en 1815, mais l'acte de décès ne nomme pas son épouse.

1815–1851Chambon–Beneix

Une alliance de meuniers, et trois fils prénommés Jean

Le 1er février 1815, Marie Beneix, meunière domiciliée à Blanchard, épouse Jean Chambon, meunier venu de Saint-Amand-de-Vergt, fils d'Élie Chambon, meunier, et Jeanne Viveviale [?]. Marie est fille de feus Pierre Beneix et Marguerite Couder. Le recoupement de l'état civil retrouve Marie Beneix née au moulin de Rabard le 19 brumaire an III (9 novembre 1794) : son parcours Rabard–Blanchard est ainsi établi, sans date d'arrivée connue. Lu sur l'original

Acte de mariage du 1er février 1815 entre Jean Chambon, meunier, et Marie Beneix, meunière domiciliée au moulin Blanchard.
AD24, 5 E 409/6, naissances, mariages, décès 1815, vue 4 D, 1er février 1815. Le mariage réunit deux personnes de familles de meuniers ; il n'est pas un acte de transmission du moulin.

Un premier Jean Chambon naît à Blanchard le 1er décembre 1815. D'autres meuniers de passage y déclarent aussi des naissances en 1817 et 1819 (Pierre Souillier [?], Pierre Chaverou [?]), sans qu'aucun document ne prouve un départ des Chambon. Le 23 juin 1846, un Jean Chambon de vingt-six ans, meunier, explicitement fils de Jean Chambon et Marie Beney, épouse Marie Verroul, cultivatrice de Langlade ; il est né au moulin Fourtou, commune de Fouleix — un autre fils Jean que celui né à Blanchard en 1815, et la preuve d'un déplacement familial au moins temporaire. Lu sur l'original

Acte de mariage du 23 juin 1846 entre Jean Chambon, meunier, et Marie Verroul, avec la filiation du marié : fils de Jean Chambon et Marie Beney, meuniers à Blanchard.
AD24, 5 E 409/9, mariages 1846, vue 3 D, 23 juin 1846. Deux générations de Chambon meuniers, et une naissance à Fourtou (Fouleix) qui révèle un déplacement familial.

Jean Chambon et Marie Verroul ont à leur tour un fils Jean, né à Blanchard le 17 avril 1847. Le recensement de 1851 regroupe sept personnes : Jean Chambon et Marie Beney, leurs trois fils tous prénommés Jean, Marie Verroul et le jeune Jean — trois générations dans une même maison, sans indication de qui dirige matériellement l'exploitation.

1856–1873La famille Clément

Un domestique de quatre-vingts ans, un mariage à domicile

En 1856, la maison est occupée par Jules Clément, quarante-cinq ans, meunier, Marguerite Follet, trente-sept ans, trois enfants et un domestique, Jean Chort, quatre-vingts ans. Cette famille n'est pas celle du recensement de 1851 : le changement de ménage principal se place entre les deux listes, sans acte de vente ou de location retrouvé. Jean Chort meurt au moulin le 1er février 1860, alors donné pour quatre-vingt-deux ans, veuf de Marie Roussel. Lu sur l'original du recensement de 1856

Ligne de recensement de 1856 : Jules Clément, meunier, chef de ménage, son épouse Marguerite Follet, trois enfants et Jean Chort, domestique de 80 ans.
AD24, 6 MI 72, recensement 1856, p10 G, lignes 18–23. Six personnes au moulin, dont un domestique octogénaire.

Les listes de 1861, 1866 et 1872 maintiennent Jules et Marguerite au moulin, avec des effectifs qui diminuent (5, puis 4, puis 3 personnes) et un nom d'épouse lu tour à tour Salea, Saléa/Salva [?], Salva/Salca [?] — les actes d'état civil donnent Marguerite Fallet. Le 13 janvier 1870, leur fille Marguerite Clément, vingt-trois ans, meunière au moulin, épouse Jean Bos, cultivateur de Lalande. Le mariage civil est célébré à Blanchard même, dans la demeure des parents de la mariée, car Jules Clément est malade et ne peut se rendre à la mairie ; un contrat a été passé le 28 décembre 1869 devant Me Marty, notaire à Vergt. Lu sur l'original

Suite de l'acte de mariage du 13 janvier 1870 entre Jean Bos et Marguerite Clément, précisant que la célébration a lieu au domicile des parents de la mariée, au moulin Blanchard, en raison de la maladie du père.
AD24, 5 E 409/11, mariages 1870, vue 3 G, 13 janvier 1870. Le mariage se tient au moulin même, faute pour le père malade de se déplacer.

Jules Clément meurt le 18 octobre 1873, à cinq heures du matin au moulin, à cinquante-huit ans, toujours qualifié de meunier. L'acte le dit né à Saint-Laurent-des-Bâtons et laisse ses parents inconnus.

1874–1893Retour des Chambon

« Beney Chambon » : une signature qui explique un nom de recensement

Le 8 décembre 1874, Jean Chambon, vingt-huit ans, meunier au moulin Blanchard, témoigne à un mariage ; un renvoi marginal le dit cousin germain de la mariée, fille d'une Anne Verroul. Le témoin signe « Beney Chambon » — signature qui explique que le recensement de 1891 ait pu le désigner sous la forme « Chambon Bény [?] ». L'âge, le nom et la parenté Verroul rendent très probable son identification avec le Jean né en 1847 de Jean Chambon et Marie Verroul, mais son mariage avec Marie Toulou/Taulou/Caulou n'a pas été retrouvé dans les registres de la commune : une étape généalogique fortement étayée, non directement lue. Signature lue sur l'acte

Acte de mariage du 8 décembre 1874 avec la signature Beney Chambon de Jean Chambon, meunier au moulin Blanchard, témoin cousin germain de la mariée.
AD24, 5 E 409/12, mariages 1874, vue 5 G–D, 8 décembre 1874. La signature « Beney Chambon » qui explique une forme écrite du nom dans le recensement de 1891.

Jean Chambon et Marie Taulou [?] ont un fils Jean le 31 août 1875, puis une première Marguerite, née le 22 mars 1879 et morte le 29 (à six jours), puis une seconde Marguerite née le 1er mai 1880. L'acte de naissance donne le nom de la mère « Marie Taulou », et non « Caulou », forme d'une transcription plus ancienne. Lu sur l'original

Acte de naissance du 2 mai 1880 pour Marguerite Chambon, née la veille au moulin Blanchard, fille de Jean Chambon et Marie Taulou, meuniers.
AD24, 5 E 409/12, naissances 1880, vue 3 G, acte 5, 2 mai 1880. Naissance de Marguerite Chambon à Blanchard : la pièce qui corrigera, vingt-trois ans plus tard, une erreur de lieu.

En 1881, la liste donne Jean, Marie, Ferdinand (six ans) et Marguerite (un an) ; en 1891, le chef sous la forme « Chambon Bény [?] », son épouse « Victorine Toulou [?] », puis Ferdinand, Philippine, Filbert et Louis. Ferdinand pourrait correspondre au Jean né en 1875, Philippine à la Marguerite de 1880, Victorine à Marie — des équivalences de prénoms qui demandent encore les actes individuels. Le 18 septembre 1893, Jean Chambon, meunier, encore domicilié à Blanchard, déclare un décès aux Granges : c'est la dernière attestation nominale sûre de cette famille à Blanchard dans les actes rassemblés.

Un dossier de 1878–1880 à ouvrir

Le répertoire du service hydraulique comporte l'entrée « Moulin Blanchard sur le Caudeau (1878–1880) », sous la cote 7 S 69. L'inventaire prouve l'existence et les dates extrêmes du dossier ; il ne permet pas d'en annoncer le propriétaire, le règlement, les travaux ou le nombre de meules. Une enquête patrimoniale sur le moulin voisin de Lafargue, publiée dans le Bulletin de la SHAP en 2013, mentionne Blanchard parmi des moulins concernés par des plaintes d'usiniers (exploitants de moulins) ou de riverains, sans détail propre ni date permettant de rattacher sûrement ces plaintes au dossier de 1878–1880. Dossier non consulté

Page du répertoire du service hydraulique des Archives de la Dordogne mentionnant l'entrée Moulin Blanchard sur le Caudeau, 1878-1880, cote 7 S 69.
AD24, répertoire série 7 S, Moulins, p. 14. Cote 7 S 69, marquée par répétition en marge ; les pièces elles-mêmes restent à consulter en salle.
XXe siècleLapeyrouse, puis Bartholome

Les Chambon partis à Lapeyrouse, les Bartholome à Blanchard

Le 3 octobre 1899, un Jean Chambon, meunier de vingt-trois ans, fils de Jean Chambon et Victorine Toulou [?], meurt au moulin de Lapeyrouse ; son identification au garçon né à Blanchard en 1875 est probable. Le ménage recensé à Lapeyrouse en 1901 ressemble étroitement à celui de Blanchard en 1891. Le 4 juin 1903, Marguerite Chambon épouse un boulanger du moulin Bertier (Saint-Laurent-des-Bâtons) ; l'acte de mariage lui attribue, à tort, une naissance à Lapeyrouse — la naissance contemporaine du 2 mai 1880 la donne explicitement née à Blanchard. Ces documents établissent le déplacement de la famille de Blanchard à Lapeyrouse, entre 1893 et 1901, sans dater ni bail, ni vente. Rapprochement des ménages de 1891 et 1901

Ce que dit vraiment l'acte

L'acte de naissance du 2 mai 1880 dit sans ambiguïté que Marguerite Chambon est née au moulin Blanchard, de parents meuniers domiciliés à Blanchard ; l'acte de mariage de 1903 l'affirmait, à tort, née à Lapeyrouse. La naissance est donc retenue à Blanchard ; son domicile de 1903, lui, est bien à Lapeyrouse.

1926–1946 : le couple Bartholome

Les listes de 1926, 1931 et 1936 donnent deux habitants : Jean Bartholome/Bartholomé, né en 1869, meunier, et son épouse Anne, née en 1879, tous deux nés à Clermont-de-Beauregard. Le recensement de 1926 coche pour Jean la case « patron » — un statut professionnel qui ne prouve pas la possession de l'immeuble. Lu sur l'original, 1926 et 1936

Ligne du recensement de 1926 : Jean Bartholome, meunier, patron, né en 1869, et son épouse Anne, née en 1879, sans profession.
AD24, 6 M 378, p02 D, 1926. Jean Bartholome, meunier, coché « patron ».
Ligne du recensement de 1936 : le couple Bartholome, Jean toujours meunier, Anne sans profession.
AD24, 6 M 422, p03 D, 1936. Jean Bartholome, meunier — la dernière mention connue du métier au moulin.

En 1946, la maison abrite toujours Jean Fernand Bartholome et Anne. La profession est cette fois « néant » pour les deux. On peut constater la disparition du métier déclaré entre 1936 et 1946, sans pouvoir en déduire la date exacte de fermeture du moulin, ni exclure une exploitation par une personne non résidente. Lu sur l'original

Ligne du recensement de 1946 : Jean Fernand Bartholome et Anne, profession néant pour les deux, au moulin Blanchard.
AD24, 106 W 71, p05 G, 1946. « Néant » : le métier de meunier a disparu de la déclaration, sans qu'une date de fermeture puisse en être tirée.

Une fiche de 1951 qui se contredit elle-même

Une liste des hameaux insérée dans le dossier de 1946, mais datée du 15 février 1951, porte pour Blanchard une maison, puis des guillemets de répétition interprétés comme un néant pour les ménages et les habitants. Son en-tête précise pourtant qu'elle est dressée d'après le recensement de mars 1946 — elle contredit donc la liste nominative de la même année, qui donne deux personnes. Ce document n'est pas appelé « recensement de 1951 » et ne prouve pas à lui seul une maison devenue inhabitée cette année-là. Contradiction dans le document, non résolue

Fiche récapitulative datée du 15 février 1951, se référant au recensement de mars 1946, portant pour Moulin Blanchard une maison et des guillemets de répétition dans les colonnes ménages et habitants.
AD24, 106 W 71, fiche insérée p04. Une maison, et des marques de répétition qui contredisent la liste nominative de 1946 conservée à la page suivante.
CartesCassini à l'état-major

Un moulin sans nom sur Cassini, nommé sur Belleyme

Cassini figure un moulin à eau non nommé dans la vallée, au nord des Granges — une correspondance très probable par la position, non certaine par un nom lisible. Belleyme, feuille 22, nomme au contraire Blanchard, précédé d'une abréviation de moulin, sur le côté sud du « Caudou » ; un moulin d'Huile distinct, plus à l'est, n'autorise pas à qualifier Blanchard d'huilerie. Lu sur l'original

Extrait de la carte de Belleyme, feuille 22, montrant le moulin Blanchard et le moulin d'Huile distincts, sur le Caudou.
Carte de Belleyme, feuille 22 (exemplaire UBM, seconde moitié du XVIIIe siècle). Blanchard et le moulin d'Huile, deux établissements distincts sur le Caudou.

La carte d'état-major, couche générale 1820–1866, nomme « M.n de Blanchard » dans les prés de la vallée et place un petit bâtiment sur le dispositif hydraulique ; le millésime précis de levé ou de révision de cette feuille n'a pas été établi.

Extrait de la carte d'état-major IGN, couche 1820-1866, montrant le moulin de Blanchard dans les prés et les bras du Caudeau.
IGN, carte d'état-major, couche 1820–1866. « M.n de Blanchard » dans les prés du fond de vallée.
1950–2026Vu du ciel

Le bâti reste, le nom de la couche photographique trompe

Les fichiers appelés localement « ortho1950 » et « ortho1965 » proviennent en réalité des couches IGN 1950–1965 et 1965–1980 : le jour et l'année exacts des clichés n'ont pas été retrouvés. Dans la première période, le noyau bâti est perceptible au milieu des prés, près des alignements d'arbres et de l'accès ; dans la seconde, le contraste et les arbres rendent sa lecture moins nette — une différence de lisibilité qui ne démontre ni disparition ni reconstruction.

Orthophotographie IGN de la couverture 1950-1965 centrée sur le site du moulin Blanchard, dans les prés du fond de vallée.
IGN, couverture 1950–1965. Le bâti perceptible au milieu des prés.
Orthophotographie IGN de la couverture 1965-1980 centrée sur le site du moulin Blanchard.
IGN, couverture 1965–1980. Contraste et couvert végétal plus marqués.

L'orthophotographie (photo aérienne) récente montre un bâtiment au site du moulin, des prés dans le fond de vallée, des arbres suivant les écoulements et le versant boisé au sud ; un plan d'eau apparaît au nord-est, sa date d'aménagement n'étant pas établie. Le modèle de terrain LiDAR (relevé laser du relief) aide à lire le fond de vallée, les ruptures de pente et les traces de chenaux : ses irrégularités près de l'eau ne constituent pas des preuves de ruines ou de structures anciennes — aucun vestige archéologique spécifique au moulin n'est établi dans les sources consultées.

Orthophotographie récente du site du moulin Blanchard : bâtiment, prés du fond de vallée, arbres suivant les écoulements et versant boisé au sud.
IGN, orthophotographie récente. Bâtiment, prés et plan d'eau au nord-est.
Modèle numérique de terrain LiDAR du fond de vallée du Caudeau autour du moulin Blanchard, montrant les ruptures de pente et des traces de chenaux.
IGN, LiDAR HD. Ruptures de pente et traces de chenaux du fond de vallée.

Les données contemporaines divergent légèrement selon leur objet : le cadastre compte une emprise en dur et deux emprises légères dans le lieu-dit ; la BD TOPO en décrit deux, pour environ 182 m² d'emprise au total, avec un bâtiment principal d'environ 142 m², classé résidentiel. L'attribut de date 1850 de la BD TOPO n'est pas un acte de construction et ne peut effacer le bâtiment déjà dessiné en 1824.

Plan IGN actuel montrant le lieu-dit Moulin Blanchard, distinct du Sourial voisin, dans la vallée du Caudeau.
IGN, plan actuel. Moulin Blanchard, distinct des constructions voisines du Sourial, au sud-ouest.
Aujourd'huiCadastre et urbanisme

Un lieu-dit de 5,92 hectares, une étoile de repérage sans détail

Le nom MOULIN BLANCHARD désigne un lieu-dit cadastral de 5,92 hectares, en section B, comprenant 17 parcelles (B1, B2, B4, B5, B7 à B13, B631, B633, B634, B782, B783, B859) dans l'extraction communale de septembre 2026. La Base Adresse Nationale rattache le lieu au 1486 Route Gauloise ; le point d'adresse correspond à l'accès, le bâtiment du moulin étant plus à l'est, repéré sur la parcelle B0012. Le RPG 2024 (registre des déclarations agricoles) identifie, dans ce périmètre, environ 3,67 ha de prairie permanente et 0,38 ha d'une catégorie de « fruit pérenne », soit un paysage de fond de vallée en prés, dominé par le versant boisé.

Le PLUi-H (plan local d'urbanisme intercommunal) approuvé le 26 novembre 2024 place le site dans le secteur Atvb et le coteau voisin en N. Une étoile de repérage patrimonial se trouve au site du moulin, sans libellé individuel permettant d'énumérer des éléments protégés du bâtiment — un repérage au PLUi ne vaut pas classement ou inscription au titre des monuments historiques. Le relevé communal des couches géographiques donne aussi environ 5,35 ha de zone humide et 3,93 ha dans la zone rouge du PPR d'inondation, surfaces qui peuvent se superposer. Lu sur le règlement graphique

Extrait du règlement graphique du PLUi-H approuvé le 26 novembre 2024 : secteur Atvb au fond de vallée autour du moulin Blanchard, coteau classé en zone N, étoile de repérage patrimonial sur le site du moulin.
PLUi-H Bastides Dordogne-Périgord, règlement graphique, 26 novembre 2024. Secteur Atvb en fond de vallée, coteau en N, étoile de repérage sans libellé détaillé.

L'état intérieur du moulin, la conservation de meules ou de mécanismes, le fonctionnement éventuel du bief et l'existence d'un droit d'eau encore mobilisable ne sont pas documentés par les images aériennes. Une visite documentée et l'étude de 7 S 69 restent nécessaires pour aller au-delà du site et du bâti visibles. Les documents consultés ne livrent aucun acte de vente, partage ou succession du moulin, ni incendie ou destruction propre au site pouvant être racontés avec certitude — ce qui ne permet pas de conclure que de tels événements n'ont jamais existé.

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Ce que seul Périgueux peut encore dire

Les registres paroissiaux et l'état civil ont été lus pour toutes les mentions du moulin ; ce qui manque tient dans des cartons non numérisés. Le dossier hydraulique de 1878–1880 et les matrices cadastrales (registres des propriétaires), en priorité, donneraient enfin le nom d'un propriétaire.

À consulter en salle

  • 7 S 69

    « Moulin Blanchard sur le Caudeau », 1878–1880 : lire toutes les pièces et plans — pétitionnaires, propriétaire ou exploitant, règlement éventuel, prise d'eau, chute, ouvrages, litiges — et rapprocher avec les Chambon.

  • 63 P 1716
    63 P 704

    État de sections A–E et matrice de 1826 : partir des parcelles anciennes B453 et B455, relever propriétaire, nature fiscale, contenance, revenu, folio et tous renvois de mutation.

  • 63 P 2192

    Matrice des propriétés bâties, 1882 : identifier le propriétaire et les mutations à l'époque Chambon ; distinguer logement, moulin et dépendances.

  • 63 P 1547/3

    Propriétés bâties, 1910–1955 : suivre le bâtiment au temps des Bartholome, changements d'affectation et éventuelles démolitions.

  • 63 P 1547/1-2

    Non bâti, 1914–1955 : terres, bief, prés et éventuelles divisions, pour établir la concordance avec les parcelles actuelles.

  • 3 E 9422–9438
    3 E 21807

    François Gontier puis F. Gonthier, notaires à Saint-Laurent-des-Bâtons, 1769–1829 : chercher Lambert « sieur de blanchar », les Beney/Beneix, des baux et l'alliance de 1815.

  • 3 E 14416–14425
    3 E 6309–6318

    Reynier (Saint-Laurent-des-Bâtons, 1710–1768) et Favareilhes (Saint-Michel-de-Villadeix, 1741–1763) : baux de moulin, contrats de mariage et inventaires après décès pour Dumas, Chadourne, Falgueyret.

  • 3 E 8665–8696

    Perrot, notaire à Saint-Georges-de-Montclard, 1748–1792 : vérifier les mêmes familles et le Pierre Lambert de 1788.

  • 1001 Q

    Hypothèques de Bergerac : une fois un nom de propriétaire obtenu par les matrices, départager vente, succession et simple changement d'exploitant.

  • Vergt

    Le contrat Bos–Clément du 28 décembre 1869 (Me Marty) et le contrat Deldevert–Chambon du 22 mai 1903 (Me Mazereau) : cotes exactes non déterminées, à retrouver par les répertoires de l'étude.