Dossier d'archives · Dordogne
Au nord de la route de la Voie Romaine, La Forétie garde un nom de bois sur des terres aujourd’hui largement ouvertes. Gourgues cite un « Bois de la Fouretie » en 1730, probablement ce lieu, d’après un acte notarié encore à retrouver. Le cadastre de 1824 (plan cadastral dit napoléonien) dessine de grandes pièces sans maison ; les photographies du XXe siècle montrent leur ouverture en longues bandes. L’histoire du paysage se laisse suivre, celle de ses propriétaires reste à établir.
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La Forétie s’étend au sud-est de Constant et au nord de Cantegrel, contre le côté nord de l’actuelle route de la Voie Romaine. Le cadastre lui donne six parcelles, B 582 à B 587, sur 10,81 hectares mesurés. Aucun bâtiment cadastral ne coupe ce périmètre dans l’extraction consultée. L’orthophotographie (photo aérienne) montre des espaces ouverts adossés à la lisière du bois. Cadastre · IGN
Les recensements n’y identifient aucune population propre, et les registres paroissiaux et d’état civil ne fournissent pas davantage de résidence certaine sous ce nom. Ce silence convient à un nom de terres ; il ne prouve pas une absence d’occupation à toute époque. Aucun propriétaire ancien ne peut encore être nommé avec sûreté.
La plus ancienne piste rattachable au lieu tient dans l’article de Gourgues, publié en 1873 :
« Fouretie (La)? cne de Saint-Félix-de-Villadeix. — Bois de la Fouretie, 1730 (Acte not.). » Dictionnaire topographique de la Dordogne, p. 133
La date est bien 1730, et le nom Fouretie, sans s. La commune et la proximité de la forme rendent l’identification avec La Forétie probable. Mais Gourgues ne donne ni le notaire ni la cote. L’imprimé se lit clairement ; l’acte de 1730 n’a pas été retrouvé. Cette mention désigne un bois, sans établir une maison, un propriétaire ou une date de fondation. Source indirecte
Le Lexique limousin de Raymond Laborde donne « Fourest (f.) forêt » (p. 81, colonne droite). Le dictionnaire occitan du Grelh roergàs définit aussi forèst comme un grand bois. Ce vocabulaire et la mention de Gourgues suggèrent un nom lié au couvert boisé. La formation exacte de Forétie, notamment sa terminaison, reste toutefois inexpliquée. Hypothèse de sens
La variante la Fourestie figure dans un répertoire de lieux-dits, sans attestation datée indépendante retrouvée. Il faut aussi distinguer La Forétie de La Forêt, autre lieu de la commune, à environ trois kilomètres à l’ouest-sud-ouest.
Un baptême du 9 mai 1750 donne à Pierre Favareilles, parrain (celui qui présente l’enfant au baptême), un titre lisible seulement comme « sieur de la fore[s/t?] » (le ? entre crochets marque une lecture incertaine) : 5 E 409/3, vues 84–85, page droite. Même comparée à la main de Vallade, la finale demeure incertaine ; aucun -tie n’est lisible. Ce titre ne permet d’attribuer ni cette personne ni ses biens à La Forétie. Non identifié
Sur la feuille 22 de Belleyme, le secteur au sud-est de Constant, juste au nord de la grande route, est semé de figurés d’arbres. Aucun nom de La Forétie ni symbole d’habitat propre n’y apparaît. Le paysage est cohérent avec le bois cité par Gourgues, sans que la carte permette d’en fixer les limites. Lu sur l'image
Cassini, feuille 71, ne nomme pas non plus La Forétie. Son inscription voisine « Tuilerie de Cartegrel » ne suffit pas à localiser une fabrique sur ces terres : la petite échelle laisse l’emplacement incertain. Le cadastre de 1824 nomme et dessine séparément La Thuillière, plus à l’ouest. Aucune activité de tuilerie n’est retenue pour La Forétie.
Le tableau d’assemblage est daté sur l’original : « Terminé Sur le Terrain Le 10 aout 1824 » (3 P 3 4616). La feuille détaillée est la section B2, dite de la Peyrouze, deuxième division, au 1/2 500.
Deux grandes pièces dominent le secteur : 671 et 669, bordées notamment des petites 670 et 668 contre la route. Le dessin ne porte ni bâtiment ni nom de La Forétie. Ces anciens numéros ne sont pas ceux des six parcelles actuelles. Le rapprochement spatial repose sur les chemins et le voisinage de Constant ; la concordance parcelle par parcelle reste à établir. Plan original
La nature fiscale des terres et leurs détenteurs se trouvent dans l’état de sections (liste des parcelles et de leurs propriétaires) et les matrices cadastrales. Le plan seul ne permet pas d’affirmer que chacune de ces pièces était un bois, une terre labourable ou une autre culture.
La minute d’état-major confirme un secteur sans nom propre ni maison au point correspondant. Son année locale de levé n’est pas établie : lui donner une date précise au milieu du siècle serait excessif.
L’image IGN de la série 1950–1965 montre un couvert arboré sur la majeure partie du lieu, avec quelques éclaircies. Celle de la série 1965–1980 révèle déjà la grande ouverture découpée par de longues bandes sombres parallèles. Les bords irréguliers de la clairière et la disposition des bandes se reconnaissent encore sur l’image récente. Images comparées
Ces plages de dates sont celles des couches IGN, pas les millésimes démontrés des clichés. Elles montrent une transformation ; elles n’en donnent ni l’année exacte, ni l’auteur, ni les essences végétales. Les bandes actuelles ne doivent donc pas être présentées comme un aménagement nécessairement récent.
Dans le périmètre cadastral, le Registre parcellaire graphique 2024 (déclarations de cultures des agriculteurs) comprend environ 6,14 ha déclarés en « autre trèfle » et 1,77 ha en prairie permanente, soit environ 7,90 ha calculés avant arrondi. Il s’agit des surfaces comprises dans La Forétie, non de la totalité des îlots agricoles. Les parties restantes ne sont pas automatiquement toutes boisées.
| Jalon | Preuve | Ce que l’on peut retenir |
|---|---|---|
| 1730 | Gourgues, p. 133 source secondaire | Un bois probablement identifiable à La Forétie ; acte à retrouver. |
| 1824 | 3 P 3 4620, B2 image originale | Un secteur de grandes parcelles sans maison, non nommé sur le plan. |
| XXe siècle | Deux séries aériennes IGN images originales | Le passage d’un couvert boisé à une ouverture en bandes. |
| 2024 | RPG données géographiques | Un usage agricole déclaré, sans identification nominative d’exploitant. |
Le point décisif sera de relier le bois cité en 1730 aux parcelles décrites par le cadastre écrit. Le nom manque sur le plan, mais il peut figurer dans l’état de sections.
État de sections A à E : anciennes B 669 et 671, 668 et 670, puis bordures. Relever le lieu écrit, les cultures, les contenances et les propriétaires.
Matrice de 1826, puis propriétés non bâties de 1914–1955 : suivre les comptes et leurs renvois. Cotes relevées dans le répertoire cadastral, p. 131 ; volumes non consultés.
Établir la concordance entre les anciennes parcelles et les B 582–587 actuelles ; contrôler les changements de limites et de numéros.
Identifier le notaire cité par Gourgues. Ses papiers, notamment la collection 109 AP aux Archives nationales, sont une piste ; la présence de cet acte dans le fonds n’est pas démontrée.
Après identification des propriétaires, rechercher baux et dossiers d’aménagement. Identifier aussi les clichés IGN originaux pour dater plus finement l’ouverture en bandes.