Dossier d'archives · Dordogne

Garissade
en Villadeix

Un écart de laboureurs, connu depuis un baptême de juillet 1670, sur un rebord de terrain qui regarde vers Saint-Marcel-du-Périgord. Les Lambert au XVIIIe siècle, les Malet et les Marchandou au XIXe, une ferme qui passe de quatre maisons à une seule entre 1856 et 1876 — et, en 1867, une annonce judiciaire qui décrit d'un coup la métairie entière, ses bâtiments, son colon partiaire (cultivateur qui verse une part de la récolte) et ses soixante articles de terre, jusque dans les communes voisines.

44,92922 N — 0,70319 E Commune de Saint-Félix-de-Villadeix (24405) Cadastre GAPRISSADE, ≈ 29,74 ha, 53 parcelles section C Bourg à 1,70 km ouest-sud-ouest
1670garrissadebaptême, première mention retrouvée
1681Garissaderegistre paroissial
1684gaprissade [?]acte très endommagé, lecture incertaine
1758–1763garissade / Guarissaderegistre paroissial
v. 1770 · v. 1789 · 1824GarissadeBelleyme, Cassini, cadastre
1867Garissade / Combe-GarissadeL'Écho de la Dordogne
Aujourd'huiGarissade / GAPRISSADEIGN / cadastre numérique
Le siteTrois périmètres à ne pas confondre

Un rebord de terrain entre Berthier et Saint-Marcel

Garissade occupe un rebord au-dessus d'un vallon oriental de Saint-Félix-de-Villadeix, à la lisière de Saint-Marcel-du-Périgord. Le bourg de Saint-Félix est à environ 1,70 km à vol d'oiseau à l'ouest-sud-ouest ; Berthier à 570 m au nord-ouest, Cavigne à 840 m à l'ouest, La Cabane à 870 m au nord-nord-ouest — des distances à vol d'oiseau entre points de repère, non des distances de chemin. Des terres ouvertes s'étendent à l'ouest du noyau bâti, des pentes boisées à l'est et au sud ; le chemin qui vient de Berthier longe le bâti et descend vers la vallée de la Louyre, tandis qu'un autre passage, dessiné dès 1824, part vers Saint-Marcel. Cadastre, IGN, répertoire des lieux-dits

Orthophotographie récente de Garissade : deux ensembles bâtis reconnaissables au centre, entourés de cultures, de prairies et de lisières boisées, avec le vallon oriental et les pentes boisées vers Saint-Marcel.
Photographie aérienne (orthophotographie) IGN récente. Le noyau bâti occupe le rebord au-dessus du vallon ; le millésime local de la prise de vue n'est pas établi dans le fichier disponible.

Il faut distinguer trois périmètres qui ne mesurent pas la même chose : le noyau habité, le lieu-dit cadastral actuel GAPRISSADE, d'environ 29,74 ha et 53 parcelles de section C, et la métairie décrite en 1867, faite de biens dispersés à Saint-Félix, Saint-Marcel et Liorac. Les documents consultés ne fournissent ni désignation de maison noble, ni titre de « sieur de Garissade », ni moulin attaché à ce nom : « village », « lieu », « maison isolée » et « métairie » sont, en revanche, les mots que les sources emploient tour à tour. Bilan des documents consultés

Le nomChênes, taillis — et un mot commun ailleurs

Une chênaie plausible, jamais démontrée localement

Le glossaire d'André Pégorier donne Garrissade pour un taillis de chênes utilisé comme pâturage, avec une localisation d'usage plutôt cévenole et la variante limousine garrissal ; Robert Geuljans rattache la famille de garric / garriga au vocabulaire du chêne et des terrains broussailleux. L'annonce de vente de 1867 décrit précisément des taillis de chênes et des brebis à Garissade : le rapprochement éclaire donc le paysage agricole du lieu, sans dater ni expliquer les circonstances de la création du nom. Rapprochement lexical, non une origine datée

Extrait imprimé du glossaire de Pégorier : entrée Garrissade, taillis de chênes utilisé comme pâturage.
Pégorier, IGN, 3e éd. 2006, p. 223. L'entrée « Garrissade » du glossaire des termes dialectaux.

Un inventaire des Archives de la Dordogne, B 1526, emploie en 1758 le mot commun « garrissade » pour un bois dans une affaire de Cadouin : ce n'est pas une mention du lieu de Saint-Félix, et le fonds concerné est celui de la sénéchaussée et du présidial de Sarlat, non de Bergerac. De même, une Garissade à Saint-Caprais citée par Gourgues en 1475 est un homonyme sans rapport avec Saint-Félix. Contrôle des homonymes

Formes attestées et Combe-Garissade

Les variations dominantes sont le doublement du r et du s, l'ajout d'un u après le G, et l'emploi de l'article : « la Garissade ». Gaprissade, certain dans le cadastre numérique actuel, apparaît avec réserve dans un acte très endommagé de 1684 — c'est, à ce stade, la seule attestation ancienne de cette forme précise. En 1867, l'annonce distingue Combe-Garissade, Combal-Garissade et Combe-de-Garissade, des pièces de terre — la dernière forme se trouve notamment sur le territoire de Saint-Marcel — sans qu'elles désignent nécessairement le groupe de maisons. Gourgues, en 1873, mentionne « Combe-Garissade », lieu-dit de Saint-Félix, avec le renvoi « A. Jud. », aux annonces judiciaires ; on ne peut affirmer qu'il s'agit précisément de l'annonce retrouvée ici, mais elle appartient au type de sources qu'il consultait.

Extrait imprimé du dictionnaire de Gourgues, 1873 : entrée Combe-Garissade, lieu-dit de la commune de Saint-Félix-de-Villadeix, renvoi aux annonces judiciaires.
Gourgues, 1873, p. 82. « Combe-Garissade », sans date ancienne.
Liste manuscrite des villages de la commune dans la notice du chanoine Brugière, vers 1884 : ligne Garrissade, une maison.
Brugière, notice manuscrite, v. 1884, p. 3. « Garrissade », une maison ; la direction « ON » écrite dans le tableau est incompatible avec la position réelle, à l'est-nord-est du bourg. Direction erronée dans la source
1668–1792Laboureurs et Lambert

6 juillet 1670 : un ménage de laboureurs, « habitans de garrissade »

Le curé baptise ce jour-là Denis Gourci, âgé de douze jours, fils de Guilhem Gourci, laboureur, et de Gabrielle Martin : c'est la première attestation du lieu actuellement retrouvée dans les registres, après lecture des trois registres paroissiaux de la commune (1668-1792). Elle prouve un ménage installé, pas l'âge de la maison. L'acte écrit « Gourci » (et non « Gouvei ») ; « Gourei » reste une variante possible de la dernière lettre. Lu sur l'original

Acte de baptême manuscrit du 6 juillet 1670 : Denis, fils de Guilhem Gourci, laboureur, et Gabrielle Martin, habitants de garrissade.
AD24, 5 E 409/1, vue 125. « …aagé de douze jours, fils de Guilhem [Gourci] laboureur et de Gabrielle Martin ses père et mère, habitans de garrissade. »

Le 16 janvier 1674, Marie Gourdy [?], fille de Guillaume, laboureur à Garrissade, épouse un laboureur de Cambiron, paroisse (ancêtre de la commune) de Sainte-Foy-de-Longas : l'alliance met déjà le lieu en relation avec une paroisse voisine. En 1681, l'acte montre une situation domestique nette : le 30 mai, le curé baptise Marie Goursi, née d'un « illegitime mariage », et qualifie sa mère Marguerite Fayolle de « servante dudit Goursi ». Le passage ne renseigne pas les circonstances de la relation, mais le passage est lisible sur l'image. L'acte écrit « Goursi » (et non « Goussi ») ; avec « Gourci » en 1670, il s'agit probablement de la même famille. Lu sur l'original

Acte de baptême manuscrit du 30 mai 1681 : Marie, fille illégitime de Guilhen Goursi et de sa servante Marguerite Fayolle, à Garissade.
AD24, 5 E 409/2, vue 26. 30 mai 1681 : « illegitime mariage » ; Marguerite Fayolle dite servante du père.

Les Lambert, plusieurs noyaux distincts

En mars 1738 (le jour a été emporté par une déchirure du registre), Martial Lambert et Marie Fardes ont un fils, Arnaud, à la Garissade. Le couple reparaît aux baptêmes de Léonard en 1746 et de Pierre en 1750. Un autre Lambert, Jean, épouse en 1754 Françoise Rougier, de Croucherie ; le baptême de leur fils Pierre, le 7 août 1758, porte en surcharge le prénom du père, remplacé par « Arnaud » — une divergence bien visible sur l'image. Lu sur l'original

Acte de baptême manuscrit, mars 1738 : Arnaud, fils de Martial Lambert et Marie Fardes, à la Garissade, avec un bord de page déchiré.
AD24, 5 E 409/2, vue 387. Mars 1738 ; le bord déchiré a emporté le quantième.
Acte de sépulture manuscrit du 16 septembre 1763 : Martial Lambert, mort à Guarissade âgé d'environ soixante-dix ans, enterré dans l'église paroissiale.
AD24, 5 E 409/3, vue 236. 16 septembre 1763 (l'acte écrit « 16 7bre », c'est-à-dire septembre : le curé trace le 7 comme dans « 1763 », et les actes de la page se suivent du 4 au 19 septembre ; une lecture ancienne donnait novembre) : Martial Lambert, décédé à Guarissade vers 70 ans, est enterré dans l'église — un privilège qui distingue sa sépulture, sans établir ni noblesse ni propriété de la métairie.

Les années 1768-1790 ajoutent Langlade, Coulaud, Telliet, Taurel, Gauvet, Lavergne/Lauvergne et Campagniat, sans qu'une généalogie unique se dégage de ces homonymies et prénoms répétés. Ce que les registres établissent avec sûreté, c'est un peuplement continu de laboureurs entre 1670 et la Révolution, jamais rattaché ici à un titre seigneurial. 51 relevés paroissiaux, 1668-1792

1793–1866Malet et Marchandou

Un métayer nommé, une ascension sociale, trois générations Marchandou

Mathieu Valeton, environ quarante ans, est expressément qualifié de métayer (cultivateur qui partage la récolte avec le propriétaire) lors de son décès à Garissade, le 27 décembre 1813, déclaré le lendemain — un acte retrouvé dans les deux collections de l'état civil, deux exemplaires d'un seul et même décès. Lu sur l'original

Acte de décès manuscrit du 28 décembre 1813 : Mathieu Valeton, métayer, décédé à Garrissade.
AD24, 5 E 409/6, naissances, mariages, décès 1814, vue 20. « …Mathieu Valeton, métayer… »

Le 27 juin 1810 naît à Garrissade Pierre Malet, fils de Pierre Malet et Marguerite Guilhem. Le 10 mai 1837, ce même Pierre, vingt-six ans, né au village de Garrissade et devenu propriétaire cultivateur domicilié à Saint-Marcel, épouse Sophie-Justine Lambert, des Granges, fille d'un ancien chirurgien : l'acte cite explicitement sa naissance de 1810, ce qui établit la continuité entre les deux actes. Il sera ensuite maire, aux Granges, dans les années 1860-1870. Continuité établie par l'acte lui-même

Acte de naissance manuscrit du 27 juin 1810 : Pierre Malet, fils de Pierre Malet et Marguerite Guilhem, né à Garrissade.
AD24, 5 E 409/5, naissances, mariages, décès 1810, vue 7. 27 juin 1810.
Acte de mariage manuscrit du 10 mai 1837 : Pierre Malet, propriétaire cultivateur né à Garrissade, et Sophie-Justine Lambert, des Granges.
AD24, 5 E 409/8, mariages 1837, vue 5. 10 mai 1837 : « propriétaire cultivateur ».

Un autre Malet, Jean, né au bourg en 1813, pourrait être apparenté à ce ménage ; c'est précisément un Jean Malet jeune, ancien boulanger et cafetier à Vergt, que l'annonce de 1867 désignera comme propriétaire de toute la métairie de Garissade — sans que le dossier puisse encore prouver le lien de fratrie entre les deux Jean. Identification à établir par les matrices cadastrales (registres des propriétaires)

Les Marchandou : Pierre, Jean, Marie

Pierre Marchandou, travailleur de terre, épouse en 1808 à La Valette Isabeau Desplat ; leur fils Jean naît là en 1809. Le ménage est attesté à Garissade au plus tard le 30 juillet 1832, au décès d'Izabeaud [?] Duplot, épouse de Pierre — une lecture conservée telle quelle, son identification à l'Isabeau Desplat des autres actes restant une hypothèse très probable, non une transcription littérale.

Acte de décès manuscrit du 30 juillet 1832 : Izabeaud Duplot, épouse de Pierre Marchandou, décédée à Garissade.
AD24, 5 E 409/7, décès 1832, vue 9, acte 13. 30 juillet 1832.

Jean Marchandou et Jeanne Bonpontet tiennent Garissade de 1836 à 1866 au moins, avec plusieurs enfants dont certains meurent en bas âge. En 1851, le recensement le qualifie de « propriétaire métayer » — une double qualification qui interdit de décrire sans réserve les Marchandou comme propriétaires de toute la métairie, sans pour autant identifier ici la parcelle qui aurait été la leur. Explication de la mention, non démontrée

Ligne du recensement de 1851 : Jean Marchandou, propriétaire métayer, à Garrissade, cinq personnes.
AD24, 6 MI 56, recensement de 1851, p. 20. « propriétaire métayer ».

Le 19 juin 1862, Marie Marchandou, née et domiciliée à Garrissade, épouse Jérôme Tabouy, des Cazernes, commune de Sainte-Foy-de-Longas. Lu sur l'original

Acte de mariage manuscrit du 19 juin 1862 : Jérôme Tabouy et Marie Marchandou, née et domiciliée à Garrissade.
AD24, 5 E 409/10, mariages 1862, vue 4. 19 juin 1862.

La famille n'est pas figée sur place : le 25 février 1885, Jean Marchandou, soixante-quinze ans, né à Lavalette, veuf de Jeanne Bonpontet, meurt à Berthier — un parcours documenté entre La Valette, Garissade et Berthier, en trois actes d'état civil espacés de plus de soixante-quinze ans.

Acte de décès manuscrit du 25 février 1885 : Jean Marchandou, né à Lavalette, veuf de Jeanne Bonpontet, décédé à Berthier.
AD24, 5 E 409/13, décès 1885, vue 2, acte 2. 25 février 1885.
18 mai 1867Une métairie décrite parcelle par parcelle

La faillite d'un boulanger de Vergt met Garissade aux enchères

C'est la source foncière la plus précise du dossier, lue intégralement sur les cinq colonnes de l'image, superficies et numéros compris. Guillaume Baffet, praticien (homme de loi) à Périgueux, agit comme syndic de l'union des créanciers de la faillite de Jean Malet jeune, ancien boulanger et cafetier de Vergt. L'annonce cite un jugement commercial du 26 décembre 1866, puis un jugement du tribunal civil de Périgueux du 13 avril 1867 ordonnant la vente ; le cahier des charges est déposé le 29 avril chez Jules Larobertie, notaire à Saint-Alvère. L'adjudication en un seul lot est annoncée au 2 juin 1867, à midi, sur une mise à prix de 8 000 francs — sans que le dossier sache si un adjudicataire s'est présenté. Lu sur l'original

Première colonne de l'annonce judiciaire du 18 mai 1867 dans L'Écho de la Dordogne : procédure de faillite, syndic Guillaume Baffet, description des bâtiments de la métairie de Garissade.
L'Écho de la Dordogne, 18 mai 1867, p. 4, colonne 1. Procédure et bâtiments.

Tous les biens appartiennent à Jean Malet ; la métairie est exploitée par Vergnou, sans prénom, colon partiaire — le journal ne précise pas la fraction de récolte due au propriétaire. Une paire de bœufs, des brebis, une charrette et quelques outils aratoires accompagnent la vente. Les six premiers articles énumèrent la maison du colon, une grange avec étable à bœufs, des étables à brebis et un fournil, une chambre basse pour les récoltes, la cour et l'aire, le jardin — portés collectivement aux numéros cadastraux C 461, 463, 464 et 465. C 462 n'est pas cité, bien qu'il figure dans le noyau bâti dessiné en 1824. Lu sur l'original

Deuxième colonne de l'annonce judiciaire du 18 mai 1867 : liste des parcelles de terres, friches, taillis et noyers à Saint-Félix-de-Villadeix.
Même annonce, colonne 2. Parcelles de Saint-Félix : labours, friches, taillis de chênes, le noyerier de C 440, la vigne du Plantou (C 414).

La désignation compte 60 articles en tout (1 à 59, plus un 11 bis) : dix-neuf hectares et demi environ à Saint-Félix, huit et un tiers à Saint-Marcel, moins d'un hectare de châtaigneraie à Liorac — soit 28,65 ha au total, hors la cour, l'aire et le jardin des six premiers articles, non mesurés dans l'annonce. Total calculé d'après l'annonce

Les noms de terres relevés — Derrière-la-Grange, Combe-Garissade, Combal-Garissade, Queyrou-du-Pech, Coulure, Cazal, Vigne-Perdue, Plantou, Combette, Rebeyrole, Pré-de-Borrié, Dessous-du-Pont, Forêt, puis l'Échine-de-l'Âne et Combe-de-Garissade à Saint-Marcel, Croix-de-Bastabrique à Liorac — ne sont pas tous identifiables dans le répertoire des lieux-dits ; plusieurs restent des orthographes isolées. Sept parcelles de Saint-Marcel figurent encore à la matrice sous Marguerite Guilhem, veuve Malet, alors que l'annonce présente l'ensemble comme propriété de Jean : une situation cadastrale antérieure, dont le mécanisme de transmission n'est pas donné ici. Chaîne de propriété incomplète

Cinquième colonne de l'annonce judiciaire du 18 mai 1867 : parcelles de Saint-Marcel et de Liorac, cheptel du colon, conditions de l'adjudication du 2 juin à midi.
Même annonce, colonne 5. Fin des terres de Saint-Marcel et de Liorac, cheptel, conditions de l'adjudication.
1824–2024Le bâti

Deux ensembles dessinés en 1824, encore reconnaissables aujourd'hui

La feuille C2 du cadastre de 1824 (le premier plan cadastral, dit cadastre napoléonien) dessine le noyau « Garrissade » à l'ouest du chemin nord-sud : au nord, un rectangle d'environ 17 × 9 m associé au n° 464 ; quarante mètres plus au sud, un corps allongé d'environ 8 × 16 m portant le n° 462, avec un renvoi 461 et une petite annexe à l'ouest. Les numéros 463 et 465 désignent les abords. Le tableau d'assemblage individualise trois à quatre petits corps — une subdivision du corps méridional pourrait l'expliquer, sans que ce soit démontré. Lu sur le plan

Extrait du plan cadastral de 1824, feuille C2 : deux ensembles bâtis à l'ouest du chemin nord-sud, numéros de parcelles 461 à 465.
AD24, 3 P 3 4622, section C2, 1824. Deux ensembles bâtis et leurs abords.
Tableau d'assemblage cadastral de 1824 : localisation de Garrissade près de la limite de la commune de Saint-Marcel.
AD24, 3 P 3 4616, tableau d'assemblage, 1824. Garrissade, près de la limite de Saint-Marcel.

L'annonce de 1867 apporte les usages que le plan seul ne donne pas — logement du colon, stockage, étables, fournil, aire, cour, jardin — mais leur correspondance exacte avec les corps dessinés reste à établir : C 462 manque à la désignation de vente, et les quatre autres numéros sont cités en bloc. Aucun château, moulin ou bâtiment religieux n'est indiqué à Garissade sur la feuille de 1824. Légende des bâtiments à confirmer par la matrice

Sur l'orthophotographie récente, deux ensembles principaux restent reconnaissables dans la même implantation, entourés de cultures, de prairies et de lisières boisées ; le cadastre numérique et la BD TOPO comptent aujourd'hui cinq bâtiments en dur dans le polygone GAPRISSADE, pour environ 445 m² d'emprise au sol. Une permanence d'emprise depuis deux siècles ne prouve pas une permanence de toute la maçonnerie : seule une visite du bâti, confrontée aux matrices, pourrait le dire. Continuité d'emprise, pas de datation du bâti

1836–1946De quatre maisons à une seule

Un écart qui se resserre, puis se maintient à un seul foyer

Les recensements comptent les personnes rattachées au nom de Garissade dans chaque relevé, non les exploitants de toutes les parcelles du domaine de 1867. Le nombre de maisons monte à quatre en 1856, sept habitants, avant de retomber à une seule maison dès 1876 et de s'y maintenir jusqu'au milieu du XXe siècle — sans qu'aucune démolition ne soit démontrée par ces seuls chiffres : les années 1886, 1896, 1906 et 1911 manquent aux registres consultés, et l'absence d'une ligne ne signifie pas zéro habitant. Série de recensements, limites signalées

Page du recensement de 1856 : Garrissade, sept habitants répartis en quatre maisons et ménages, dont une couturière.
AD24, 6 MI 72, recensement de 1856, p. 14. Quatre maisons, sept habitants — le maximum de la série.
AnnéeMaisonsPersonnesSource
184126« maison isolée » — 6 MI 22, p. 4
1846276 MI 34, p. 11
1856476 MI 72, p. 14
1866246 MI 96, p. 11 — Jérôme Taboury, gendre de Jean Marchandou
1876156 MI 118, p. 10
1901136 MI 161, p. 9 — deux domestiques et une fillette
1921116 M 358, p. 4 — Pierre Chauvat, seul
194614106 W 71, p. 1

En 1921, Pierre Chauvat, né aux Eyzies en 1844, habite seul une maison à Garissade, sa profession portée « néant » ; il l'est encore en 1926 — un minimum documenté de population, non l'abandon du lieu. Lu sur l'original

Ligne du recensement de 1921 : Pierre Chauvat, né en 1844 aux Eyzies, seul habitant de Garissade, profession néant.
AD24, 6 M 358, recensement de 1921, p. 4. Un seul habitant.

En 1907, le mariage de Marie Malaure avec Pierre Carbonnel donne ses parents, Jean Malaure et Jeanne Bernardie, comme « propriétaires cultivateurs domiciliés à Garrissade » — sans date d'achat ni superficie, donc sans preuve qu'ils possèdent tout le domaine vendu en 1867. Propriétaires résidents, étendue de la propriété inconnue

Acte de mariage manuscrit du 20 avril 1907 : Jean Malaure et Jeanne Bernardie, propriétaires cultivateurs domiciliés à Garrissade.
AD24, 5 E 409/15, mariages 1907, vue 3. 20 avril 1907 : « propriétaires cultivateurs ».
Aujourd'huiUn lieu-dit toujours cultivé

Noyers et prairies dans le polygone GAPRISSADE

Le lieu demeure porté comme lieu-dit habité « Garissade » dans la BD TOPO ; le cadastre numérique emploie GAPRISSADE. Les cultures déclarées au registre parcellaire graphique 2024 comprennent 5,57 ha de noix, 5,40 ha de prairie permanente, 0,85 ha de prairie temporaire et 0,12 ha de jachère — la coexistence de noyers et de prairies rappelle des productions déjà documentées en 1867, sans prouver une continuité des plantations ou des baux. Le plan local d'urbanisme approuvé le 26 novembre 2024 place le noyau au zonage agricole, et environ 8,63 ha du polygone intersectent la ZNIEFF de type I des coteaux xérothermiques de Sainte-Foy-de-Longas. Un établissement agricole individuel domicilié « GARRISSADE » a existé, sans exploitant nommé ici, du 1er décembre 1987 au 31 décembre 2000. Données géographiques et administratives, septembre 2026

Et maintenantOù chercher

Ce que seules les matrices et les minutes de Sainte-Alvère peuvent dire

L'histoire des habitants de Garissade est beaucoup plus fournie que celle de ses titres fonciers. La chaîne de propriété reste ouverte avant Jean Malet, après la vente annoncée de 1867, et entre les propriétaires cultivateurs de 1907 et le présent ; il n'est pas possible de remplacer ces titres manquants par la seule succession des noms dans les recensements.

À consulter en salle

  • 3 E 21723
    3 E 21717

    Minutes et répertoire du notaire Jules Larobertie, Sainte-Alvère, 1867 (chercher le 29 avril et le 2 juin) et 1862-1899 : cahier des charges, origine de propriété, procès-verbal d'adjudication éventuel, acquéreur et prix.

  • 63 P 1716

    État de sections A-E de Saint-Félix : propriétaires, natures et contenances des anciens C 461 à 465, et en particulier la fonction du C 462 absent de la vente de 1867.

  • 63 P 704
    63 P 2192

    Matrices des propriétés bâties et non bâties, 1826 et 1882 : comptes Malet/Guilhem et Marchandou, entrées et sorties jusqu'à la vente, puis après 1867.

  • 63 P 1547/1-3

    Matrices du XXe siècle, non bâti (1914-1955) et bâti (1910-1955) : chaîne parcellaire, constructions et démolitions jusqu'aux Armandie du recensement de 1936.

  • Saint-Marcel
    Liorac

    Minutes et matrices de ces communes pour les anciens A 324-341 et B 554 : origine des biens de Marguerite Guilhem veuve Malet, cotes à identifier.

  • Trib. Périgueux

    Jugement commercial du 26 décembre 1866 (faillite Jean Malet jeune) et jugement civil du 13 avril 1867 : dossier de créanciers et généalogie du failli ; cotes exactes non retrouvées dans le repérage en ligne.

  • Hypothèques

    Transcription de la vente et formalités des mois suivant juin 1867, pour vérifier la mutation effectivement réalisée.