Dossier d'archives · Dordogne
À l'est du bourg, le Tertre du Pigeon borde le coteau au-dessus de la Louyre. Le plan de 1824 y dessine des terres sans inscrire leur nom ; celui mis à jour pour 1956 les nomme enfin. Des souterrains sont signalés sous ce nom de lieu par la littérature locale, mais leur histoire reste à vérifier dans les publications originales. Les cartes permettent déjà de suivre le passage d'un secteur sans bâtiment dessiné à un paysage de champs, d'arbres et de quelques constructions.
Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix
Le périmètre cadastral s'étire au nord du chemin de Garissade, immédiatement à l'est du bourg. La Louyre coule plus bas, au sud ; le Moulin Bessou est au-delà. Le contour actuel couvre environ 5,78 hectares, calculés sur la géométrie DGFiP/Etalab consultée le 29 septembre 2026. L'altitude de 127 mètres concerne le point de repère du lieu-dit, mesuré par le service IGN RGE ALTI : elle ne désigne pas un sommet. Données géographiques
Tertre désigne en français une petite hauteur, souvent aplatie au sommet : c'est le sens donné par le Trésor de la langue française. Le relief visible rend cette lecture topographique plausible. Aucune forme occitane ancienne du nom n'a été retrouvée ; en restituer une serait prématuré. Quant au Pigeon, son origine locale demeure inconnue. Le nom seul ne permet de choisir entre un souvenir d'oiseaux, d'élevage ou de personne. Origine non établie
Un petit objet circulaire du secteur oriental est classé « Tour, donjon » dans la BD TOPO de l'IGN. Cette catégorie technique, sans date ni fonction historique renseignée, ne prouve ni pigeonnier ancien ni ouvrage défensif. Son rapport éventuel au nom demande une observation et une documentation propres.
Sur la feuille C1 de 1824, le secteur correspondant ne porte ni « Tertre du Pigeon » ni bâtiment. Le géomètre a dessiné des terres de tailles inégales, quelques bandes étroites et des passages pointillés. Au bord du chemin qui domine la rivière, les numéros 235 à 240 offrent des repères ; 287 et 288 sont de l'autre côté. Le semis de points ne suffit pas à décider s'il s'agit de friche, de talus ou d'une autre nature de sol : l'état de sections (le registre qui décrit chaque parcelle) doit donner la réponse. Lu sur le plan
Le contraste avec la réédition mise à jour pour 1956 est net : « LE TERTRE DU PIGEON » traverse alors le parcellaire. Autour du libellé se lisent les numéros 213 à 228, sans masse bâtie. Le cartouche précise que la feuille a été dressée en 1824, puis mise à jour pour 1956. La mention du nom appartient au second document ; on ne peut la faire remonter au premier. C'est sa plus ancienne attestation connue. Nom lu sur le plan
Les extraits de Cassini et d'État-major consultés ne nomment pas le lieu. Aucun acte attribuable au Tertre du Pigeon n'est ressorti des recherches dans les relevés des registres paroissiaux et de l'état civil disponibles ; le relevé des sources ne fournit pas non plus de ménage recensé sous ce nom. Ce sont des résultats négatifs de ces relevés, pas la preuve d'un lieu toujours inhabité. Portée limitée
L'index de Gourgues ne livre aucune entrée pour le Pigeon. Son « Tertre des Coutelières », lu à la page 90 de l'édition de 1873, concerne une friche de section D, n° 396. Rien ne permet de l'assimiler à ce lieu de section C.
Le site Liorac.info cite les souterrains du Tertre du Pigeon parmi les refuges médiévaux décrits par S. Avrilleau dans Cluzeaux et souterrains du Périgord (2004). Wikipédia, renvoyant à S. Noël et L. Stevens (2022, p. 333), parle au singulier d'un souterrain sous un promontoire qualifié d'oppidum. Sources indirectes
Les deux livres n'ont pas été consultés directement. Le nombre des cavités, leur plan, leur datation et la justification du mot oppidum restent donc à contrôler. Les dates de 2004 et 2022 sont celles des ouvrages cités, aucune n'est une date de découverte ou de creusement établie ici.
L'inventaire BRGM fournit un autre repère : le « CLUZEAU DE SAINT FELIX », identifiant AQIAA0006772, classé ouvrage civil, est positionné à environ 170 mètres au nord-nord-ouest du point de repère du lieu-dit, hors du périmètre cadastral actuel. Le rapprochement est possible ; les coordonnées et le nom générique ne suffisent pas à identifier les deux sites. Rapprochement à vérifier
La première couverture aérienne montre un coteau largement ouvert, parcouru de limites et piqueté d'arbres. La seconde montre déjà les constructions du secteur sud-ouest, au-dessus du chemin. Sur l'orthophotographie récente (photo aérienne), les haies et les bois occupent davantage de place, particulièrement au nord et à l'est du cadre. Des espaces ouverts subsistent dans le périmètre. Images comparées
L'adresse contemporaine est rattachée au chemin de Garissade. Le cadastre représente du bâti à cette extrémité du lieu-dit ; la BD TOPO renseigne un bâtiment résidentiel. Sa date indicative d'apparition, 1972, n'est pas retenue comme une date de construction démontrée. L'absence de ménages dans les relevés anciens ne décrit donc pas la situation actuelle.
Le 24 novembre 2020, le conseil communautaire des Bastides Dordogne-Périgord décide d'étendre le droit de préemption pour un projet économique et agricole destiné à accueillir plusieurs familles. Parmi les propriétés non bâties figurent C 215, C 218 et C 219, « Le Tertre du Pigeon ». La décision prévoit aussi la délégation de l'exercice de ce droit au maire. Elle atteste l'inclusion de ces terres dans le dispositif, sans prouver une acquisition ni la réalisation du projet. Compte rendu, p. 12–13. Lu sur le document
| Date | Source et niveau | Ce qu'elle apporte |
|---|---|---|
| 1824 | AD24, 3 P 3 4621 | Secteur sans nom ni bâtiment dessiné ; parcellaire et chemins. |
| Pour 1956 | AD24, 3 P 3 11288 | LE TERTRE DU PIGEON ; aucune masse bâtie dans le secteur du libellé. |
| 2004 · 2022 | Ouvrages cités par des sites · indirect | Signalements de souterrains ; ancienneté et identification à documenter. |
| 24 nov. 2020 | Conseil communautaire, p. 12–13 | C 215, C 218 et C 219 incluses dans une décision de préemption. |
| Relevé 2026 | DGFiP/Etalab, IGN · données et images | Nom cadastral maintenu, environ 5,78 ha, du bâti au sud-ouest. |
État de sections et matrice de 1826 : retrouver les noms et natures des parcelles du coteau, leurs propriétaires historiques et une éventuelle attestation du Tertre antérieure au plan de 1956. Partir notamment de C 235–240 de l'ancien plan.
Matrices non bâties et bâties, avec la table de concordance de la rénovation cadastrale : suivre les mutations et dater l'apparition des constructions. Ne pas confondre les numéros de 1824 avec ceux de 1956.
Lire les notices et les plans originaux, notamment la page 333 du second ouvrage. Vérifier le nombre de cavités, la chronologie proposée et le fondement de l'attribution à un oppidum.
Demander les références du dossier archéologique et la fiche détaillée du cluzeau de Saint-Félix ; vérifier sa correspondance avec le Tertre du Pigeon. Cote archéologique précise non établie.
Consulter le dossier du projet, ses plans et les suites de la délibération pour connaître le devenir des trois parcelles citées.