Dossier d'archives · Dordogne
Une boucle d’écriture a très probablement fait croire à un lieu disparu nommé Laindarie. Le 29 août 1683, le baptême d’une petite Lambert mentionne la femme du « petit Arnoul », d’un lieu d’abord déchiffré « Laindarie ». Le gros plan conduit à lire « laimarie », et les actes du couple ramènent à Leymarie. Cette notice conserve les preuves de la correction et la réserve qui l’accompagne.
Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix
Margueritte Lambert est née la veille. Ses parents, Pierre Lambert, laboureur (cultivateur), et Marie Desplats, habitent le « village de la pouleilhie ». Le parrain, François Lambert, vient de Rouna, écrit ici « rounec ». Puis le curé présente la marraine : Margueritte Desplats, femme du « petit Arnoul ». C’est son domicile qui a fait croire à un lieu disparu nommé Laindarie. Lu sur l’original
« marraine Margueritte desplats / femme du petit Arnoul Laboureur ht du village de laimarie de cette parroisse » 5 E 409/2, v. 83 droite · / = changement de ligne ; ht = habitant · « laimarie » : lecture corrigée très probable.
Les mots « village » et « de cette parroisse » sont nets. Le texte rattache le laboureur à un habitat de Saint-Félix ; il ne décrit pas simplement un bois ou des terres. Il ne compte ni maisons ni habitants et ne dit pas que cet homme est propriétaire.
Estienne Chort, laboureur de Rouna, et Martial Lambert, « hoste » de La Pouleille, sont témoins. Parrain, marraine et témoins déclarent ne pas savoir signer ; le curé Jean de Baget signe. Le prénom du « petit Arnoul » manque dans cet acte. Marie et Margueritte Desplats portent le même nom de famille, sans parenté précisée. Ces relations ne situent pas un village entre Rouna et La Pouleille.
Il faut conserver les deux lignes dans le gros plan. La grande boucle au milieu du nom de lieu descend du g de « Margueritte », juste au-dessus. La compter comme une lettre du village conduit à créer un « d ». Les petits jambages qui suivent « lai » se lisent bien mieux comme un m, comparable à ceux de « marraine » et de « mere » sur la page.
L’acte se lit « laimarie », forme attendue « Leymarie ». Une boucle venue de la ligne du dessus avait fait lire un « d » dans l’ancien index ; la lecture corrigée reste très probable, et « Laindarie » n’est conservé que pour expliquer cette correction, pas comme lieu disparu distinct. Très probable
L’acte suivant, du 4 septembre 1683, fournit le contrôle le plus proche : « laimarie » au début, « laymarie » quelques lignes plus bas. Même page, mêmes formes de lettres. La double prise de la vue 84 montre aussi le chevauchement ; elle ne constitue pas une nouvelle attestation.
Aucune étymologie propre à « Laindarie » n’est retenue : expliquer par l’occitan une forme probablement née d’une erreur de lecture serait prématuré. Le rapprochement avec Leymarie repose sur l’écriture et les personnes. Il ne donne pas, à lui seul, l’étymologie de Leymarie.
Les recherches ont conduit à quatre actes supplémentaires, lus sur les images. Ils placent le couple Arnoul–Desplats à Leymarie avant et après le baptême. L’un d’eux donne précisément le surnom « petit ». Ce sont des preuves de comparaison, pas quatre mentions nouvelles de Laindarie.
| Date | Personnes et domicile | Source et preuve |
|---|---|---|
| 18 nov. 1680 | Margueritte Desplatz, femme d’Elie Arnoul, marraine ; « Laymarie ». | Lu sur l’original : 5 E 409/1, v. 492 droite. |
| 23 août 1682 | Jeanne Arnoul, fille d’Elies Arnoul, laboureur, et de Margueritte Desplatz ; « Leymarie ». | Lu sur l’original : 5 E 409/2, v. 54 gauche. |
| 7 oct. 1684 | « Elie arnoul dit petit », laboureur, témoin d’un mariage ; « Laymarie ». | Lu sur l’original : 5 E 409/2, v. 121 gauche, double de v. 120. |
| 25 mars 1685 | Pierre Arnoul, fils d’Elie Arnoul, laboureur, et de Margueritte Desplas ; « Laymarie ». | Lu sur l’original : 5 E 409/2, v. 135 droite. |
Le nom de l’épouse, le métier et le surnom du mari convergent. Le « petit Arnoul » de 1683 est très probablement Élie Arnoul de Leymarie. Cette concordance renforce la lecture du nom ; prise seule, elle n’aurait pas exclu un changement temporaire de domicile. Identification très probable
Le tableau d’assemblage de 1824 nomme Leymarie près de Lavalette (3 P 3 4616). La feuille E1, 3 P 3 4625, porte « Leymarie. » à côté de bâtiments teintés en carmin, de part et d’autre d’un chemin. Le nom et les emprises sont lus sur le plan. Rien n’autorise à désigner l’une de ces constructions comme la maison des Arnoul de 1683. Lu sur le plan
La recherche dans les treize documents cadastraux disponibles — onze documents de 1824 et deux de 1956 — ne retrouve pas « Laindarie » ni les variantes proches interrogées. Les matrices elles-mêmes n’ont pas été lues en entier. La carte IGN conservée dans le projet affiche également Leymarie.
La recherche du nom dans les 47 relevés de registres paroissiaux et les 94 relevés d’état civil établis pour cette étude ne retrouve que l’entrée litigieuse. Aucune correspondance dans les 104 entrées du dictionnaire de Gourgues consultées. Ces absences concernent les relevés disponibles et restent tributaires de leurs lectures.
Il n’existe donc, dans les pièces réunies ici, aucune preuve positive d’un habitat autonome « Laindarie », ni aucune date de disparition. La mention de 1683 est à rapprocher de Leymarie en conservant la réserve paléographique. L’ancien intitulé demeure pour rendre la correction vérifiable.
Examiner matériellement le chevauchement de 1683, si la consultation est autorisée. Rechercher un éventuel autre exemplaire annuel : sa conservation n’est pas établie.
État de sections A à E : tester l’existence d’un nom de lieu très local proche dans les désignations de parcelles, sans présumer qu’il existe ni le localiser d’avance.
Matrice cadastrale (registre des propriétés) : accompagner la recherche de parcelles à Leymarie. Aucune continuité avec les biens du couple de 1683 n’est présumée.
Rechercher un bail, contrat ou partage d’Élie Arnoul dit Petit et Margueritte Desplats, donnant domicile et confronts. Aucune minute précise n’est localisée.
Les cotes cadastrales viennent de l’inventaire ; leur contenu n’a pas été consulté en salle.