Dossier d'archives · Dordogne
Entre Les Quatre Mailles et Le Placial, Les Salignas dessinent une longue bande de terres aujourd'hui largement boisées. Le cadastre y conserve un nom, sans maison. Un « Salignac » cité pour 1651 et des titres portés en 1670 pourraient en éclairer l'histoire, mais le lien reste à établir. Les plans, eux, permettent de suivre le terrain depuis 1824 et de lire sûrement son nom sur la réédition de 1956.
Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix
À l'est des Quatre Mailles et au sud-ouest du Placial, le contour cadastral des Salignas s'allonge du nord vers le sud, entre des espaces ouverts et le massif boisé. Les maisons visibles autour appartiennent au voisinage : aucun bâtiment cadastré ne recoupe ce contour dans les données cadastrales consultées. Le lieu comprend onze parcelles, C 296 à C 306, pour une surface géométrique d'environ 10,58 hectares. Données cadastrales
L'altitude donnée en tête — environ 138 mètres — est celle du seul point de repère du lieu-dit, calculée par le service altimétrique de l'IGN. Elle ne décrit pas tout le versant. Aucun ménage n'est rattaché aux Salignas dans le relevé des recensements disponible ; cette absence de rubrique ne vaut pas dénombrement historique d'une population nulle.
La piste la plus ancienne tient en deux lignes. À la page 307 de son Dictionnaire topographique de la Dordogne, paru en 1873, Gourgues imprime :
« Salignac, h. cne de Saint-Félix-la-Linde. — 1651 (Acte not.). »Gourgues, p. 307 — Gallica, bpt6k39292s, vue 400 .
La commune indiquée et la proximité des formes rendent le rapprochement avec Les Salignas plausible. Elles ne suffisent pas à situer ce Salignac dans les onze parcelles actuelles. L'abréviation h., pour « hameau », appartient à la notice de Gourgues : elle ne prouve pas qu'une agglomération disparue occupait ce bois. Source de seconde main
Le 23 janvier 1670, un mariage de Saint-Félix donne à Anne (de Rochon) le titre de « damoyselle dite à Signac ». Elle épouse Pierre Favareille — nom normalisé d'après Saint-Saud — et l'acte situe sa famille au « village de La polelhie », La Pouleille. C'est un titre personnel, distinct du domicile. En septembre de la même année, un parrain signe un titre proche, mais sur une page très tachée où la lecture n'est plus tranchable. Aucun de ces actes ne décrit la terre dont le titre serait tiré. Forme corrigée sur les originaux
Saint-Saud, qui identifie l'épouse comme Anne de Rochon, écrit en 1942 qu'elle se maria à « 10 ans (sic) » ; le registre porte « 19 ans ou environ », chiffre lisible sur l'extrait. De même, on avait lu « damoiselle de Salignac » : à la lecture, il n'y a qu'un seul trait vertical entre le « a » et « ignac », ce qui donne « Signac ». Cela ne résout pas la localisation du lieu ni ne dit s'il s'agit du même nom que le Salignac de Gourgues (1651).
On ne dispose pas ici d'une étymologie occitane établie. Il faudrait d'abord démontrer que Salignac et Les Salignas sont bien deux états du même nom. Le passage de la finale -ac à -as, comme l'apparition de l'article pluriel, n'est documenté par aucune forme intermédiaire attestée. Les titres de 1670 ouvrent une recherche foncière ; ils ne permettent encore ni traduction sûre du nom de lieu ni attribution du terrain aux Rochon. Sens non établi
Le premier cadastre (plan cadastral de 1824), dont le tableau d'assemblage porte la date d'achèvement du 10 août 1824, montre le secteur sur la feuille C1, dite du Bourg. Au point de repère du lieu-dit se trouve le voisinage de la grande parcelle 134. Aucun nom « Salignas » ni bâtiment n'y est figuré. Les maisons des Quatre Mailles apparaissent plus à l'ouest. Lu sur le plan
Cette feuille dessine les limites, mais ne donne pas la nature fiscale de chaque terrain. On ne peut en tirer à elle seule un bois, une vigne ou une terre labourable. Les réponses sont dans l'état de sections et les matrices cadastrales (registres d'impôt foncier). L'absence d'une maison sur le plan ne permet pas davantage d'exclure toute occupation antérieure.
L'extrait de Cassini consulté ne nomme pas non plus Les Salignas. À son échelle et avec le décalage des cartes anciennes, ce silence renseigne surtout sur ce que le cartographe a choisi de représenter.
La réédition cadastrale de C1 apporte la preuve la plus nette du nom à cet emplacement. Son cartouche précise « Feuille dressée en 1824, mise à jour pour 1956 ». « LES SALIGNAS » s'étale sur les grandes parcelles 303 et 300, près des étroites bandes 302 et 301. Le dessin ne porte aucune emprise bâtie dans ce secteur. Nom localisé
| Date | Document | Ce qu'il établit |
|---|---|---|
| 1651 / 1873 | Gourgues, p. 307 | Un Salignac dans la commune ; acte de 1651 non retrouvé, identité avec Les Salignas incertaine. |
| 1670 | 5 E 409/1, v. 107–109, 131 | Une personne porte le titre Signac (et non « Salignac ») ; domicile déclaré ailleurs, à La Pouleille. |
| 1824 | 3 P 3 4621 | Au point approché : terres sans nom Salignas et sans bâtiment. |
| 1956 | 3 P 3 11288 | LES SALIGNAS, nom inscrit et localisé sur un secteur non bâti. |
| 2020 | Conseil communautaire, p. 12–13 | C 296 à C 301, propriétés non bâties incluses dans un périmètre de préemption. |
Les deux mosaïques aériennes anciennes de l'IGN montrent déjà un secteur boisé, bordé de champs et de prés. Des espaces plus clairs ponctuent le couvert ; le parcellaire ouvert du voisinage est plus morcelé que sur la photographie récente. La comparaison établit la présence du boisement à plusieurs moments, sans permettre d'en dater l'origine, les coupes ou les essences. Images comparées
Le conseil communautaire du 24 novembre 2020, pages 12–13, décide d'étendre le droit de préemption pour un projet de développement économique et agricole destiné à l'installation de plusieurs familles. Parmi les nombreux biens concernés, il énumère C 296, 297, 298, 299, 300 et 301, « Les Salignas », comme propriétés non bâties, puis autorise la délégation de ce droit au maire. Cette décision ne prouve ni une acquisition effectivement conclue ni l'implantation de logements aux Salignas. Lu sur la délibération
Aujourd'hui, les données cadastrales et l'image aérienne restent celles d'un lieu de terres et de bois. Pour écrire l'histoire de leur propriété ou de leur exploitation, il faut passer du nom sur le plan aux comptes cadastraux et aux actes.
État de sections A à E : commencer par la parcelle C 134 et ses voisines sur le plan de 1824. Relever les noms de quartiers, les natures de culture et les comptes de propriétaires ; vérifier où figurent Salignac ou Salignas.
Matrice de 1826 : suivre les biens identifiés, leurs mutations et divisions. C'est le moyen de relier l'ancien parcellaire aux onze parcelles actuelles.
Matrices non bâties de 1914–1955 : retrouver la chaîne des comptes jusqu'à la mise à jour de 1956 et chercher les pièces de correspondance des numéros.
Rechercher la pièce citée par Gourgues, à partir de ses papiers et des fonds notariaux pertinents. Il faut des confronts ou un plan pour localiser Salignac ; aucune cote précise de l'acte n'est acquise.
Examiner les suites du dossier foncier de 2020. Une annonce de vente de bois, publiée en août 2026 mais devenue inaccessible directement, fournit une piste supplémentaire à vérifier dans les délibérations et les actes.