Dossier d'archives · Dordogne

Les Brandes
en Villadeix

Neuf hectares de coteau aujourd'hui boisés, au sud-est de Caveroussie : les Brandes ont une histoire de terres que les cartes laissent entrevoir. Le cadastre napoléonien (plan cadastral de 1824) y dessine des parcelles sans maison. Le nom évoque les bruyères, tandis que les photographies anciennes montrent un couvert végétal moins continu qu'aujourd'hui. Aucun habitant n'est sûrement rattaché à ce nom dans les documents consultés.

44,91643° N — 0,69273° E Saint-Félix-de-Villadeix (24405) Cadastre D 260–278 · ≈ 9,27 ha Altitude au point de repère ≈ 158 m
Relevé de septembre 2026LES BRANDESLieu-dit du cadastre numérique de Saint-Félix.
Relevé de septembre 2026les BrandesBois nommé par l'IGN ; point placé juste au-delà du périmètre cadastral.

Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix

Le siteUn coteau boisé

Une longue bande de terrain au-dessus du vallon

À environ 1,2 kilomètre au sud-est du bourg, le lieu-dit cadastral s'étire sur quelque 600 mètres du nord au sud. Le relief descend vers l'est et vers le vallon de Barbeyrol, au sud. Le point de repère du lieu-dit se trouve à environ 158 mètres d'altitude ; cette mesure ne vaut pas pour tout le versant. Cadastre · IGN

Le contour actuel réunit dix-neuf parcelles, D 260 à D 278, pour une surface géométrique d'environ 9,27 hectares. Aucun bâtiment n'y est dessiné dans l'extraction cadastrale examinée. La maison visible au nord-ouest de la photographie est extérieure au lieu-dit. Données du cadastre

Orthophotographie récente des Brandes : longue emprise boisée délimitée en rouge, avec une petite ouverture et des tracés sinueux dans sa partie sud-ouest.
IGN, orthophotographie (photo aérienne) récente. Contour du cadastre numérique ajouté en 2026 ; nord en haut. La date précise de prise de vue n'est pas fournie avec l'extrait local. Les lacets visibles dans la petite ouverture sont des aménagements dont l'usage n'est pas établi par les sources consultées.

Le nom déborde légèrement ce contour sur les données de l'IGN : son point « les Brandes », classé Bois, est situé à environ 15 mètres à l'extérieur du polygone, du côté de la commune codée 24445. Le nom cartographique du bois et l'emprise fiscale de Saint-Félix sont donc deux repères distincts. Données du cadastre

Le nomLa bruyère, probablement

Le souvenir d'une végétation

En occitan, branda désigne notamment la grande bruyère à balais : c'est le sens donné par l'étude toponymique publiée par la mairie de La Chapelle-Aubareil. Le français régional brande désigne aussi bien une bruyère que le terrain inculte où elle pousse, selon le Dictionnaire de l'Académie française. Un nom de lande ou de broussailles est ainsi l'explication la plus probable ici. Interprétation

Ce sens ne date pas le lieu-dit. Il ne suffit pas davantage à identifier les plantes qui poussaient sur ces parcelles, ni à prouver un ancien pacage (pâturage), un écobuage (brûlis de la végétation) ou une récolte de bruyère. Les photographies donnent une physionomie du terrain ; l'état de sections (le registre du cadastre qui décrit chaque parcelle) devra donner sa nature fiscale.

XVIIIᵉ–XIXᵉ s.Un nom encore à retrouver

Des cartes silencieuses, des homonymes à écarter

Ni l'extrait de Cassini ni celui de la carte d'état-major ne portent le nom des Brandes dans le secteur repéré. Ils figurent des versants hachurés, sans groupe de maisons à cet emplacement. Leur échelle et leurs décalages empêchent d'en tirer une preuve d'absence de toute occupation. Lu sur les images

Extrait de Cassini montrant des reliefs hachurés entre des lieux voisins ; cercle de repérage ajouté dans le secteur des Brandes, sans nom ni hameau dessiné à cet emplacement.
Cassini, XVIIIᵉ siècle. Extrait IGN ; le cercle indique seulement le secteur approximatif.
Carte d'état-major avec des versants hachurés et un fond de vallon ; le secteur approximatif des Brandes est entouré, sans inscription de ce nom.
État-major, XIXᵉ siècle. Extrait IGN ; aucun nom des Brandes lu dans le secteur entouré.

Les registres paroissiaux et d'état civil ne livrent pas d'attestation locale sûre. Plusieurs « La Brande » renvoient à d'autres paroisses ou communes. Une lecture douteuse de « moulin de la Brande » a été reprise sur 5 E 409/2, vue 249, page gauche, deuxième acte : le nom reste insuffisamment lisible pour être retenu. Aucun moulin des Brandes n'est établi. Rien trouvé

En 1873, Gourgues n'offre pas de point d'appui supplémentaire. La page 40 de son dictionnaire donne plusieurs « La Brande » ailleurs en Dordogne ; son article « Brandes (Les) » concerne Vallereuil. Aucune de ces mentions ne doit vieillir artificiellement les Brandes de Saint-Félix. Lu sur l'imprimé

1824Le parcellaire

Des terres numérotées, aucun nom développé

Le tableau d'assemblage porte la date de fin des opérations sur le terrain : 10 août 1824. Dans le secteur des Brandes, au sud de la station de triangulation B, il inscrit une abréviation que l'on peut transcrire « B.es », les deux dernières lettres étant surélevées. Son développement n'est pas donné. « Brandes » ou « bruyères » sont des hypothèses, pas des mots lus sur le plan. 3 P 3 4616

Tableau d'assemblage de 1824 : Caveroussie au nord, station B, abréviation B.es dans une masse de terrain et chemin longeant la limite orientale.
AD Dordogne, 3 P 3 4616. Recadrage du tableau d'assemblage. « B.es » est une notation abrégée ; elle ne constitue pas une attestation certaine du nom de lieu Les Brandes.

La feuille détaillée appartient à la section D, dite du Cirier, deuxième division, levée par le géomètre Lacoste. On y lit les numéros 260 à 278, avec notamment une parcelle 264 bis, dans la bordure orientale. Grandes pièces au nord, bandes et petites pièces au sud : le dessin est déjà celui d'un terrain divisé. Aucun bâtiment carmin n'est représenté dans cet ensemble. 3 P 3 4624

Le chemin de limite est désigné par les mots « Chemin », « De Léysertade », « à S.t Felix », répartis le long de son tracé. À l'extérieur se lit le nom de Saint-Marcel. La feuille ne nomme pas les Brandes et ne dit ni qui possède ces terres, ni lesquelles sont bois, landes, vignes ou terres labourables. La reprise de nombreux numéros dans le cadastre actuel facilite le rapprochement ; elle ne dispense pas de suivre les divisions et réunions dans les matrices cadastrales (registres des propriétaires).

Feuille D2 du cadastre de 1824 : parcelles numérotées de 260 à 278, subdivision 264 bis, station B et chemin de limite vers Saint-Marcel ; aucun bâtiment coloré dans le secteur.
AD Dordogne, 3 P 3 4624, feuille D2. Bordure orientale de la section. Recadrage sans ajout de limites modernes. La date de la campagne cadastrale est lue sur le tableau d'assemblage ; elle n'est pas inscrite dans le cartouche de D2.
DateDocumentCe qui est établi
18243 P 3 4616 et 4624Parcellaire sans bâti figuré ; « B.es » au tableau d'assemblage ; nom développé non attesté.
1873Gourgues, p. 40L'article « Brandes (Les) » désigne Vallereuil, pas Saint-Félix.
1950–1980Deux mosaïques IGNVégétation discontinue puis plus dense ; dates de clichés non déterminées.
Relevé 2026Cadastre numérique« LES BRANDES » : 19 parcelles, environ 9,27 hectares, aucun bâtiment cadastré.
XXᵉ–XXIᵉ s.Le couvert se densifie

Des trouées anciennes au bois actuel

La mosaïque IGN 1950–1965 montre des arbres espacés, des trouées claires et des limites de parcelles encore perceptibles. Dans celle de 1965–1980, le couvert apparaît plus serré. L'orthophotographie récente montre une emprise très largement boisée. La comparaison établit cette densification visible ; elle ne permet pas de choisir entre plantation, repousse après coupe et progression spontanée du bois. Comparaison d'images

Mosaïque aérienne IGN 1950–1965 : arbres dispersés et zones claires dans le contour actuel des Brandes, ajouté en rouge.
IGN, couche 1950–1965. Le nom de la couche donne une plage de dates, pas l'année de ce cliché.
Mosaïque aérienne IGN 1965–1980 : végétation plus continue et limites anciennes moins nettes dans le périmètre des Brandes.
IGN, couche 1965–1980. Même fenêtre et même contour moderne que sur la vue précédente.
Relief LiDAR des Brandes sous les arbres : partie haute au nord, pente plus marquée vers l'est et le sud, chemins et tracés en lacets dans une petite ouverture.
IGN, LiDAR HD (relevé laser du relief). Le relief du sol sous le couvert végétal. Les formes sinueuses également visibles sur la photographie récente n'ont pas reçu de datation ou d'interprétation archéologique dans ce dossier.

Aujourd'hui

Dans les données réunies pour cette notice, le zonage du PLUi-H de 2024 place toute l'emprise en zone N, naturelle et forestière. Le périmètre de ZNIEFF (zone naturelle d'intérêt écologique) n° 720012869 conservé dans le dossier, intitulé « Coteaux xérothermiques de Sainte Foy de Longas », en recoupe environ 7,7 hectares. Ces données décrivent un cadre paysager et écologique ; elles ne renseignent pas l'exploitation ancienne des parcelles. Données recoupées

Le nom demeure aussi dans l'usage des promeneurs : un itinéraire publié sur Visorando, étape 10, situe les Brandes dans la traversée forestière qui descend vers Barbeyrol. C'est un témoignage contemporain du nom, à une échelle plus large que celle des parcelles cadastrales. Source numérique

À poursuivreNom, usages, propriétaires

La pièce décisive reste l'état de sections

Les sources examinées permettent de suivre le terrain depuis 1824. Elles ne fournissent encore ni première attestation ancienne du nom, ni chaîne de propriétaires, ni preuve de droits collectifs sur ces terres. Les registres fiscaux peuvent apporter ces réponses.

À consulter en salle

  • 63 P 1716

    État de sections A à E. Chercher en section D les articles 260 à 278, sans oublier 264 bis : nom du canton, nature de culture, contenance et propriétaire. Premier point : savoir si « Les Brandes » y est écrit.

  • 63 P 704

    Matrice des propriétés bâties et non bâties. Partir des propriétaires trouvés à l'état de sections, puis relever les comptes, mutations et éventuels changements de nature.

  • 63 P 1547/1–2

    Matrices des propriétés non bâties. Suivre le prolongement de cette histoire foncière et les modifications du parcellaire. Ces cotes sont repérées dans l'inventaire publié des AD Dordogne ; leur contenu n'a pas été consulté.

  • Minutes notariales

    Après identification d'un propriétaire et d'une mutation, rechercher l'acte correspondant : vente, partage ou bail peut nommer les Brandes et décrire leurs usages. Aucun notaire ni acte précis n'est encore identifié.