Dossier d'archives · Dordogne

Le « Pissou »
de Lapeyrouse [?]
en Villadeix

Un homme mort avant le jour, un nom serré dans une ligne : le « Pissou » de Lapeyrouse entre dans le dossier par une sépulture de 1672. La comparaison avec cinq autres actes conduit vers un pressoir où des familles habitaient. Le mot reste discuté, l'emplacement inconnu. Les archives rendent quelques vies à ce lieu sans encore permettre de le placer sur une parcelle.

Coordonnées non établies Commune de Saint-Félix-de-Villadeix (24405) Cadastre aucune parcelle attribuée Altitude inconnue
JUILLET 1671pressoirde Lapeyrouse · jour probable : le 5
5 NOV. 1672pressoir [?]de Lapeyrouse · d'abord lu « Pissou [?] »
14 · 18 MARS 1681pressoir / prissoir [?]de Lapeyrouze · lectures proposées
21 MARS 1685pressoirde la peyrouse · mot nettement lisible
25 JUILLET 1689pressoirde la peyrouze · acte lacunaire

Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix

1672Le point de départ

Un décès à Lapeyrouse, une sépulture au bourg

Le 5 novembre 1672, le curé Jean de Baget enterre au cimetière de Saint-Félix Pierre Gau… [?] (Gaut, Gaurel ou Gauvel), environ soixante ans. L'homme a reçu les sacrements et est mort « quelques heures avant le jour », dans un lieu de Lapeyrouse dont le nom a d'abord été lu « Pissou », mais que l’on lit plutôt « pressoir » (ou « pressou », « prissoir »). La mention « présente paroisse » fixe le rattachement à Saint-Félix. Lu sur l’original

Acte de sépulture du 5 novembre 1672 : Pierre Gauvel, patronyme incertain, mort dans un lieu de Lapeyrouse dont le nom est discuté, avec son fils forgeron et son beau-frère au convoi.
AD24, 5 E 409/1, vue 231 droite, f. 18. Le nom se trouve à la septième ligne. La vue 233 est une autre prise du même feuillet, pas une seconde mention.

Au convoi viennent son fils Gillies Gauvel[?], forgeron à « La forge de St michel », et son beau-frère Pierre Pilat[?], laboureur (cultivateur) au « bourg de St mayme de pereyrol ». La forge est dans une autre paroisse ; rien ne permet de l'installer ici. L'acte donne des liens de parenté, mais aucun propriétaire, chemin ou confront (terre voisine) qui situerait le lieu. Même acte

Le nomUne lecture à reprendre

Le « Pissou » est très probablement le pressoir

Chez de Baget, le r ressemble à un v et les lettres se touchent. Comparée aux mots « curé », « parroisse », « assisté » et « sçavoir » des mêmes pages, la finale du nom de 1672 peut se décomposer en o-i-r. La proposition devient : lu « pressoir[?] ». Elle garde son point d'interrogation. L'acte se lit « pressou », « pressoir » ou « prissoir » — un r après le p — et non « pissou ». Cela renforce la conclusion qu'il s'agit du pressoir de Lapeyrouse, sans en faire une certitude absolue. Lecture proposée

Un acte plus clair donne du poids au rapprochement. Le 21 mars 1685, Delboy baptise Peyronne Larrenie[?], fille de Jean, laboureur, et de Jeanne Delcros, « au pressoir de la peyrouse ». Le nom désigne leur domicile ; le 25 juillet 1689, il revient dans un autre baptême. 5 E 409/2

Baptême de Peyronne Larrenie, patronyme incertain, le 21 mars 1685 ; à la quatrième ligne, ses parents sont dits habitants au pressoir de la Peyrouse.
5 E 409/2, vue 135 droite, deuxième acte. « hnts au pressoir de la peyrouse ». Le mot pressoir est ici nettement lisible.

Le pressoir habité est attesté ; son identité avec le « Pissou » est très probable. Le nom peut désigner le bâtiment ou un ensemble qui en porte le nom. La définition du Dictionnaire de l'Académie française renvoie au pressage des fruits ; aucun acte consulté ne précise ce qu'on pressait ici. Une étymologie occitane évoquant l'eau serait prématurée : la forme écrite elle-même n'est pas stabilisée. Rapprochement probable

Baptême de Pierre Larrenie, patronyme incertain, le 25 juillet 1689 : la mention du pressoir de la Peyrouze subsiste à gauche d'une grande lacune du papier.
5 E 409/2, vue 224 gauche, deuxième acte. Le domicile « du pressoir de la peyrouze » reste lisible. Le nom de la mère, perdu dans la lacune, n'est pas restitué.
1671–1689Les habitants entrevus

Six actes, avec leurs réserves

Les pièces suivantes ont été retrouvées, toutes lues sur l'image. Elles ne constituent pas six attestations certaines d'un lieu distinct nommé Pissou.

DateQui et oùCote · preuve
Juillet 1671
le 5 [?]
Peyronne[?] Gauvit[?], fille de Pierre et de Guilhon[n]e[?]. Deux mentions du « pressoir de Lapeyrouse » ; Marie, autre fille de Pierre, supplée la marraine.5 E 409/1, v. 180 G.
Jour, noms et mot réservés.
5 nov. 1672Pierre Gau… [?] (Gaut, Gaurel ou Gauvel), environ 60 ans, mort « dans le pressoir[?] de Lapeyrouse ».5 E 409/1, v. 231 D.
Date sûre ; lecture discutée.
14 mars 1681Antoine Lavignie, né le 12 ; parents Jean, laboureur, et Jeanne Delcos, « au pressoir[?] de Lapeyrouze ».5 E 409/2, v. 20 D.
Original ; mot réservé.
18 mars 1681Antoine Lavignie, six jours, mort la veille « au prissoir[?] de Lapeyrouze » ; son père y habite.5 E 409/2, v. 22 G.
Même enfant très probable.
21 mars 1685Peyronne Larrenie[?], née le 20 ; Jean et Jeanne Delcros, ses parents, habitent « au pressoir de la peyrouse ».5 E 409/2, v. 135 D.
Pressoir et domicile certains.
25 juil. 1689Pierre Larrenie[?] ; domicile des parents « du pressoir de la peyrouze ».5 E 409/2, v. 224 G.
Acte lacunaire ; lieu lisible.
Baptême de juillet 1671 sur une page tachée, où le domicile pressoir de Lapeyrouse apparaît une première fois pour les parents puis pour Marie, qui remplace la marraine.
5 E 409/1, vue 180 gauche. La plus ancienne pièce rapprochée du dossier : deux occurrences de « pressoir », écrit en abrégé « p̃ssoir » (une lecture « pressou » reste possible). Le jour, probablement le cinq, est abîmé.

Les actes de mars 1681 racontent la très courte vie d'un nourrisson. La sépulture ajoute son grand-père maternel, « petit Jean Delcos », serrurier de Langlade. Ce lien est explicite. En revanche, on ne peut réunir sans autre preuve les Gauvit[?] et Gauvel[?], ni identifier les Lavignie aux Larrenie[?]. Parenté lue, v. 22

Baptême d'Antoine Lavignie, le 14 mars 1681, avec la mention au pressoir (ou prissoir) de Lapeyrouze, lecture incertaine.
14 mars 1681, v. 20 D. Antoine, né le douze ; le nom du domicile à la sixième ligne.
Sépulture d'Antoine Lavignie, le 18 mars 1681, avec son père au même lieu et son grand-père maternel serrurier à Langlade.
18 mars 1681, v. 22 G. « au prissoir[?] de Lapeyrouze », puis le même mot après le domicile du père.
1824 →Le site reste ouvert

Des bâtiments dessinés, aucun pressoir identifié

Le cadastre, achevé sur le terrain le 10 août 1824 d'après le cartouche du tableau d'assemblage (3 P 3 4616), écrit « Lapeyrouze. » sur la feuille B2. Les groupes bâtis autour des numéros 484, 492 et 739 sont des repères pour une recherche dans les matrices (registres des propriétés). Aucun n'est nommé Pissou ou pressoir sur cet extrait. Lu sur le plan

Extrait du cadastre de 1824, section B2 : Lapeyrouze, ses bâtiments roses et leurs parcelles numérotées, sans emplacement attribué au Pissou ni au pressoir.
AD24, 3 P 3 4620, section B2. Le secteur de Lapeyrouze. Le recadrage montre des emplacements à examiner, sans les assimiler au lieu de 1672.

Les extraits de Cassini et de l'État-major consultés ne résolvent pas davantage la localisation. Dans Gourgues, p. 238, l'article « Peyrouse (La) », consulté sur l'image, ne nomme ni Pissou ni pressoir ; ses références anciennes concernent Lapeyrouse et ne datent pas ce micro-lieu. Limite des sources

Aujourd'hui : ni parcelle, ni date d'abandon

Le plan IGN disponible nomme « la Peyrouse » et « la Ferme de Narbonne ». Il ne permet de reconnaître ni le bâtiment ancien ni sa disparition. Aucun lien d'identité avec le Moulin de Lapeyrouse ou le Vignal n'est démontré.

Plan IGN du secteur de la Peyrouse et de la Ferme de Narbonne, avec les routes et les bâtiments ; aucun point n'y est proposé pour le Pissou.
IGN, plan du secteur de Lapeyrouse, ressource locale. Millésime du fond non établi ici. Une carte de situation du secteur, pas une localisation du Pissou.

La recherche par variantes ne livre pas de mention ultérieure exploitable. Elle peut manquer un nom mal transcrit. Les recensements n'ont pas été consultés de nouveau pour cette notice : l'absence de population individualisée sous « Pissou » ne signifie pas absence d'habitants, puisque le pressoir est donné comme domicile. Recherche limitée

À poursuivreDu mot à la parcelle

Les pièces qui pourraient trancher

À consulter en salle

  • 5 E 409/1–2

    Revoir la finale de 1672 sur le feuillet original ou une reproduction plus fine ; comparer les noms de famille des actes rapprochés.

  • 63 P 1716
    63 P 704

    État de sections et matrice : noms, propriétaires et fonctions des bâtiments de Lapeyrouze. Commencer par B 481–496 et B 739, sans y placer d'avance le pressoir.

  • 2 E 1528
    dont 1528-5

    Fonds Rochon, titres de propriété et donations : piste pour les dépendances et confronts de Lapeyrouse. Aucun titre de ce fonds n'est encore une preuve pour le Pissou.

  • 3 E
    cotes à préciser

    Baux, inventaires après décès et partages des notaires du secteur : chercher un pressoir décrit avec ses voisins ou son équipement.