Dossier d'archives · Dordogne
Un homme mort avant le jour, un nom serré dans une ligne : le « Pissou » de Lapeyrouse entre dans le dossier par une sépulture de 1672. La comparaison avec cinq autres actes conduit vers un pressoir où des familles habitaient. Le mot reste discuté, l'emplacement inconnu. Les archives rendent quelques vies à ce lieu sans encore permettre de le placer sur une parcelle.
Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix
Le 5 novembre 1672, le curé Jean de Baget enterre au cimetière de Saint-Félix Pierre Gau… [?] (Gaut, Gaurel ou Gauvel), environ soixante ans. L'homme a reçu les sacrements et est mort « quelques heures avant le jour », dans un lieu de Lapeyrouse dont le nom a d'abord été lu « Pissou », mais que l’on lit plutôt « pressoir » (ou « pressou », « prissoir »). La mention « présente paroisse » fixe le rattachement à Saint-Félix. Lu sur l’original
Au convoi viennent son fils Gillies Gauvel[?], forgeron à « La forge de St michel », et son beau-frère Pierre Pilat[?], laboureur (cultivateur) au « bourg de St mayme de pereyrol ». La forge est dans une autre paroisse ; rien ne permet de l'installer ici. L'acte donne des liens de parenté, mais aucun propriétaire, chemin ou confront (terre voisine) qui situerait le lieu. Même acte
Chez de Baget, le r ressemble à un v et les lettres se touchent. Comparée aux mots « curé », « parroisse », « assisté » et « sçavoir » des mêmes pages, la finale du nom de 1672 peut se décomposer en o-i-r. La proposition devient : lu « pressoir[?] ». Elle garde son point d'interrogation. L'acte se lit « pressou », « pressoir » ou « prissoir » — un r après le p — et non « pissou ». Cela renforce la conclusion qu'il s'agit du pressoir de Lapeyrouse, sans en faire une certitude absolue. Lecture proposée
Un acte plus clair donne du poids au rapprochement. Le 21 mars 1685, Delboy baptise Peyronne Larrenie[?], fille de Jean, laboureur, et de Jeanne Delcros, « au pressoir de la peyrouse ». Le nom désigne leur domicile ; le 25 juillet 1689, il revient dans un autre baptême. 5 E 409/2
Le pressoir habité est attesté ; son identité avec le « Pissou » est très probable. Le nom peut désigner le bâtiment ou un ensemble qui en porte le nom. La définition du Dictionnaire de l'Académie française renvoie au pressage des fruits ; aucun acte consulté ne précise ce qu'on pressait ici. Une étymologie occitane évoquant l'eau serait prématurée : la forme écrite elle-même n'est pas stabilisée. Rapprochement probable
Les pièces suivantes ont été retrouvées, toutes lues sur l'image. Elles ne constituent pas six attestations certaines d'un lieu distinct nommé Pissou.
| Date | Qui et où | Cote · preuve |
|---|---|---|
| Juillet 1671 le 5 [?] | Peyronne[?] Gauvit[?], fille de Pierre et de Guilhon[n]e[?]. Deux mentions du « pressoir de Lapeyrouse » ; Marie, autre fille de Pierre, supplée la marraine. | 5 E 409/1, v. 180 G. Jour, noms et mot réservés. |
| 5 nov. 1672 | Pierre Gau… [?] (Gaut, Gaurel ou Gauvel), environ 60 ans, mort « dans le pressoir[?] de Lapeyrouse ». | 5 E 409/1, v. 231 D. Date sûre ; lecture discutée. |
| 14 mars 1681 | Antoine Lavignie, né le 12 ; parents Jean, laboureur, et Jeanne Delcos, « au pressoir[?] de Lapeyrouze ». | 5 E 409/2, v. 20 D. Original ; mot réservé. |
| 18 mars 1681 | Antoine Lavignie, six jours, mort la veille « au prissoir[?] de Lapeyrouze » ; son père y habite. | 5 E 409/2, v. 22 G. Même enfant très probable. |
| 21 mars 1685 | Peyronne Larrenie[?], née le 20 ; Jean et Jeanne Delcros, ses parents, habitent « au pressoir de la peyrouse ». | 5 E 409/2, v. 135 D. Pressoir et domicile certains. |
| 25 juil. 1689 | Pierre Larrenie[?] ; domicile des parents « du pressoir de la peyrouze ». | 5 E 409/2, v. 224 G. Acte lacunaire ; lieu lisible. |
Les actes de mars 1681 racontent la très courte vie d'un nourrisson. La sépulture ajoute son grand-père maternel, « petit Jean Delcos », serrurier de Langlade. Ce lien est explicite. En revanche, on ne peut réunir sans autre preuve les Gauvit[?] et Gauvel[?], ni identifier les Lavignie aux Larrenie[?]. Parenté lue, v. 22
Le cadastre, achevé sur le terrain le 10 août 1824 d'après le cartouche du tableau d'assemblage (3 P 3 4616), écrit « Lapeyrouze. » sur la feuille B2. Les groupes bâtis autour des numéros 484, 492 et 739 sont des repères pour une recherche dans les matrices (registres des propriétés). Aucun n'est nommé Pissou ou pressoir sur cet extrait. Lu sur le plan
Les extraits de Cassini et de l'État-major consultés ne résolvent pas davantage la localisation. Dans Gourgues, p. 238, l'article « Peyrouse (La) », consulté sur l'image, ne nomme ni Pissou ni pressoir ; ses références anciennes concernent Lapeyrouse et ne datent pas ce micro-lieu. Limite des sources
Le plan IGN disponible nomme « la Peyrouse » et « la Ferme de Narbonne ». Il ne permet de reconnaître ni le bâtiment ancien ni sa disparition. Aucun lien d'identité avec le Moulin de Lapeyrouse ou le Vignal n'est démontré.
La recherche par variantes ne livre pas de mention ultérieure exploitable. Elle peut manquer un nom mal transcrit. Les recensements n'ont pas été consultés de nouveau pour cette notice : l'absence de population individualisée sous « Pissou » ne signifie pas absence d'habitants, puisque le pressoir est donné comme domicile. Recherche limitée
Revoir la finale de 1672 sur le feuillet original ou une reproduction plus fine ; comparer les noms de famille des actes rapprochés.
État de sections et matrice : noms, propriétaires et fonctions des bâtiments de Lapeyrouze. Commencer par B 481–496 et B 739, sans y placer d'avance le pressoir.
Fonds Rochon, titres de propriété et donations : piste pour les dépendances et confronts de Lapeyrouse. Aucun titre de ce fonds n'est encore une preuve pour le Pissou.
Baux, inventaires après décès et partages des notaires du secteur : chercher un pressoir décrit avec ses voisins ou son équipement.