Un nom étendu au versant boisé
La Combe du Rat se trouve au nord-ouest du bourg, au sud de La Croix Rouge. Le lieu-dit cadastral s’étend à l’ouest de la route de la Motte Castrale, jusqu’à la route du Girard sur une partie de sa limite occidentale. Son contour comprend le versant, des parcelles ouvertes et un fond de vallon. Le point de repère du lieu-dit est à environ 153 mètres d’altitude ; cette valeur n’est pas celle de tout le périmètre. Cartes et données IGN

Le contour actuel couvre environ 12,74 hectares et 42 parcelles de section E, selon les données cadastrales relevées pour cette étude. Il sert à situer les observations récentes. Rien ne permet encore de lui donner exactement les limites du taillis (bois coupé régulièrement) mentionné au XVIIIe siècle. Limites anciennes inconnues
« Combe » se comprend ; « Rat » reste à expliquer
Le premier élément appartient au vocabulaire occitan du relief : comba, « vallon ». Le lexique historique de Pèire Casado donne combe comme forme francisée de ce mot, et traduit comba par « vallon » à l’entrée conbe (p. 67). Le creux visible sur le relief IGN rend cette lecture topographique cohérente ici. Voir le lexique, p. 67. Sens établi
Pour « du Rat », les documents consultés ne permettent pas de trancher. Une référence à l’animal ou à un nom ou surnom de personne reste possible ; aucun propriétaire ainsi nommé n’a été identifié pour ce bois. Il serait prématuré de raconter l’une de ces explications comme l’origine du lieu. Origine non établie
Gourgues : « taillis à la Pouleille »
La mention la plus ancienne retrouvée est rapportée par une source postérieure. À la page 263 de son Dictionnaire topographique du département de la Dordogne, publié en 1873, Gourgues écrit :
« Rat (Combe du), taillis à la Pouleille, cne de Saint-Félix-de-la-Linde. — 1760 (Acte not.). »Gourgues, 1873, p. 263 · Gallica bpt6k39292s, vue 356 · imprimé lu sur l'image

Le mot taillis décrit un bois exploité par coupes et rejets. La localisation « à la Pouleille » rattache le nom à cet environnement foncier, au nord du lieu actuel ; elle ne fournit ni superficie ni propriétaire. Le nom communal employé par Gourgues, « Saint-Félix-de-la-Linde », et la proximité de La Pouleille permettent de rattacher très probablement cette entrée à notre Combe du Rat. Rapprochement très probable
1760 demeure une attestation indirecte. L’imprimé a été lu, mais pas l’acte notarié qu’il invoque. Gourgues ne donne ici ni notaire, ni jour, ni cote. On ne connaît donc ni l’objet de l’acte — vente, partage, bail ou autre — ni son orthographe exacte. La première forme directement lue est celle de la vedette publiée en 1873. Consulter la page de Gourgues. Acte à retrouver
L’homonyme de Sainte-Foy
Immédiatement au-dessous, Gourgues imprime une seconde entrée « Rat (Combe du) », localisée à « Sainte-Foy-de-Longa » et référencée « A. Jud. ». La date 1760 appartient à la première entrée seulement. Les documents de ces deux lieux doivent rester séparés. Deux entrées distinctes
Des terres dessinées, aucun village nommé
Le tableau d’assemblage du cadastre (plan cadastral napoléonien de 1824) porte la date du 10 août 1824 (AD Dordogne, 3 P 3 4616). Le secteur de la Combe du Rat est à chercher sur la seconde feuille de la section E, dite de Caveroque, levée par Lacoste, géomètre : 3 P 3 4626. La comparaison des chemins permet de repérer le versant à l’ouest de l’actuelle route de la Motte Castrale. Titres du plan lus

Dans ce secteur, le plan montre des limites parcellaires et des chemins, sans emprise bâtie. Il n’y écrit pas « Combe du Rat ». Ce constat documente le paysage cadastré, pas une disparition du nom entre 1760 et 1873. La nature fiscale des parcelles — bois, terre, vigne, pré — et leurs propriétaires restent à lire dans l’état de sections et les matrices (registres des impôts fonciers). Lu sur le plan

La fenêtre de Cassini examinée ne nomme pas davantage le lieu ; l’état-major représente le relief et les chemins sans y individualiser un hameau. Ces silences cartographiques conviennent à un nom de terres ou de bois. Ils ne suffisent pas à démontrer que personne n’a jamais vécu dans les environs. Absence peu probante
Ce que les registres apportent — et n’apportent pas
La recherche du nom et de ses variantes dans les registres a porté sur les registres paroissiaux (5 361 entrées) et l’état civil (4 642 entrées), pour les séries réunies de 1668 à 1922 : aucune occurrence pertinente n’a été trouvée. Aucun ménage n’est rattaché à ce lieu. La recherche porte sur le nom seul : les registres n’ont pas été lus en entier, et ce silence ne prouve pas qu’il n’y eut personne. Rien trouvé, recherche limitée
Les maisons arrivent au bord de la route
La couche aérienne IGN 1950–1965 montre un paysage encore très découpé : petites parcelles ouvertes près de la route, arbres isolés, lisières et bois dans la pente. La série de maisons visible aujourd’hui le long de la limite orientale n’y apparaît pas. Les contours rouges ajoutés aux trois vues suivantes sont ceux du cadastre actuel ; ils servent uniquement à comparer le même emplacement. Image examinée

Dans la couche 1965–1980, une construction et son accès sont visibles dans la partie nord du périmètre, près de la lisière. D’autres constructions apparaissent dans le voisinage de La Croix Rouge, hors du contour. Cette distinction évite de faire de tous les bâtiments de la photographie des maisons de la Combe du Rat. Comparaison des images

Sur la photographie aérienne (orthophotographie) contemporaine consultée, les maisons s’échelonnent en bordure de la route de la Motte Castrale, au contact du bois. La BD TOPO de l’IGN classe désormais « la Combe du Rat » comme lieu-dit habité. Dans le contour cadastral, les données consultées recensent onze objets bâtis, dont cinq classés résidentiels, totalisant cinq logements renseignés. Ce décompte décrit une base géographique ; il ne donne pas le nombre d’habitants. Données contemporaines

Le changement documenté est donc celui d’un nom de taillis devenu aussi une adresse habitée. Les images permettent de suivre cette transformation du paysage ; seules les changements de propriétaire (mutations cadastrales) et les autorisations de construire permettraient d’en fixer les étapes maison par maison.
Les pièces qui manquent
| Repère | Niveau de preuve | Ce que l’on peut retenir |
|---|---|---|
| 1760 | Source secondaire | Date donnée par Gourgues pour un acte notarié non retrouvé. |
| 1824 | Plan original numérisé | Parcellaire sans bâti dans le secteur repéré ; aucun nom « Combe du Rat ». |
| 1873 | Imprimé lu | « Rat (Combe du) », taillis « à la Pouleille » ; homonyme distinct à Sainte-Foy. |
| 1950–1980 | Images et métadonnées IGN | Évolution du paysage entre deux couches historiques ; années exactes des clichés non établies. |
| Relevé 2026 | Sources géographiques | Nom cadastral conservé et habitat diffus attesté dans les données consultées. |
À consulter en salle
- 63 P 1716
État de sections A à E, sans date dans l’inventaire : chercher le nom dans la section E, relever les propriétaires, les natures de culture et les contenances. Établir la correspondance entre le bois ancien et le périmètre actuel.
- 63 P 704
Matrice des propriétés bâties et non bâties de 1826 : partir des parcelles repérées sur E2, retrouver leurs comptes, puis suivre les mutations. Ne pas reporter directement les numéros actuels sur le plan ancien.
- 63 P 1547/1–3
Matrices non bâties de 1914–1955 et bâties de 1910–1955 : prolonger la chaîne foncière. Pour l’habitat plus récent, consulter les documents cadastraux postérieurs et les dossiers d’urbanisme communaux.
- Acte de 1760
Demander l’orientation vers les minutes notariales et les papiers utilisés par Gourgues, en donnant les deux clés « Combe du Rat » et « la Pouleille ». Notaire, cote et contenu restent inconnus.