Dossier d'archives · Dordogne
Au-dessus de la Louyre, Roquegude est un coteau de parcelles et de bois, sans bâtiment dans le cadastre consulté. Son histoire se lit d’abord dans le dessin des chemins et l’avancée des arbres. En mai 1907, un ballon venu de Saint-Cloud se pose sur un « tertre de Rœquegule », très probablement ce lieu. Un cluzeau (souterrain) enregistré sous le nom de Rabard ouvre une autre piste, encore sans date.
Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix
Roquegude se trouve à environ 920 mètres au sud-ouest du point du bourg. Le lieu-dit occupe le coteau à l’est de la route de Rabard ; sa bordure méridionale rejoint le bras d’eau qui longe le pied de la pente. Les maisons du moulin de Rabard, visibles au sud-ouest, sont en dehors du périmètre. Le nom du moulin et celui de ces terres ne désignent donc pas la même emprise. Cadastre et cartes
Le périmètre couvre 11,02 ha. L’extraction cadastrale locale y rattache les 32 parcelles E 523 à E 554, sans aucun bâtiment cadastré. Le service d’altimétrie IGN donne 128,39 m au point de repère du lieu-dit : environ 128 m, et non une altitude uniforme pour tout le coteau.
Roquegude se rapproche de l’occitan ròca aguda, « roche aiguë » ou « roche pointue ». Le même composé est expliqué pour Rochegude, dans le Gard, par la Communauté de communes de Cèze Cévennes. Cette comparaison convient à un nom de coteau rocheux ; elle ne constitue pas une forme ancienne attestée ici. Aucun acte médiéval ni rocher précisément identifié ne permet de la démontrer à Roquegude. Étymologie probable
Gourgues ne fournit pas de mention dans l’index ; les pages 273–274 de son dictionnaire de 1873, où se suivent les Roque, ont également été parcourues sur l’image. Les recherches dans les registres paroissiaux (baptêmes, mariages, sépultures) et l’état civil disponibles ne livrent aucune occurrence attribuable au lieu. Les documents consultés ne lui donnent pas non plus de population recensée. Ce silence documentaire ne date pas sa naissance et n’exclut pas des usages anciens.
| Date | Document | Ce qu’il établit | Certitude |
|---|---|---|---|
| 1824 | AD24, 3 P 3 4626 Feuille E2 | Un secteur parcellaire sans bâti ; nom non inscrit. | Plan consulté |
| 23 mai 1907 | Le Petit Journal p. 4, vue 4 | « Tertre de Rœquegule » : atterrissage de l’Albatros. | Lieu probable |
| 2026 | Cadastre et BRGM Données consultées | ROQUEGUDE ; point du cluzeau de Rabard dans son contour. | Données actuelles |
Ni Cassini ni le recadrage de Belleyme entre le moulin de Rabard et Bessou ne nomment Roquegude. L’état-major montre le coteau hachuré au-dessus du fond de vallée, sans nom ni maison à l’emplacement recherché. Ces cartes à petite échelle laissent volontiers les noms de parcelles de côté : leur silence ne prouve pas que le mot était inconnu. Images consultées
Les petits signes de Belleyme ont pu être pris pour des vignes. Leur lecture ne permet pas d’attribuer sûrement cette culture au périmètre actuel : la vigne reste à vérifier dans les documents cadastraux écrits.
Le tableau d’assemblage est « Terminé Sur le Terrain Le 10 aout 1824 » : la date se lit au cartouche, AD24, 3 P 3 4616. Le secteur relève de la feuille E2, 3 P 3 4626, « Section E 2 dite de CAVEROQUE », levée par M. Lacoste, géomètre. Caveroque est ici le nom de la section, pas un autre nom donné à Roquegude.
Le coude du chemin à l’ouest et le bras d’eau au sud permettent le repérage. Entre les deux s’étend une mosaïque de parcelles irrégulières. Aucun bâtiment carmin, aucun nom Roquegude n’apparaît dans ce secteur. Le plan donne les limites et les numéros ; les propriétaires et les cultures sont à chercher ailleurs. Original numérisé
La localisation est topographique : la concordance parcelle par parcelle reste à établir. Les numéros de 1824 ne doivent pas être confondus avec E 523–554 du cadastre actuel.
Le 23 mai 1907, Le Petit Journal publie une dépêche de Périgueux datée du 22. Un ballon de 800 mètres cubes, l’Albatros, monté par François Peyrcy — ainsi écrit dans le journal — est parti du parc de l’Aéro-Club de France, à Saint-Cloud. Il a atterri dans de bonnes conditions sur le « tertre de Rœquegule », donné à environ cinq cents mètres du bourg de Saint-Félix-de-Villadeix. Article de presse
La commune, la proximité du nom et le mot tertre désignent probablement Roquegude. La distance annoncée invite toutefois à garder la réserve : le point de repère du lieu-dit est à environ 920 mètres du point de repère du bourg ; la limite la plus proche du lieu-dit actuel en est à environ 650 mètres. Aucune de ces mesures ne fixe le point de descente. Identification probable
Le 23 mai est la date du journal, le 22 celle de la dépêche. Le jour précis de l’atterrissage n’est pas indiqué. Aucun propriétaire ni témoin local n’est nommé. L’événement entre dans la notice avec cette incertitude de lieu, sans transformer « Rœquegule » en une attestation certaine de la forme écrite Roquegude.
La couche aérienne IGN 1950–1965 montre des pièces ouvertes, des haies et des arbres espacés, entre de petits bois. La couche 1965–1980, également examinée, montre des masses boisées plus fournies. Dans l’orthophotographie (photo aérienne) récente, des ouvertures herbacées demeurent, mais le couvert s’est épaissi, notamment sur le versant méridional. Comparaison des images
Le cadastre consulté donne toujours un lieu de terres sans bâtiment cadastré. Les images documentent cette occupation du sol ; elles ne disent ni quelle culture occupait chaque pièce, ni à qui elle appartenait. Les familles résidant aux lieux voisins ne peuvent être installées ici par simple proximité.
L’inventaire BRGM diffusé par Géorisques enregistre AQIAA0006767, « CLUZEAU DE RABARD », comme « ouvrage civil », avec un « orifice visible ». Le point inventorié est à environ 105 mètres au nord-est du point de référence et tombe dans le périmètre cadastral de Roquegude. Inventaire et localisation
Rabard est le nom porté par l’inventaire ; Roquegude est le lieu-dit cadastral qui contient ses coordonnées. La notice consultée ne donne ni date de creusement, ni plan, ni usage ancien détaillé. Rien ne permet encore d’en faire un refuge médiéval, un habitat ou une dépendance du moulin. Le LiDAR situe le relief ; il ne date pas le souterrain. Histoire à établir
Rechercher l’état de sections et la matrice de 1826 : noms parcellaires, propriétaires et cultures du coteau de la feuille E2. Vérifier la nature exacte de 63 P 1716 à la commande.
Suivre les propriétés non bâties et établir la concordance des anciens numéros avec E 523–554.
À partir des propriétaires retrouvés, chercher ventes, partages et confronts dans les minutes notariales et l’enregistrement de Lalinde.
Demander les références et l’éventuel dossier documentaire du cluzeau : relevés, plans et observations permettant une datation.