Dossier d'archives · Dordogne
Au sud de Rabard, les Garennes descendent par les bois vers la vallée de la Louyre. Le cadastre conserve leur nom sur dix-huit hectares de terres sans bâtiment cadastré. Les photographies anciennes montrent déjà le bois et les prés du vallon. Un baptême de 1690 offre une piste plus ancienne, mais son écriture ne permet pas encore d’en faire une attestation certaine.
Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix
Les Garennes s’étendent au sud de Rabard, entre les secteurs de Caveroque et du Pigat, jusqu’aux abords de la vallée de la Louyre. Leur périmètre cadastral comprend le versant boisé et des terres plus ouvertes. Les maisons visibles à la périphérie des photographies sont celles des alentours : l’extraction cadastrale examinée ne compte aucun bâtiment à l’intérieur du lieu-dit. Cadastre actuel
Le point de repère du lieu-dit est à 140,68 m d’après l’IGN, soit environ 141 m. Il représente le lieu sans en résumer le relief : la pente descend vers le vallon. Les 18,39 hectares et les 17 rattachements parcellaires ont été recalculés.
Le glossaire des noms de lieux de l’IGN donne à l’ancien occitan garena le sens de bois ; le français garenne peut désigner une réserve de chasse ou de pêche. L’Académie française distingue aussi le sens féodal du mot et celui d’un terrain où vivent des lapins. Pégorier, 2006, p. 221 ; Académie, « Garenne ». Sens documentés
Le paysage boisé rend ce rapprochement naturel. Mais aucun acte consulté ne prouve ici une réserve seigneuriale, un enclos ou un élevage de lapins. Le sens précis du nom demeure ouvert. Garena est une comparaison de vocabulaire : aucune forme écrite occitane ancienne propre à ces terres n’a été trouvée. Origine à préciser
Le 19 février 1690, lors du baptême de Catherine Trouboure, le curé nomme la marraine Catherine Cluzeau, femme de Jean Lambert, laboureur (paysan qui cultive la terre). Un ancien relevé des registres a transcrit leur domicile « les garennes ». La date et le lien conjugal se lisent sur l’image ; l’attribution du lieu demande davantage de prudence. 5 E 409/2 · v. 238
La comparaison a porté sur les lettres du même acte et sur granges, écrit dans un mariage du 10 janvier 1690, vue 234. Les traits de la ligne suivante, notamment la grande initiale de Boyer, gênent la lecture des jambages. On retient « garennes » comme lecture probable, qui rejoint celle de l’ancien relevé. 1690 devient la première attestation probable des Garennes, sans être encore certaine. On ne peut pas pour autant y installer définitivement le ménage Lambert-Cluzeau, ni localiser sa maison. Lecture probable
La recherche par variantes dans les registres paroissiaux et l’état civil n’a livré aucun autre candidat local ; l’autre résultat concerne Clichy-la-Garenne. Aucun article des Garennes n’a été retrouvé dans l’index de Gourgues (1873). Ce sont des résultats de recherche, non la preuve que le nom serait absent de tous les originaux.
La première division de la section E est intitulée « dite de CAVEROQUE », levée par le géomètre Lacoste. Le tableau d’assemblage du cadastre napoléonien (plan cadastral de 1824) date l’achèvement sur le terrain du 10 août 1824 (3 P 3 4616) ; la feuille E1 elle-même n’est pas datée. Dans le secteur rapproché du point actuel des Garennes, les parcelles 472, 478 et 479 ne portent ni nom du lieu ni bâtiment teinté. 3 P 3 4625 · E1
Le blanc de la feuille ne dit pas si la terre est bois, pâture ou labour. Il ne donne pas les propriétaires. Ces réponses se trouvent dans l’état de sections (le registre du cadastre qui décrit chaque parcelle) et les matrices cadastrales (registres des propriétaires). Les numéros de 1824 ne doivent pas être confondus avec ceux des 17 parcelles actuelles.
Le périmètre moderne déborde le seul fond de vallée : il comprend aussi le versant boisé. L’absence de nom sur ces cartes n’efface donc pas les terres ; elle empêche simplement de dater le nom de lieu à partir de leur légende. Cartes examinées
Dans la couche IGN 1950–1965, la masse boisée occupe déjà le centre du lieu, au contact de terres ouvertes. La couche 1965–1980 conserve cette organisation ; on y distingue un plan d’eau près du chemin du vallon, qui n’est pas discernable au même emplacement sur la première image. Les fourchettes sont celles des couches IGN, pas des dates précises de clichés. Elles ne permettent pas de donner une année de creusement.
| Date / source | Constat | Portée |
|---|---|---|
| Cadastre | 18,39 ha · 17 parcelles · aucun bâtiment E 232–237, E 242–249, E 755, E 756, E 871. | Parcelles et bâti recalculés sur l’extraction locale. |
| RPG 2024 | 5,27 ha de prairie permanente (PPH). | Surface déclarée située dans le lieu ; le reste n’est pas automatiquement de la forêt. |
| PLUi-H 2024 | 11,55 ha en N ; 6,84 ha en A. | Lecture du zonage 2024 conservé ; pas une certification du règlement actuel. |
Une singularité se trouve dans ce périmètre : le point « GROTTE DES GIRARDS », AQIAA0006766, classé cavité naturelle par le BRGM. Sa position tombe aux Garennes, à environ 198 m à l’ouest-nord-ouest du point repère. Son nom ne suffit pas à la rattacher au lieu-dit Le Girard ; la notice géologique n’établit aucune occupation humaine ancienne. Inventaire Géorisques. Notice officielle
Le dossier disponible ne permet encore ni de dater sûrement la naissance du nom, ni d’identifier une succession de propriétaires. Il ne contient aucune population recensée attribuée aux Garennes. Pour avancer, il faut relier le nom aux terres, puis les terres aux actes.
État de sections A à E, sans date à l’inventaire : chercher les Garennes, puis les anciennes parcelles 472, 478, 479 et leurs voisines. Relever noms de quartiers, cultures et propriétaires.
Matrice de 1826 : suivre les comptes des propriétaires établis par l’état de sections et les mutations de leurs terres.
Propriétés non bâties, 1914–1955 : suivre bois et terres jusqu’au cadastre rénové ; rechercher les correspondances de numéros.
Faire relire le domicile de Jean Lambert dans le baptême du 19 février 1690 : Garennes ou Granges.
À partir des propriétaires retrouvés, chercher ventes, partages et confronts ; un éventuel droit de garenne devra être attesté par un acte propre à ces terres.