Dossier d'archives · Dordogne

Le Juge
en Villadeix

Neuf hectares et demi de bois et de terres sur le versant nord d'un petit vallon — et, juste de l'autre côté du ruisseau, un vrai village qui porte le même nom, mais qui n'est pas dans la même commune. Depuis 1669, les registres racontent des Langlade, des Gauville, des Meynardie « frère et sœur » qui habitent tous l'autre Juge, celui de Saint-Marcel-du-Périgord. Deux actes de l'an II, en pleine Révolution, viennent pourtant placer une naissance et une mort « au lieu du juge de cette commune » — de Saint-Félix. La contradiction n'a pas été résolue ; ce dossier la conserve telle quelle, avec ses vingt actes et sa carte des deux périmètres.

44°54′32″ N — 0°40′24″ E Commune de Saint-Félix-de-Villadeix (24405) Cadastre section D, 21 parcelles, ≈ 9,6 ha Bâti cadastral : aucun
1669du Juge« du village du Juge », registre de Saint-Marcel
1671Jutgeforme occitane du mot « juge », confirmée sur l'original
1751-1793iuge · juge« village du iuge », registres de Saint-Félix, toujours pour un habitant de Saint-Marcel
1796jugo« au jugo », lecture sûre, identification réservée
1793-1794le juge de cette communean II, formulaire de Saint-Félix — contradiction non résolue
1840 →LE JUGEvillage de Saint-Marcel ; les deux cadastres actuels portent le même nom

Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix →

Le siteUn nom, deux communes

Des terres sans maison, en face d'un vrai village

Le point de repère retenu pour ce lieu-dit désigne un ensemble de bois et de terres du versant nord d'un petit vallon, dans la section D du cadastre de Saint-Félix-de-Villadeix — vingt et une parcelles, D 61-66, 68, 76-86, 342, 437 et 438, pour environ 9,6 hectares. Aucun bâtiment n'y est cadastré. Cadastre Etalab

Le nom qu'on attendrait d'y trouver bâti se trouve en réalité de l'autre côté du ruisseau, à environ 500 mètres au sud-ouest, dans la commune voisine de Saint-Marcel-du-Périgord (INSEE 24445) : un groupe de maisons qu'IGN et le cadastre de cette commune nomment tous deux « le Juge ». Les deux communes possèdent donc, aujourd'hui encore, chacune un lieu-dit « LE JUGE » — l'un bâti, l'autre non. C'est cette homonymie entre deux communes, et non une erreur de lecture, qui explique pourquoi tant d'actes « du Juge » des registres de Saint-Félix concernent en réalité des habitants d'une autre paroisse (l'ancienne circonscription de l'Église). IGN BD TOPO, cadastres 24405/24445

Carte superposant les deux périmètres cadastraux nommés LE JUGE : les terres de Saint-Félix-de-Villadeix en rouge, au nord d'un vallon, et le village bâti de Saint-Marcel-du-Périgord en bleu au sud.
Les deux « Juge ». En rouge, les terres de Saint-Félix, sans bâti ; en bleu, le village de Saint-Marcel, à environ 500 m au sud-ouest. IGN Plan IGN v2 et cadastre Etalab, 24405 et 24445 ; superposition documentaire, non plan de bornage.

Le voisin immédiat au nord, sur les cartes et les vues aériennes, est Le Chêne — hors du périmètre cadastral du Juge, dont le bâti ne doit donc pas servir à écrire une histoire du bâti d'ici. Le plan de 1824 porte déjà le ruisseau « Barbeyrol » et la limite de la « Commune de St marcel » juste au sud des parcelles de Saint-Félix. AD24, 3 P 3 4623

Recadrage du plan cadastral de 1824, section D1 : parcelles de terre numérotées, sans aucune emprise bâtie, entre le versant boisé et le ruisseau Barbeyrol, face à la limite de la commune de Saint-Marcel.
1824, section D1 (AD24, 3 P 3 4623). Des parcelles, un ruisseau, une limite de commune — aucun bâtiment, et le nom « Juge » n'a pas été lu dans ce secteur de la feuille.
Le nomUne étymologie ouverte

« Juge », « Jutge », « iuge », « jugo »

Le nom traverse les siècles sans grande variation : Juge dès 1669, Jutge en 1671 — la forme occitane du mot, confirmée sur l'original, avec un « t » à hampe barrée bien net —, puis iuge et juge tout au long du XVIIIe siècle, une fois jugo en 1796, et enfin « LE JUGE » en lettres capitales sur les deux cadastres actuels. Cassini et Belleyme portent « Juge » sans article lisible ; l'état-major et le Plan IGN portent « le Juge ». Lu sur les originaux et les cartes

L'étymologie locale n'est pas établie. Aucun document consulté ne rattache le nom à un magistrat déterminé, à l'exercice d'une justice sur place ou à un seigneur portant ce titre. La ressemblance avec le nom commun juge ne suffit pas, à elle seule, à choisir entre une fonction, un sobriquet, un patronyme ou une autre transmission du nom. Aucune explication vérifiable n'a été trouvée dans les dictionnaires de noms de lieux consultés. Il serait prématuré de traduire le nom par « maison du juge ». Pistes non tranchées

Extrait de la carte de Cassini montrant le nom Juge accompagné d'un signe de hameau, au sud d'un vallon.
Cassini, feuille 71 (BnF, exemplaire de 1766). Le signe de hameau est au sud du vallon ; les signes cassiniens ne dénombrent pas les maisons.
Extrait de la carte de Belleyme, feuille 22, montrant le hameau Juge sous le lieu-dit le Sirier, séparé par le tracé d'un vallon.
Belleyme, feuille 22, sous « le Sirier ». Levé de la seconde moitié du XVIIIe siècle ; le village voisin, non un point de repère de lieu-dit de Saint-Félix.
Avant 1668Une date à écarter

1650 : une date qui appartient à un autre lieu

Aucune attestation médiévale ni aucun acte antérieur à 1668 propre aux terres du Juge de Saint-Félix n'a été identifié dans les documents consultés. Le nom que l'on rencontre parfois associé à l'année 1650 provient en réalité d'une notice du Dictionnaire topographique de la Dordogne d'Alexis de Gourgues (1873) consacrée à un autre lieu, Combe del Capello, que l'auteur situe « près du Juge » — sans que l'acte notarié de 1650 qu'il cite pour Combe del Capello nomme lui-même le Juge. Son notaire, son étude et sa cote ne sont pas donnés ; l'acte n'a pas été retrouvé. Acte non localisé

Extrait imprimé du dictionnaire de Gourgues, 1873, page 352 : article Combe del Capello, situé près du Juge, avec la date 1650 renvoyant à un acte notarié non identifié.
Gourgues, 1873, p. 352, supplément. La date 1650 date l'acte cité pour Combe del Capello, pas une attestation certaine du nom Juge.

Aucun terrier, hommage, accensement ou bail consulté ne fixe une dépendance seigneuriale propre à ces parcelles. Le cadre général de la châtellenie puis baronnie de Montclar, connu pour l'ensemble de la paroisse de Saint-Félix, ne démontre ni un fief du Juge ni son rattachement foncier particulier. Rien n'autorise à qualifier le lieu de maison noble, de repaire ou de moulin.

1669–1792Le village d'à côté

Une découverte à Saint-Marcel : la plus ancienne mention lue directement

La plus ancienne attestation trouvée dans cette recherche ne vient pas des registres de Saint-Félix, mais d'un sondage complémentaire dans ceux de Saint-Marcel : un baptême daté « Le 1er 10bre 1669 », soit le 1er décembre 1669. La marraine (celle qui présente l'enfant au baptême) — dont le prénom reste à déchiffrer — porte le nom Delburge, après un mot rayé, et est dite femme de Buchion [?] Langlade (le « [?] » signale une lecture incertaine), « du village du Juge ». Lu sur l'original

Montage de deux fragments d'un registre paroissial manuscrit de 1669, se poursuivant d'un feuillet à l'autre, mentionnant une marraine du village du Juge.
AD24, 5 E 446/1, v028-v030. « […] Delburge, famme de Buchion [Langlade], du village du Juge. » Montage de deux fragments successifs ; noms personnels partiellement incertains.

Moins de deux ans plus tard, le 24 mai 1671, cette fois dans le registre de Saint-Félix, Margueritte Langlade, veuve de feu Jean Langlade dit Bonvicaire, habitante du « Jutge » de Saint-Marcel, est marraine d'une enfant née au Cirier, Marguerite Gauville, fille du tisserand Jean Gauville et d'Annette Valade. Le parrain, Gillies Vallade, laboureur (paysan qui cultive la terre), vient de La Malatie, paroisse de Fouleix. L'acte tisse un lien de parrainage entre trois lieux ; il ne prouve aucune parenté biologique entre les Langlade et les Gauville. Lu sur l'original

Ligne manuscrite d'un registre paroissial de 1671 : une veuve Langlade, habitante du Jutge, paroisse de Saint-Marcel, marraine d'une enfant du Cirier.
AD24, 5 E 409/1, v174. « […] veuve de feu Jean Langlade dit Bonvicaire, habitante du village de [le] Jutge, paroisse de Saint-Marcel […] »

Gauville, Langlade, Chadourne : des parrainages, quelques parentés sûres

De 1751 à 1763, les Gauville — orthographiés tour à tour Gauville, Gauille, Gauvile — reviennent à plusieurs reprises comme parrains résidant « au village du iuge paroisse de St marcel ». Le seul prénom Pierre ne permet pas de fusionner toutes ces mentions : le 22 février 1762, un Pierre Gauville épouse Anne Chaumon ; le 24 septembre suivant, une petite Marguerite Gauvile est baptisée, fille d'un autre couple, Pierre Gauvile et Catherine Langlade — sa marraine, Marguerite Gauvile, étant expressément dite sa tante. En l'absence d'âge, de filiation ou d'une séquence décès-remariage, les deux couples Pierre Gauville restent distincts dans cette reconstitution. Lu sur les originaux

Acte de baptême manuscrit de 1762 : Marguerite Gauvile, fille de Pierre Gauvile et Catherine Langlade, du Juge de Saint-Marcel, baptisée à Saint-Félix en l'absence de l'archiprêtre.
24 septembre 1762 (AD24, 5 E 409/3, v227). Marguerite Gauvile, née le 22, fille de Pierre Gauvile et Catherine Langlade « du village du iuge paroisse de St Marcel » ; marraine Marguerite Gauvile, sa tante.

Ce baptême donne au passage l'explication d'un phénomène qui revient plusieurs fois dans les registres : pourquoi des habitants de Saint-Marcel apparaissent-ils dans les registres de Saint-Félix ? La réponse est écrite dans l'acte lui-même — le curé de Saint-Félix intervient en l'absence de l'archiprêtre de Saint-Marcel, comme le 10 décembre 1771 pour un autre baptême Gaumard-Chadourne. Il ne faut donc pas transformer cette présence en preuve de résidence à Saint-Félix. Lu sur les originaux

1760 : un frère et une sœur, aucun « seigneur du Juge » prouvé

Le 28 février 1760, « monsieur Jean Meynardie » et « demoiselle Cristine Meynardie », expressément dits « frere et soeur », habitent le village du Juge et parrainent Cristine Puijaumier, fille de Jean Puijaumier, « sr de Labarthe », habitant lui du Sirier. Le titre de sieur (titre de notable) de Labarthe appartient donc à un homme d'un autre lieu — ni les civilités des Meynardie ni leur parrainage ne prouvent un fief, une noblesse ou la propriété du Juge. Lu sur l'original

Acte de baptême manuscrit de 1760 : Jean et Cristine Meynardie, frère et sœur, habitants du village du Juge, parrain et marraine ; le père de l'enfant, sieur de Labarthe, habite le Sirier.
28 février 1760 (AD24, 5 E 409/3, v199). « […] monsieur jean meynardie et marreine demoiselle cristine meynardie frere et soeur habitans au village du juge […] »

Une mention, enfin, résiste à toute lecture assurée : le 20 juin 1751, un « Jean Fromentières [?] » meurt « presque subitement », âgé — au grossissement — de 27 ans plutôt que 23. Le nom du village est illisible avec certitude sur une page tachée ; il pourrait s'agir du Sirier plutôt que du Juge. Cette mention reste conservée pour mémoire, non comme un fait établi. Lecture incertaine

RévolutionUne contradiction ouverte

1793-1794 : deux actes de l'an II placent le Juge à Saint-Félix

Tous les actes du XVIIe et du XVIIIe siècle rattachent sans exception le village du Juge à la paroisse de Saint-Marcel. Deux actes de l'an II viennent pourtant contredire cette règle, dans une écriture très soignée, quasi calligraphiée, qui exclut une lecture hâtive. Jérôme Roussel, laboureur, et Louise Blondin ont un fils, Pierre, né le 21 septembre 1793 à 22 heures — le formulaire de Saint-Félix situe le foyer « au lieu du juge de cette commune ». L'enfant meurt le 3 décembre suivant, à deux mois et demi ; l'acte du lendemain le dit né « dans la municipalité de Saint-Félix » — la mention est manuscrite, ajoutée à la main dans le corps imprimé, et le rédacteur complète aussi la formule de transport de l'officier « au juge ». Lu sur les originaux

Montage de deux actes d'état civil de 1793 : naissance puis décès de Pierre Roussel, tous deux le rattachant au lieu du juge de la commune de Saint-Félix.
21 septembre - 3 décembre 1793 (AD24, 5 E 409/4, naissances an II, vue 16 et décès an II, vue 33). Naissance et décès du même enfant : les deux actes le rattachent à « au lieu du juge de cette commune » — Saint-Félix, non Saint-Marcel.

Le 16 mars 1794, à 22 heures, naît Léonard Langlade, fils de François Langlade, cultivateur, et Lizabet Mirabet (lecture incertaine : « Mirabel » n'est pas exclu), également placés « au lieu du juge de cette commune ». Marie Langlade, journalière (ouvrière payée à la journée), habite au Juge et sert de témoin. De grands traits traversent l'acte ; aucune annotation lisible n'en explique la portée.

Ce que dit vraiment l'acte

Le déclarant, Léonard Mirabet/Mirabel [?], habite un lieu que l'acte écrit, aux deux endroits où il apparaît, « Cantelaube » (un a, et non un o, à la deuxième syllabe). Une lecture plus ancienne avait proposé « Canteloube [?] ».

Ce lieu n'est pas identifié parmi les lieux-dits recensés ; cela ne change rien à l'attribution de la famille Langlade au Juge.

Acte de naissance manuscrit de 1794 : Léonard Langlade, fils de François Langlade et Lizabet Mirabet, au lieu du juge de la commune de Saint-Félix ; l'acte est traversé de grands traits.
17 mars 1794 (AD24, 5 E 409/4, naissances an II, vue 24). « […] au lieu du juge de cette commune […] ». Les grands traits qui barrent l'acte restent sans interprétation certaine.

Trois explications restent ouvertes, aucune démontrée : une désignation du Juge débordant la limite communale, une habitation alors réellement située du côté de Saint-Félix, ou une pratique — ou une erreur — d'enregistrement propre à la période révolutionnaire. Le plan de 1824 ne montre pas de bâtiment dans le secteur correspondant ; cela ne prouve pas l'absence d'une maison disparue entre 1794 et 1824. Aucune modification de frontière communale n'a été établie. Contradiction non résolue

Deux ans plus tard, en 1796, Antoine Guillien, laboureur, et Marie Escurier [?], parents de la mariée Petronille Guillien, sont dits demeurer « au jugo » — lettres lisibles avec certitude, identification au Juge proposée mais non imposée par le seul suffixe -o. Hypothèse

XIXe siècleRetour à Saint-Marcel

François Langlade, puis Jean Marchandou : le Juge redevient de Saint-Marcel

Le 18 septembre 1804, un François Langlade, 37 ans, agriculteur, signe comme témoin à un mariage : il demeure cette fois explicitement « au juge Commune de St marcel ». Il pourrait être le père rencontré en 1794 ; l'acte ne donne ni épouse ni parents, ce rapprochement reste hypothétique. Identité plausible, non démontrée

Acte de mariage manuscrit de 1804 : François Langlade, agriculteur de trente-sept ans, demeurant au Juge, commune de Saint-Marcel, signataire comme témoin.
18 septembre 1804 (AD24, 5 E 409/5, mariages an XII, vue 2). « […] françois Langlade demeurant à juge Com[m]une de St marcel […] agriculteur âgé de trante-sept ans […] »

Le 3 septembre 1840, Jean Marchandou, 22 ans, cultivateur domicilié à Garrissade, épouse Marie Sirvin, 25 ans, cultivatrice à Lacabane. Il est dit né au village du Juge, commune de Saint-Marcel, fils de Jean Marchandou, cultivateur à Garrissade, et de feue Elisabeth Desplat. L'acte de mariage énumère l'acte de naissance du marié, daté du 3 janvier 1818, et le décès de sa mère, daté du 30 juillet 1832 — deux pièces encore à relire dans l'original pour distinguer date d'acte et date de naissance. Lu sur l'original

Début de l'acte de mariage de 1840 : Jean Marchandou, cultivateur de vingt-deux ans, né au village du Juge, commune de Saint-Marcel, domicilié à Garrissade, épouse Marie Sirvin, de Lacabane.
3 septembre 1840 (5 E 409/8, mariages 1840, vue 4). Jean Marchandou, né au Juge de Saint-Marcel, domicilié à Garrissade.
Suite du même acte de mariage : liste des actes produits par les futurs époux, dont la naissance du marié en 1818 et le décès de sa mère en 1832.
Suite de l'acte (v06). Pièces produites : naissance du 3 janvier 1818, décès de la mère du 30 juillet 1832.

Ce document établit un passage du lieu de naissance — le Juge — à un domicile ultérieur — Garrissade — pas une date de déménagement ni une acquisition de propriété. Le plan de 1824 ne figure toujours aucun bâtiment dans le secteur nord du Barbeyrol correspondant au Juge cadastral de Saint-Félix. Plan de 1824 consulté

Extrait de la carte d'état-major du XIXe siècle : le groupe bâti nommé le Juge figure au sud du ruisseau, dans la commune de Saint-Marcel.
Carte d'état-major, couche IGN 1820-1866. Le groupe bâti « le Juge » reste au sud du ruisseau ; date précise du levé local non établie.
XXe–XXIeUn versant qui se referme

Pas d'événement individualisé, un paysage qui se lit

Le dossier communal du XXe siècle ne fournit aucun événement individualisé pour ce lieu. Les dix-sept recensements disponibles ne contiennent aucune rubrique normalisée pour le Juge de Saint-Félix — ND signifie non déterminé, jamais zéro habitant ; le village bâti, situé à Saint-Marcel, relève des recensements de cette autre commune. Listes des ménages consultées

La comparaison aérienne apporte en revanche une histoire du paysage. Les mosaïques 1950-1965 montrent un versant compartimenté, en partie ouvert, avec arbres, haies et petites unités ; celle de 1965-1980 conserve des ouvertures au sein du versant arboré. Dans l'image récente, le couvert boisé paraît plus continu, tandis que le fond de vallon reste largement ouvert et agricole. Cette comparaison reste visuelle : elle ne mesure ni des surfaces boisées ni une date précise d'abandon des parcelles. Lecture qualitative

Montage comparant la mosaïque aérienne 1950-1965 et une orthophotographie récente du même versant, montrant un couvert boisé plus continu aujourd'hui.
1950-1965 à gauche, récent à droite. IGN, mosaïques ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS ; dates exactes de mission non établies.
Extrait de la mosaïque aérienne IGN 1965-1980 centrée sur le versant du Juge, montrant un état intermédiaire du paysage.
Mosaïque 1965-1980. État intermédiaire, à ne pas dater de 1965 précisément sans métadonnée de mission.

Sous le couvert boisé, le modèle numérique de terrain LiDAR (relevé laser du relief) laisse deviner des talus et des compartiments de relief. Aucune datation ni interprétation archéologique n'en est démontrée ici : c'est un relief visible, pas un diagnostic. Hypothèse, sans datation

Modèle de terrain LiDAR ombré du versant du Juge, laissant apparaître des talus et des compartiments de relief sous le couvert boisé.
LiDAR HD, IGN. Talus et compartiments visibles sous le bois ; aucune datation ni diagnostic archéologique établis dans ce dossier.

Aujourd'hui

Le lieu-dit cadastral de Saint-Félix demeure, dans les données consultées, sans bâti enregistré, associant bois et terres de vallon. Les sources actuelles relèvent 3,57 ha de surfaces agricoles déclarées au registre parcellaire graphique 2024, principalement en blé tendre d'hiver (2,43 ha), avec de la betterave non fourragère (0,67 ha), une surface temporairement non exploitée (0,24 ha), une jachère (0,18 ha) et une prairie permanente (0,05 ha) — des catégories déclaratives d'une seule année, non une histoire des cultures de chaque parcelle. Données RPG 2024, secondaires

Le PLUi-H (plan local d'urbanisme intercommunal) approuvé le 26 novembre 2024 attribue environ 5,84 ha à la zone N et 3,72 ha à la zone Atvb, ainsi que 3,73 ha de zone humide et environ 666 m de haies et ripisylves repérées. Une partie du lieu est en outre comprise dans la ZNIEFF (zone naturelle d'intérêt écologique) 720012869, « Coteaux xérothermiques de Sainte-Foy-de-Longas » (5,46 ha, environ 57 % du périmètre). Ces chiffres décrivent une extraction de données datée, non l'état réglementaire en vigueur en 2026. Extraction PLUi/ZNIEFF, secondaire

Et maintenantOù chercher

Ce que seule une lecture des matrices cadastrales (registres des propriétaires) peut trancher

Le plan de 1824 décrit des parcelles, mais aucun propriétaire ; les matrices et l'état de sections n'ont pas été consultés pour ces terres. Aucune succession de propriétaires, aucun héritage, bail à métayage ou achat du Juge de Saint-Félix ne peut, à ce stade, être donné. Le mot laboureur, cultivateur ou agriculteur ne distingue pas, à lui seul, propriétaire exploitant, fermier et métayer. La question la plus utile pour un futur dossier reste celle de la contradiction de l'an II : à qui appartenaient réellement, en 1793-1794, les terres où l'on a écrit « au lieu du juge de cette commune » ?

À consulter en salle

  • 63 P 1716

    État de sections de Saint-Félix, sections A à E, sans date dans l'inventaire : rechercher Juge/Jutge, identifier les numéros anciens et les propriétaires des terres au nord du Barbeyrol, relever les natures de culture.

  • 63 P 704

    Matrice des propriétés bâties et non bâties, 1826 : à partir de l'état de sections, suivre chaque compte et vérifier l'existence éventuelle d'un compte au nom d'un habitant du village voisin.

  • 63 P 1547/1-2

    Non bâti 1914-1955 : suivre la propriété et les changements de nature de culture au XXe siècle, relier ancien et nouveau parcellaire.

  • 63 P 2192
    63 P 1547/3

    Bâti 1882 et 1910-1955 : tester un bâtiment disparu ou une attribution de bâtiment à la mauvaise rive, sans présumer qu'un article existe pour le Juge de Saint-Félix.

  • 5 E 446/3

    Saint-Marcel, 1793-an XI, avec lacunes indiquées par l'inventaire : chercher les doubles, renvois ou absences correspondant à Pierre Roussel (1793) et Léonard Langlade (1794), pour tenter de résoudre le rattachement territorial.

  • 5 E 446/5

    Saint-Marcel, 1813-1822 : relire l'acte du 3 janvier 1818 de Jean Marchandou — date réelle de naissance, prénom du père, domicile des parents.

  • 5 E 446/6

    Saint-Marcel, 1823-1832 : tester l'acte de décès d'Elisabeth Desplat du 30 juillet 1832 ; si absent, chercher sans présumer Saint-Marcel.

  • 5 E 446/1-2
    5 MI TD 22

    Saint-Marcel, 1669-1711 (années discontinues), 1737, 1743-1790, et tables décennales 1793-1902 : reconstituer les Langlade, Gauville, Meynardie, Chadourne et Gaumard du village de Saint-Marcel.

  • à localiser

    L'acte notarié de 1650 cité par Gourgues, p. 352 : aucune cote ni étude identifiée à ce jour — rechercher d'abord ses notes et la provenance de sa référence « Combe del Capello », sans inventer une cote notariale.

  • 24445

    Cadastre, matrices et recensements de Saint-Marcel-du-Périgord : histoire du village bâti et de ses exploitants, à mener séparément de ce dossier.