Dossier d'archives · Dordogne

La Sourde
en Villadeix

Au-dessus de Rabard et du Pigat, La Sourde dessine une avancée de champs dans les bois. En 1824, le cadastre y trace des parcelles sans maison, mais n’écrit pas ce nom. Les photographies du siècle suivant retrouvent les clairières et les haies ; les vues récentes y ajoutent quelques toits. L’histoire du terrain se laisse suivre mieux que celle du mot, dont le sens reste à éclaircir.

44,92639° N · 0,67259° E Commune de Saint-Félix-de-Villadeix (24405) Cadastre section E · 22 parcelles · ≈ 10,51 ha Altitude au point de repère ≈ 166 m · IGN
JANVIER 2012La Sourdebulletin municipal ; première mention positive retenue ici
CONSULTÉ EN 2026LA SOURDEnom du lieu-dit cadastral actuel

Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix

Le siteEntre bois et chemin

Dix hectares au nord du Pigat

Le lieu-dit cadastral s’étend au nord de Rabard et du Pigat, à environ 840 mètres à l’ouest-nord-ouest du bourg. La route du Girard en borde le sud. Les bois occupent la partie septentrionale, autour d’une clairière allongée ; les terres ouvertes descendent vers le chemin. Le point de coordonnées donné ci-dessus se trouve dans cet ensemble, et ne désigne pas une maison. Cartes et données

Plan IGN montrant le périmètre cadastral de La Sourde en carmin, au nord de Rabard et du Pigat, avec des bois et la route du Girard au sud.
Le périmètre actuel. Cadastre Etalab, commune 24405, sur le plan IGN. Contour et échelle ajoutés. Il ne s’agit pas des limites démontrées d’un ancien domaine.
Le nomDeux pistes ouvertes

Une source, ou un sobriquet ?

Une étude de Mathieu Fauré sur les noms des zones humides en Gascogne rapproche Sourdes et Sourdère de l’occitan sorda, « source » (2015, p. 2). Mais Frank R. Hamlin explique des noms Sourde de l’Hérault par sorda, « sourde », sobriquet, c’est-à-dire un surnom (p. 388). Ce sont deux comparaisons possibles, dans d’autres régions occitanes. Origine du nom incertaine

Aucun acte local ne permet de choisir. Aucune fontaine nommée La Sourde ni aucun ancien porteur du sobriquet n’a été identifié dans les pièces retenues. Le bassin visible au nord-ouest sur les vues aériennes est d’ailleurs hors du périmètre cadastral : sa présence ne démontre pas l’origine du nom.

L’attestation positive la plus ancienne retenue ici est modeste mais sûre : le bulletin municipal de janvier 2012 écrit « La Sourde ». Il en atteste l’usage, pas la naissance. Le cadastre numérique conserve aujourd’hui la même forme, en capitales. Documents consultés

Avant 1824Des silences à mesurer

Un terrain entre les villages nommés

Sur Cassini, le nom La Sourde n’apparaît pas entre les établissements voisins. Belleyme, planche 22, représente des bois au nord de Rabard et du Pigat sans nommer ce lieu. À l’échelle de ces cartes, l’absence d’un nom de terres n’indique pas qu’il n’existait pas. Le repérage du secteur reste approximatif. Images examinées

Extrait de Cassini autour de Rabard, du Pigat et du Girard, avec reliefs hachurés et symboles d’habitat ; aucun nom La Sourde n’y est écrit.
Cassini, XVIIIe siècle. Extrait de la mosaïque IGN. La Sourde actuelle se situe au nord des groupes voisins de Rabard et du Pigat ; aucune limite cadastrale précise n’est projetée sur cette carte ancienne.

La recherche dans les registres paroissiaux et l’état civil — 10 003 actes relevés — ne livre aucune mention attribuable à La Sourde de Saint-Félix. Les six résultats proches renvoient, dans ces relevés, à d’autres communes. Aucun ménage n’est rattaché au lieu dans le relevé des recensements. Ce constat porte sur les relevés disponibles ; il ne vaut pas une nouvelle lecture de tous les originaux ni un dénombrement de zéro habitant. Limite des relevés

Gourgues ne fournit pas non plus d’entrée locale retrouvée. Les pages de son dictionnaire de 1873 donnent « Coste-Sourde » à Saint-Laurent-des-Bâtons (p. 87) et « Sourderie (La) » à Sainte-Alvère (p. 318). Ces ressemblances ne doivent pas enrichir artificiellement l’histoire de La Sourde.

1824Le premier détail parcellaire

Des parcelles sans maison, au-dessus du Pigat

Il faut ouvrir la deuxième division de la section E, « dite de CAVEROQUE », levée par M. Lacoste, géomètre. La feuille E2 montre le terrain recherché. Le tableau d’assemblage date l’achèvement du travail sur le terrain du 10 août 1824 (AD Dordogne, 3 P 3 4616). Lu sur l’original

Détail du cadastre de 1824, section E2 : parcelles numérotées sans bâtiment au nord des premières constructions roses du Pigat, visibles en bas.
AD Dordogne, 3 P 3 4626, feuille E2. Secteur correspondant à La Sourde actuelle, au nord du Pigat. On lit notamment 763, 769, 773, 774 et 780. Les bâtiments roses du bas donnent le repère du voisinage ; le nom La Sourde n’est pas inscrit.

De grandes pièces de terre côtoient des subdivisions plus étroites. Aucune masse bâtie n’est dessinée dans le secteur correspondant à La Sourde. Les chemins permettent le rapprochement avec le plan actuel, mais celui-ci ne donne pas encore une correspondance parcelle par parcelle. Lu sur le plan

Le dessin ne dit ni qui possède ces terres, ni lesquelles sont labourées, boisées ou en pré. Il ne prouve pas davantage que tout cet ensemble porte déjà le nom La Sourde. L’état de sections devra répondre à ces questions.

DateSourceCe qu’elle établit
18243 P 3 4626 · E2Le terrain est dessiné ; aucun nom La Sourde ni bâtiment dans le secteur. Plan original.
Janv. 2012Bulletin municipal
article 257
« La Sourde » est écrit. Première attestation positive retenue, non date de création.
2026Cadastre numérique
commune 24405
« LA SOURDE » désigne un périmètre d’environ 10,51 ha. Date de consultation.
XIXe–XXe s.Les bois et les clairières

Un paysage longtemps ouvert au sud

La minute d’état-major représente les pentes et les voies, avec les groupes de maisons au sud du secteur. Elle n’écrit pas La Sourde. Sa date précise de levé reste inconnue : on conserve l’intervalle 1820–1866 de la couche IGN. Image examinée

Minute d’état-major avec relief hachuré, voies et groupes de bâtiments carmin au sud du secteur de La Sourde, qui reste sans nom.
État-major, mosaïque IGN au 1/40 000. Repérage par le voisinage ; le décalage de la carte ancienne interdit une lecture parcellaire. La cote voisine proposée comme « 167 [?] » n’est pas utilisée comme mesure exacte du lieu.

La première couche aérienne consultée montre des bois au nord, une clairière allongée et plusieurs pièces agricoles au sud, séparées par des haies ou des arbres. Aucun bâtiment n’est distingué à l’intérieur du contour actuel reporté. La couche suivante conserve cette organisation générale ; les découpages intérieurs ont changé. Images comparées

Vue aérienne noir et blanc de la couche 1950–1965 : bois, clairière et champs bordés de haies dans le contour actuel de La Sourde.
Couche IGN 1950–1965. Limite cadastrale actuelle reportée pour le repérage.
Vue aérienne noir et blanc de la couche 1965–1980 montrant les bois et des champs aux limites modifiées dans La Sourde.
Couche IGN 1965–1980. Même emprise et même contour de repérage.

Ces intervalles sont ceux des couches d’images. Le jour et l’année du cliché local n’ont pas été identifiés : on ne peut donc dater précisément un défrichement ou un changement de parcellaire à partir des seuls noms des fichiers.

Aujourd’huiQuelques toits dans les terres

Le nom de terres sert aussi d’adresse

Sur l’image récente, quelques constructions occupent la partie méridionale. Les données cadastrales retrouvent six emprises cadastrales ; la BD TOPO représente quatre bâtiments, dont deux à usage résidentiel. Ces bases n’ont pas le même découpage et ne donnent pas un nombre d’habitants. La Base Adresse Nationale associe La Sourde à la route du Girard. Données cadastrales

Orthophotographie récente de La Sourde : bois au nord, clairière, prairies et quelques constructions dans la partie sud du périmètre cadastral.
Orthophotographie (photo aérienne) IGN consultée en 2026. Limite cadastrale actuelle en carmin. L’année de consultation n’est pas présentée comme celle de la prise de vue.

La Sourde n’est donc pas aujourd’hui un espace entièrement dépourvu d’habitat. En revanche, aucune chaîne d’occupants anciens n’est établie sous ce nom. Les années d’apparition indiquées par la BD TOPO ne suffisent pas à dater les chantiers : les autorisations de construire et les archives foncières restent à consulter.

La suiteRetrouver le nom dans les terres

La prochaine preuve sera probablement cadastrale

L’enquête doit partir des parcelles, puisque les registres de population ne fournissent pas de point d’entrée local. Les cotes ci-dessous sont repérées dans l’inventaire des AD Dordogne ; leur contenu n’a pas été consulté en salle.

À consulter en salle

  • 63 P 1716

    État de sections A à E. Chercher le nom, les propriétaires et les natures de culture dans le secteur des anciennes parcelles 763, 769, 773, 774 et 780, puis étendre aux pièces voisines.

  • 63 P 704

    Matrice de 1826 (registre des propriétaires et de leurs terres). Suivre les comptes identifiés par l’état de sections et leurs mutations.

  • 63 P 1547/1–3

    Matrices du XXe siècle. Non bâti, 1914–1955 ; bâti, 1910–1955. Consulter aussi 63 P 2192, matrice bâtie de 1882, si les renvois y conduisent.

  • Cote à demander

    Rénovation cadastrale et concordances. Relier E2 aux parcelles modernes ; rechercher une mention plus ancienne de La Sourde dans les documents d’adressage et les titres retrouvés.