Dossier d'archives · Dordogne
Le 23 mars 1692, le curé de Saint-Félix baptise Marie Lacombe, fille d'un meunier. Ses parents habitent un moulin dont le nom se lit probablement « lagargoute ». Une famille, un métier, un domicile : quelques lignes rendent vie à ce nom oublié. Son emplacement reste à retrouver.
Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix
Marie est née le 16 mars. Une semaine plus tard, le curé la baptise dans l'église paroissiale de Saint-Félix et inscrit le métier de son père : Daniel Lacombe, meunier. Lui et Jeanne Maury, la mère, sont dits habitants du moulin « de cette parroisse ». Le registre atteste donc un moulin habité. Il ne donne ni le propriétaire, ni le cours d'eau, ni le lieu précis de l'accouchement.Lu sur l’original
| Date | Fait | Personnes et preuve |
|---|---|---|
| 16 mars 1692 | Naissance | Marie Lacombe : « née le 16 du courant », dans l'acte du 23 mars. Certain |
| 23 mars 1692 | Baptême | Daniel Lacombe et Jeanne Maury, parents domiciliés au moulin, paroisse de Saint-Félix. Certain |
| Même acte | Nom du domicile | « moulin de lagargoute [?] », répété lorsque Daniel figure parmi les présents. Lecture probable |
Le parrain est Jean Moureau, qualifié de « sargeur », du bourg. La marraine, Marie Mauri, femme du laboureur (cultivateur) Rigou Rey, habite « Lafartelle [?] », paroisse de Saint-Marcel. Henry Mauri, laboureur du même lieu extérieur, est également présent. Le nom de famille partagé avec la mère ne suffit pas à établir une parenté. Ces relations n'indiquent pas davantage où chercher le moulin. Le curé constate que les personnes désignées n'ont pas signé. (Même acte, dernières lignes.)
La seconde occurrence permet de contrôler la première. Comparées aux mots sûrs du feuillet (« parroisse », « parrain », « marraine », « meunier », « bourg », « signé »), les lettres montrent que le r est court, le g plonge sous la ligne, le t se recourbe. La lecture retenue est « lagargoute [?] », avec l'article apparemment soudé ; La Gargoute en est la présentation séparée.Forme écrite probable
Le sens du nom reste inconnu. La recherche lexicale n'a livré aucune étymologie documentée de ce nom de lieu précis. Aucun texte ne permet non plus de transformer La Gargoute en une ancienne forme de La Farguette. La ressemblance des noms ne donne ni une traduction ni un emplacement.
Les extraits de Cassini et de la carte d'État-major montrent les vallées et plusieurs repères de moulins. Aucun libellé Gargoute n'y a été relevé. Sans un bail, un nom de propriétaire ou un confront (terre voisine), aucun signe cartographique ne peut être attribué au domicile des Lacombe.Site non localisé
Le tableau d'assemblage cadastral (plan d'ensemble) est « terminé sur le terrain le 10 août 1824 », selon son cartouche. Il nomme les moulins de Blanchard, de Lapeyrose, de Rabard et Bessou. Les tables des feuilles ne donnent aucun résultat pour Gargoute. Il serait donc prématuré d'attribuer à ce nom une section, une parcelle ou un bâtiment de 1824. (AD Dordogne, 3 P 3 4616 ; relevés cadastraux établis pour cette étude.)
L'absence du nom dans les tables du cadastre ne date pas la disparition du moulin. Le tableau d'assemblage, sans numéros parcellaires, ne suffit pas à suivre les propriétaires : il faudra les documents écrits du cadastre.
Aucune entrée Gargoute n'a été retrouvée dans l'index ni dans la transcription intégrale du dictionnaire de Gourgues. À la page 141, l'imprimé porte cependant un « Gaucel (Moulin de) », sur la Louire, rattaché à Saint-Félix-de-Villadeix. Cet article ne fournit aucun lien avec Gargoute. Gourgues, p. 141.Lu sur l’imprimé
La Gargoute est classée parmi les lieux disparus recensés pour cette étude, mais cette catégorie ne démontre ni une démolition ni un abandon. Le site peut avoir changé de nom ; rien ne l'établit encore. Aucune maison, ruine, adresse ou altitude actuelle ne peut lui être attribuée. Le fond IGN contemporain examiné n'apporte pas la correspondance manquante.
La recherche dans les registres paroissiaux et l'état civil n'a retrouvé que le baptême de 1692. C'est la limite de la documentation réunie, pas une date de fin d'activité : les originaux n'ont pas tous été consultés. L'absence de ménage recensé dans le relevé des mentions du lieu ne doit surtout pas effacer les habitants que le registre nomme.
La pièce décisive serait un bail de Daniel Lacombe : un propriétaire, un cours d'eau et quelques confronts permettraient peut-être de reconnaître le moulin. Les pistes suivantes restent à consulter ; aucune ne garantit une mention de Gargoute.
Étude et articles à identifier : baux, obligations et inventaires de Daniel Lacombe et Jeanne Maury autour de 1692 ; rechercher les deux formes du nom.
État de sections A à E, sans date dans l'inventaire : chercher anciennes appellations et parcelles de moulins dans toutes les sections.
Matrice cadastrale de 1826 (registre des propriétés) : après le repérage d'une parcelle ou d'un propriétaire, rechercher une éventuelle continuité sous un autre nom.
Articles à identifier seulement si une continuité au XIXe siècle apparaît : plans, règlements d'eau et changements d'appellation.