Dossier d'archives · Dordogne

Font-Bonne
en Villadeix

De Font-Bonne, les documents ont gardé un nom de terre et, probablement, le titre d'un homme. Gourgues le décrit comme un tènement (ensemble de terres) de Saint-Félix, ancien fief de l'église de Saint-Front, attesté par un acte de 1760. Un « sieur de Fonbonne » apparaît déjà dans les registres du XVIIe siècle. Sa résidence à Cavigne est connue ; l'emplacement de la terre reste à retrouver.

Coordonnées non établies Commune de Saint-Félix-de-Villadeix (24405) Cadastre parcelles non identifiées Altitude indéterminée
1692fonbonne [?]titre du parrain ; lecture probable
1695Fonbonne« sieur de Fonbonne », habitant Cavignes
1760 · cité en 1873Font-Bonnetènement de Saint-Félix, selon Gourgues

Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix

Le lieuUne terre à retrouver

Trois lignes pour un ancien tènement

La pièce qui rattache explicitement Font-Bonne à Saint-Félix tient en trois lignes du dictionnaire d'Alexis de Gourgues. À la page 124 de l'édition de 1873, l'auteur écrit :

« Font-Bonne, cne de Saint-Félix-de-Villadeix, ténement. — 1760 (Acte not.). Anc. fief de l'église de Saint-Front. »Gourgues, 1873, p. 124
Entrée Font-Bonne chez Gourgues : tènement de Saint-Félix-de-Villadeix, acte notarié de 1760, ancien fief de l'église de Saint-Front.
Gourgues, p. 124. La date et le rattachement communal sont lisibles. L'acte notarié cité n'a pas été retrouvé.

Ténement désigne ici un ensemble foncier. Gourgues ne le qualifie pas de hameau et ne donne ni habitants, ni maisons, ni superficie. Il signale une ancienne dépendance envers Saint-Front, sans en dater l'origine ni en détailler les droits. 1760 est une attestation rapportée, pas la date de naissance du lieu. Source indirecte

Le jour de l'acte, le nom du notaire et sa cote manquent. On ignore donc s'il s'agissait d'une vente, d'un bail ou d'une reconnaissance. Cette référence suffit à préserver un nom ; elle ne permet pas encore de le poser sur une carte.

1692–1695Un nom porté en titre

Le sieur de Fonbonne habite Cavigne

16 juin 1692. Le curé Delboy baptise Jeanne Faulcon, née la veille, dont les parents habitent « Cantegreilh ». Le parrain (celui qui présente l'enfant au baptême) est Jean Lachieze, suivi d'un titre que l'on peut lire « Sr de fonbonne » (« sieur » : titre de courtoisie donné à un monsieur). Au-dessous, il signe « Lachieze ». La marraine, Jeanne Lachieze, est dite « Demoisille de Cavigne », mais réside au bourg. Le domicile du parrain n'est pas établi par cet acte.

Baptême du 16 juin 1692 : Jean Lachieze est parrain, avec un titre lu probablement sieur de fonbonne ; sa signature figure sous l'acte.
AD Dordogne, 5 E 409/2, vue 263, gauche. Deuxième acte. La forme écrite « fonbonne » reste une lecture probable.

L'écriture du curé conduit à retenir : lu « fonbonne », forme attendue « Fonbonne ». L'encre pâle conserve une part d'incertitude. Lecture probable

11 décembre 1695. Le nom devient plus net. Au baptême d'une petite Catherine, née le 7, le parrain est « Jean Lachaize sieur de Fonbonne hnt dud Cavignes ». Les parents habitent eux aussi « Cavignes ». Le curé distingue ainsi la désignation du sieur et son domicile : la résidence est à Cavigne ; l'acte ne situe pas Fonbonne. Lu sur l'original

Baptême du 11 décembre 1695 : Jean Lachaize, sieur de Fonbonne, est explicitement dit habitant dudit Cavignes.
AD Dordogne, 5 E 409/2, vue 330, droite. Troisième acte. La vue 331 est une seconde prise de la même page : un seul baptême, deux images.

Ces deux actes rendent probable le rapprochement avec le Font-Bonne de Gourgues. Ils ne donnent ni les limites du bien, ni la preuve que les deux Jean sont le même homme, ni une chaîne de propriété. Le titre seul ne suffit pas davantage à établir une noblesse.

DateMentionNiveau de preuve
16 juin 1692fonbonne [?], titre de Jean Lachieze.
5 E 409/2, v. 263 G.
Lu sur l'original ; forme écrite probable ; identification probable.
11 déc. 1695Fonbonne, titre de Jean Lachaize, habitant Cavignes.
5 E 409/2, v. 330–331 D.
Titre et domicile certains ; rattachement au tènement probable.
1760Font-Bonne, tènement de Saint-Félix.
Gourgues, 1873, p. 124.
Imprimé consulté ; acte de 1760 non consulté.
Le nomLa « bonne source »

Un nom d'eau, sans source identifiée

L'occitan font bona, « bonne source », fournit l'explication la plus vraisemblable. Hamlin donne expressément ce sens pour des Font-Bonne de l'Hérault, à la rubrique FONT, XXIV de son dictionnaire. C'est une comparaison linguistique, pas une attestation de notre lieu : elle ne permet d'identifier ici ni fontaine, ni captage. Hamlin, p. 163. Sens probable ici

Le nom est partagé. La même page de Gourgues distingue plusieurs Font-Bonne de Dordogne, dont celui de Saint-Félix et une fontaine de Pressignac. Leurs histoires ne peuvent être réunies sur la seule ressemblance des noms.

Colonne du dictionnaire de Gourgues présentant plusieurs lieux nommés Font-Bonne, avec des entrées distinctes pour Saint-Félix-de-Villadeix et Pressignac.
Gourgues, p. 124, colonne de gauche. Une série d'homonymes. L'indication de commune est indispensable pour attribuer chaque mention.
1824 → aujourd'huiLa limite des cartes

Cavigne se dessine ; Font-Bonne reste à situer

Le tableau d'assemblage (plan d'ensemble) du cadastre de 1824 porte la fin des opérations de terrain au 10 août 1824 (3 P 3 4616, date lue dans le cartouche). La recherche de Font-Bonne et de ses variantes dans les index du tableau et des dix feuilles parcellaires de 1824 n'a donné aucun résultat. Les deux index de feuilles de 1956 disponibles n'en donnent pas davantage. Ce constat porte sur les index ; les livres cadastraux restent à consulter.

La feuille C1 nomme clairement « Cavigne. ». Elle montre ses bâtiments roses et ses chemins : c'est le village de résidence cité en 1695. Aucun de ces bâtiments n'est attribuable à Jean Lachaize, aucune de ces parcelles à Font-Bonne.

Cadastre de 1824, détail de Cavigne : bâtiments roses et parcelles autour d'un chemin ; aucune parcelle n'est identifiée comme Font-Bonne.
AD Dordogne, 3 P 3 4621, section C, feuille 1. Cavigne en 1824. Ce détail éclaire le domicile du sieur ; il ne localise pas son titre.

Le tableau d'assemblage et les aperçus consultés de Cassini et de l'État-major n'ont pas fourni de localisation sûre. Sans confronts anciens, choisir une source voisine ou une pièce de bois reviendrait à inventer un emplacement.

Aujourd'hui

Aucune correspondance sûre avec un nom cadastral actuel n'est établie. Il serait donc prématuré de décrire un paysage « de Font-Bonne », ses cultures ou ses maisons. Le nom demeure un lieu à retrouver dans les actes.

Fond IGN contemporain montrant Cavigne, le bourg de Saint-Félix et la Louyre ; aucun point ni périmètre de Font-Bonne n'est attribué.
IGN, fond contemporain conservé dans les ressources du projet. Repères de Cavigne et du bourg ; édition exacte du fond non certifiée. Font-Bonne n'est pas localisé sur cet extrait.

Aucune mention d'état civil attribuable à ce Font-Bonne n'a été retrouvée dans les relevés consultés. Cela ne prouve pas que le lieu n'a jamais été habité. « Disparu » désigne ici un nom sans emplacement établi, non la destruction démontrée d'un village. Localisation ouverte

La suiteRetrouver les confronts

L'acte de 1760 est la pièce décisive

Un chemin, un voisin, un ruisseau nommé dans cet acte pourraient rendre au tènement un emplacement. Les recherches suivantes visent cette identification ; leur résultat n'est pas acquis.

À consulter en salle

  • AD24 · 3 E
    cote à identifier

    Retrouver l'acte notarié de 1760 cité par Gourgues. Relever les confronts et les détenteurs, sous les orthographes Font-Bonne, Fonbonne et Fombonne.

  • AD24 · série G
    Saint-Front

    Examiner les terriers et titres fonciers concernant Saint-Félix. La piste vient de la mention d'ancien fief ; aucun article contenant Font-Bonne n'est encore identifié.

  • AN · 109 AP/1–12

    Explorer la collection Alexis de Gourgues. Le fonds existe ; la présence de l'acte recherché reste à vérifier dans son inventaire et ses pièces.

  • AD24 · 63 P 1716
    63 P 704

    Lire l'état de sections A à E, sans date dans l'inventaire, et la matrice de 1826 (registre des propriétés). Chercher les noms secondaires des biens, puis les confronter au plan. Références repérées dans les inventaires ; registres non consultés.