Dossier d'archives · Dordogne
De Font-Bonne, les documents ont gardé un nom de terre et, probablement, le titre d'un homme. Gourgues le décrit comme un tènement (ensemble de terres) de Saint-Félix, ancien fief de l'église de Saint-Front, attesté par un acte de 1760. Un « sieur de Fonbonne » apparaît déjà dans les registres du XVIIe siècle. Sa résidence à Cavigne est connue ; l'emplacement de la terre reste à retrouver.
Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix
La pièce qui rattache explicitement Font-Bonne à Saint-Félix tient en trois lignes du dictionnaire d'Alexis de Gourgues. À la page 124 de l'édition de 1873, l'auteur écrit :
« Font-Bonne, cne de Saint-Félix-de-Villadeix, ténement. — 1760 (Acte not.). Anc. fief de l'église de Saint-Front. »Gourgues, 1873, p. 124
Ténement désigne ici un ensemble foncier. Gourgues ne le qualifie pas de hameau et ne donne ni habitants, ni maisons, ni superficie. Il signale une ancienne dépendance envers Saint-Front, sans en dater l'origine ni en détailler les droits. 1760 est une attestation rapportée, pas la date de naissance du lieu. Source indirecte
Le jour de l'acte, le nom du notaire et sa cote manquent. On ignore donc s'il s'agissait d'une vente, d'un bail ou d'une reconnaissance. Cette référence suffit à préserver un nom ; elle ne permet pas encore de le poser sur une carte.
16 juin 1692. Le curé Delboy baptise Jeanne Faulcon, née la veille, dont les parents habitent « Cantegreilh ». Le parrain (celui qui présente l'enfant au baptême) est Jean Lachieze, suivi d'un titre que l'on peut lire « Sr de fonbonne » (« sieur » : titre de courtoisie donné à un monsieur). Au-dessous, il signe « Lachieze ». La marraine, Jeanne Lachieze, est dite « Demoisille de Cavigne », mais réside au bourg. Le domicile du parrain n'est pas établi par cet acte.
L'écriture du curé conduit à retenir : lu « fonbonne », forme attendue « Fonbonne ». L'encre pâle conserve une part d'incertitude. Lecture probable
11 décembre 1695. Le nom devient plus net. Au baptême d'une petite Catherine, née le 7, le parrain est « Jean Lachaize sieur de Fonbonne hnt dud Cavignes ». Les parents habitent eux aussi « Cavignes ». Le curé distingue ainsi la désignation du sieur et son domicile : la résidence est à Cavigne ; l'acte ne situe pas Fonbonne. Lu sur l'original
Ces deux actes rendent probable le rapprochement avec le Font-Bonne de Gourgues. Ils ne donnent ni les limites du bien, ni la preuve que les deux Jean sont le même homme, ni une chaîne de propriété. Le titre seul ne suffit pas davantage à établir une noblesse.
| Date | Mention | Niveau de preuve |
|---|---|---|
| 16 juin 1692 | fonbonne [?], titre de Jean Lachieze. 5 E 409/2, v. 263 G. | Lu sur l'original ; forme écrite probable ; identification probable. |
| 11 déc. 1695 | Fonbonne, titre de Jean Lachaize, habitant Cavignes. 5 E 409/2, v. 330–331 D. | Titre et domicile certains ; rattachement au tènement probable. |
| 1760 | Font-Bonne, tènement de Saint-Félix. Gourgues, 1873, p. 124. | Imprimé consulté ; acte de 1760 non consulté. |
L'occitan font bona, « bonne source », fournit l'explication la plus vraisemblable. Hamlin donne expressément ce sens pour des Font-Bonne de l'Hérault, à la rubrique FONT, XXIV de son dictionnaire. C'est une comparaison linguistique, pas une attestation de notre lieu : elle ne permet d'identifier ici ni fontaine, ni captage. Hamlin, p. 163. Sens probable ici
Le nom est partagé. La même page de Gourgues distingue plusieurs Font-Bonne de Dordogne, dont celui de Saint-Félix et une fontaine de Pressignac. Leurs histoires ne peuvent être réunies sur la seule ressemblance des noms.
Le tableau d'assemblage (plan d'ensemble) du cadastre de 1824 porte la fin des opérations de terrain au 10 août 1824 (3 P 3 4616, date lue dans le cartouche). La recherche de Font-Bonne et de ses variantes dans les index du tableau et des dix feuilles parcellaires de 1824 n'a donné aucun résultat. Les deux index de feuilles de 1956 disponibles n'en donnent pas davantage. Ce constat porte sur les index ; les livres cadastraux restent à consulter.
La feuille C1 nomme clairement « Cavigne. ». Elle montre ses bâtiments roses et ses chemins : c'est le village de résidence cité en 1695. Aucun de ces bâtiments n'est attribuable à Jean Lachaize, aucune de ces parcelles à Font-Bonne.
Le tableau d'assemblage et les aperçus consultés de Cassini et de l'État-major n'ont pas fourni de localisation sûre. Sans confronts anciens, choisir une source voisine ou une pièce de bois reviendrait à inventer un emplacement.
Aucune correspondance sûre avec un nom cadastral actuel n'est établie. Il serait donc prématuré de décrire un paysage « de Font-Bonne », ses cultures ou ses maisons. Le nom demeure un lieu à retrouver dans les actes.
Aucune mention d'état civil attribuable à ce Font-Bonne n'a été retrouvée dans les relevés consultés. Cela ne prouve pas que le lieu n'a jamais été habité. « Disparu » désigne ici un nom sans emplacement établi, non la destruction démontrée d'un village. Localisation ouverte
Un chemin, un voisin, un ruisseau nommé dans cet acte pourraient rendre au tènement un emplacement. Les recherches suivantes visent cette identification ; leur résultat n'est pas acquis.
Retrouver l'acte notarié de 1760 cité par Gourgues. Relever les confronts et les détenteurs, sous les orthographes Font-Bonne, Fonbonne et Fombonne.
Examiner les terriers et titres fonciers concernant Saint-Félix. La piste vient de la mention d'ancien fief ; aucun article contenant Font-Bonne n'est encore identifié.
Explorer la collection Alexis de Gourgues. Le fonds existe ; la présence de l'acte recherché reste à vérifier dans son inventaire et ses pièces.
Lire l'état de sections A à E, sans date dans l'inventaire, et la matrice de 1826 (registre des propriétés). Chercher les noms secondaires des biens, puis les confronter au plan. Références repérées dans les inventaires ; registres non consultés.